Joyeux annif, la Reine.
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Joyeux annif, la Reine.
Le crépuscule tombe sur Londres et il pleut des cordes.
« Hé, Stan. »
Tom est à mes trousses, quoi qu’il traîne le pas, derrière. Il prend un plaisir fou à m’éclabousser avec les flaques d’eau rencontrées sur notre chemin. La visière de ma casquette me dégoutte sur le nez, et mes vêtements sont déjà souillés d’eau au maximum, en plus d’être dans un sale état – en particulier la manche droite de mon jacket, qui a écopé plus que tout le reste de mes fringues des éclats de la détonation de tout à l’heure. Et je ne vous parle pas de mon avant-bras, bien que j’en avais presque oublié la douleur qu’il m’inflige. Un rapide coup d’œil à la plaie me confirme que mon manteau s’est imprégné du sang, en plus d’être quelque peu noirci par les flammes. Misère. Faudra faire passer ça sur le compte de ma maladresse – sous quelle excuse bidon, ça je l’ignore, mais je me débrouillerai en temps et lieux. Pour tout de suite, je m’évertue de mettre mon cerveau hors-tension.
Dans tous les cas, pour ce qui est des flaques d’eau de Tom… Convenons-en que ça m’est plutôt égal, tant que ça peut alléger l’atmosphère. Je suis d’humeur assortie au mauvais temps – soit plutôt morose. Quant à lui, il me rattrape en trottant comme un gamin. « Je me demandais… T’en penses quoi? »
…Par pitié. Ne me rends pas la tâche plus difficile.
« Je parle de Shel, s’empresse-t-il d’ajouter en réponse à mon silence. Tu la trouves comment? »
Je hausse les épaules nonchalamment, pour ce que j’en suis concerné. Bon sang, où est-ce qu’il va chercher un truc pareil, vous voulez bien me dire? « J’sais pas, Tom. » Un petit effort, pour la peine.
« Ben, j’en pense que c’est la frangine de Kass. Et pis qu’elle a que douze ans. »
« Treize, je te signale! » s’offusque-t-il. Tout pour minimiser leur écart d’âge.
« Comme tu dis. »
Ma montre affiche bientôt 20h, ce qui laisse présumer qu’elle est tout au plus à quelques 30 minutes de l’heure exacte. En étant optimiste, il y a des chances que l’on arrive à temps pour le goûter… ou pas. C’est le cadet de mes soucis, mettons ; ce n’est pas tant mon estomac qui me préoccupe plutôt que la simple question d’arriver à destination dans des délais… raisonnables? Il est déjà un peu tard pour ça. J’ai beau avoir le prétexte d’être en compagnie de Tom, ça n’excuse quand même pas tous les retards.
Surtout pas le jour de l’annif de la petite Shelley.
Bonjour les réprimandes.
Et c’est sans compter l’interrogatoire qui m’attend, parce que ce ne sera certainement pas à Tom de répondre de notre absence. Et c’est peut-être, non, c’est assurément mieux que j’en prenne la charge. Tom ne supporte pas la pression, il craque le moindrement qu’on hausse le ton ; il est le genre de gars à balancer même son meilleur pote – en l’occurrence, moi – si on lui crie un peu dessus. Dans tous les cas, j’en reviens à la conclusion que je ne peux compter que sur moi-même, ainsi que mon sens de la répartie… ou mon don inné pour l’improvisation, ça reste à voir.
Ça fait rien, j’ai le dos large. Enfin… Façon de parler.
Le reste du chemin du retour se fait dans un silence impeccable. Difficile de dire si c’est parce que le cœur me manque, ou si ce n’est pas plutôt parce que mon bougre favori est trop occupé à déplorer la disparition de son présent d’anniversaire pour Shelley ; pour compenser sa lourde perte, il récolte des fleurs sur la route, qu’il va cueillir en douce (on s’entend…) aux fenêtres et dans les plates-bandes des résidents des environs. La pauvre andouille, va. Comme si ça ne lui suffisait pas d’être aussi en retard. C’est à se demander s’il a seulement conscience de ce qui s’est produit quelques heures plus tôt. Remarque que, les sinves ont la vie moins compliquée, des fois. Il n’est peut-être pas si à plaindre que ça, à bien y penser…
Quant à moi, je ne suis pas moins à blâmer : j’aime autant mieux à croire que tout ceci n’était qu’un incident de rien du tout, disons une « gaffe »… Et que, si je n’ai pas les Loups à mes trousses, à l’heure qu’il est, c’est que tout est d’ores et déjà rentré dans l’ordre… dans le meilleur des mondes, c’est-à-dire. De toute façon, c’est pas demain la veille que ma chance cessera de tourner : j’suis un gars qui a du bol, c’est comme ça.
Ceci étant dit, un détail, peut-être anodin à première vue, me trotte incessamment en tête depuis que l’on a quitté les « lieux du crime » : le démon, voilà. Je parle du fait qu’il se soit littéralement volatilisé au moment de la détonation1. D’autre part, avec le maître acharné que je lui connais, je m’étonne que le djinn n’ait pas reçu au moins l’ordre de nous prendre en chasse… Ou pis encore, de nous liquider sur-le-champ. Et pourtant… ben non, que dalle. Il n’en est rien. Si ça se trouve, j’imagine que ce Upton doit avoir quelque chose derrière la tête. J’veux dire, on sait jamais, avec ces types-là : ils pensent complètement à l’envers de nous autres2.
Après ces quelques heures de marche à travers presque la moitié de la City, et sous la pluie battante – quoi de mieux pour faire bonne impression, je vous le demande? – nous voici enfin de retour sur Saffron Hill. Enfin chez moi… si on veut. Je suis plutôt partagé entre le soulagement d’enfin pouvoir y trouver refuge, et le sentiment d’arriver comme un cheveu sur la soupe.
Si vous voyez ce que je veux dire.
La vieille demeure délabrée de Melbourne se dresse enfin devant nous, promettant un repos bien mérité. Histoire d’échapper au magicien, j’opte pour l’entrée de l’arrière-boutique, où nous avons peut-être plus de chances d’échapper à ses courroux. Le vieux est sans merci lorsqu’il est question d’être ponctuel. Une fois sous le porche, je profite d’un instant de répit pour me tirer une dernière cigarette, avant de monter à l’étage – Melbourne ne veut pas de « ces saletés-là » chez lui, pour tout vous dire. La pauvre a souffert de la pluie, et je devrai d’ailleurs sacrifier maintes allumettes, au moins aussi détrempées que la clope, avant de parvenir à l’allumer. Mais, ce n’est pas comme si ça allait m’arrêter. J’ai besoin de cette « saleté » pour décompresser. Aujourd’hui plus que jamais.
« Dis, tu penses que les fleurs, ça va lui plaire? » se tracasse mon Tom qui, de toute évidence est pour le moins soucieux du triste état dans lequel se trouve son bouquet. Je ne peux réprimer un sourire navré – c’est qu’on n’en donnait pas cher dès le début, sous l’averse, mais peut-être aussi parce qu’elles sont en de pas si bonnes mains que ça… Qu’importe. Vu de même, je préfère presque m’être pointé les mains vides, en fin de compte.
« T’inquiète, mon gars. T’assures », je lui confie. Je lui lève un pouce, et il est tout ravi.
Si peu pour faire son bonheur, je vous dis. Un monde de « Toms » serait un monde idéal. (Ou… peut-être pas, tout compte fait. Très bien, je retire mes paroles.)
Il va alors pour s’engager dans l’entrée, tout sourire. Cette image a quelque chose de paradoxal, vu les circonstances, surtout à côté de la décrépitude de cette vieille cabane en ruines. Elle m’inspire presque une maison hantée. (Et c’est un peu le cas, si on pense que c’est ce vieux bonhomme malcommode qui l’occupe.) À propos, j’intercepte le bougre juste à temps, le rattrapant par une manche à l’instant où il va pour pousser la porte.
« Hé… Fais gaffe, tu veux? » je lui intime sur un ton que je m’efforce de rendre autoritaire. Vaut mieux insister pour qu’il me prenne bien au sérieux. « J’veux dire, pas un mot sur– »
« Ah, je sais, je sais », qu’il m’interrompt, tout déconfit. Il prend un de ces airs cinglants à cogner dessus. « Pas un mot sur le démon ; ni sur la poursuite ; et surtout pas sur l’accident qui a peut-être même tué le pauvre inspecteur, et qui– »
« …Mais t’es pas bien! Boucle-la, grosse bouille! »
Je pense que le regard que je lui adresse à cet instant a quelque chose de suffisamment menaçant pour lui faire ravaler sa (beaucoup trop grande) langue. Ce qu’il peut être CON, des fois. (Souvent? Tout le temps.) Je secoue la tête de désespoir, plus pour moi-même, à vrai dire ; il ne semble même pas piger la nature de mon exaspération. Hé ben, quand y’a rien à faire, des fois…
Je tire une dernière pof de ma malheureuse tope, avant de l’envoyer balader dans le stationnement. La mouille aura tôt fait d’en venir à bout, de toute façon.
Toujours dans l’optique d’éviter de croiser le vieux fauve, Tom et moi entrons donc par l’arrière du magasin de vieilleries. À cette heure-ci, il est peut-être bien encore dans ses paperasses, ou même à calculer ses ronds les uns après les autres, en pique-sou qu’il est. Comme de fait, les néons de la boutique ont beau être éteints ; à peine me suis-je avancé dans la pénombre, avec Tom presque pendu à mon bras, que des voix me parviennent d’un peu plus loin dans la pièce. A priori, ils sont deux. Je redouble aussitôt de vigilance, même si avancer sur ces parquets sans les faire grincer relève du miracle. (Aussi, la discrétion, c’est pas mon fort, alors vous vous imaginez bien pour Tom.)
Mine de rien, je tente un œil de l’autre côté du demi-mur derrière lequel je reste dissimulé. Je fais signe à Tom de s’arrêter – et de garder le silence, par la même occasion. On n’est jamais trop prudent, je ne le dirai jamais assez.
Les deux hommes discutent à mi-voix, au bureau du magasinier, plus à l’avant de la boutique. La lumière de la bougie à laquelle ils sont éclairés dévoile suffisamment les traits de leur visage pour que je parvienne à les identifier : il s’agit de l’antiquaire lui-même, ainsi que de son jeune associé, Nelson. Pour ce que j’arrive à en discerner d’où je me trouve, leur ton est grave. (Quoi que les magiciens excellent dans l’art du tragique – est c’est bien la seule chose qui puisse donner l’impression, et l’impression seulement, que ce qu’ils racontent soit d’un quelque intérêt.) Je tends l’oreille, piqué par la curiosité. Un bien vilain défaut certes, mais qui s’avère parfois fort utile.
« …Je viens seulement d’en être informé », raconte Neil, grave. « Je tiens ces informations de source sûre », ajoute-t-il, refermant soigneusement sa serviette. Il paraît plutôt tendu, et jette constamment des regards par dessus son épaule, comme s’il soupçonnait une présence indésirable – ou compromettante. Serions-nous par hasard témoin d’un échange d’informations top secrètes? Cette histoire devient de plus en plus intéressante. Je scrute attentivement. « C’est toute l’information que j’ai pu me procurer. »
« …Je vois. » Au tour de Melbourne de prendre la parole, après avoir étiré le suspense d’un très long silence de réflexion. L’ambiance est lourde, j’en suis presque inconfortable. « Je ne peux tout de même pas croire qu’il ait quelque chose à voir avec cette affaire, maugrée-t-il, la main refermée sur sa mâchoire, l’air songeur. Tu es certain de ce que tu avances? »
« Absolument », confirme le premier. « Si je puis me permettre, cependant… »
C'est réussi, je suis inconfortable, là. Je ne parle pas de Tom qui s’appuie délibérément dans mon dos pour écornifler, ce n’est pas grand chose ; à vrai dire, j’aime de moins en moins la tournure douteuse de cette discussion. Si ça continue comme ça, je vais finir par croire que…
« …Dis donc. » Le souffle humide de Tom qui susurre à mon oreille. Encore plus désagréable. Ma tension grimpe encore – c’est que je suis plutôt sanguin, comme gars. Et lui a un don tout particulier pour me pomper. « T’as pas un peu l’impression que c’est comme de nous autres qu’ils en train de par–? »
Mes nerfs flanchent. C’est plus fort que moi. Je le repousse d’un geste qui se veut plus nerveux qu’autre chose. Je fais volte-face, irrité : « Tu voudrais pas la mettre en sourdine DEUX MINUTES? » je m’impatiente, veillant cependant à ne pas trop hausser la voix.
Or, c’est bien ma peine. Ils interrompent aussitôt leurs messes basses. Et Dwayne, il a l’œil vif : il nous repère dans le temps de le dire. Du coup, j’ai les tripes qui se nouent – ou qui s’étranglent entre elles, faut voir. Je lance une menace de mort à Tom par l’intérim de gestuelles suffisamment explicites pour son niveau de compréhension limité. J’exagère… un peu ; mais je suis véritablement furieux, et pour ça, il en faut pas mal, parce que j’ai le caractère flexible… en temps normal, du moins. Ce n’est pas tous les jours que j’attaque un magicien sur la rue et que je laisse présumé pour… non, je refuse de l’admettre. Je n’ai quand même pas fait ça.
« Qui va là! » s’enquière le vieil homme, imposant. J’ai un sursaut, ne m’habituant donc jamais à la puissance de son rugissement. Il va pour se saisir de son bougeoir, si promptement qu’il en met presque la main à la flamme. Le jeune magicien interrompt le geste de Melbourne, lui plus posé que ce dernier.
« Du calme, c’est lui. Avec Sprague », déclare-t-il, daignant à peine poser un regard sur nos personnes.
À la mention seule de son nom, mon grand crétin de service s’affole. En fait, il fait bien pire que ça : avant même que je le réalise, le voilà qui détale en lâche, grimpant les escaliers à toute allure. Laissé pour seul suspect, je suis tout comme cloué sur place de malaise, durant un instant.
C’est lui… Ais-je un accès de paranoïa, ou bien cela évoque étrangement ce à quoi je pense? Pour ne pas dire… « qui »? À cette idée, je me sens incroyablement vulnérable. Je crois que c’est bien la première fois que j’éprouve réellemnt un sentiment d’inquiétude, depuis les événements de cet après-midi. C’est parti pour une remise en question.
« Mon garçon », m’interpelle alors Melbourne. Comment tourner le faire dans la plaie. Ça y est : moi aussi, je craque. Hors de question que je les laisse foutre en l’air ce qu’il reste de notre petite soirée. Va pour la politique de l’autruche. Ni vu, ni connu. « Mon garçon, approche, m’ordonne-t-il, j’ai à te p… »
Je ne capte même pas la fin de sa phrase ; je suis déjà sur les talons de Tom, dans une tentative désespérée de me dérober aux deux magiciens.
J’ai l’impression de plus en plus envahissante d’être le sujet de leur conversation. Du moins, tout porte à croire que c’est le cas, vu leur réaction. Tout à coup, je ne suis plus certain de savoir en qui je suis sensé avoir confiance. En fin de compte, peut-être étaient ils informés de l’incident avant même que j’aie mis les pieds ici – et en supposant que ce soit le cas, ils sont très probablement au courant des détails, à savoir les suites de l’impact. En fin de compte, peut-être même que tous les autres conviés à la fête de Shelley sont déjà au courant, eux aussi.
Une fois que j’ai rejoint Tom au sommet de l’escalier, tandis qu’on m’interpelle à plusieurs reprises à l’étage du dessous, je passe devant mon copain, qui est dans tout ses états. C’est un peu à contre-cœur que je pousse la porte qui donne sur le living room, parce que je n’ai pas la conscience tranquille. Et que j’envisage le pire, connaissant certains de mes camarades. Sauf qu’à ce point-là, je n’ai plus grand chose à perdre.
Voilà pourquoi je vais puiser dans mes maigres réserves de bonne humeur la force de raccrocher à mon visage l’éternel sourire qu’on me connaît.
De toute façon, ils n’y verront que du feu.
« Hé, Stan. »
Tom est à mes trousses, quoi qu’il traîne le pas, derrière. Il prend un plaisir fou à m’éclabousser avec les flaques d’eau rencontrées sur notre chemin. La visière de ma casquette me dégoutte sur le nez, et mes vêtements sont déjà souillés d’eau au maximum, en plus d’être dans un sale état – en particulier la manche droite de mon jacket, qui a écopé plus que tout le reste de mes fringues des éclats de la détonation de tout à l’heure. Et je ne vous parle pas de mon avant-bras, bien que j’en avais presque oublié la douleur qu’il m’inflige. Un rapide coup d’œil à la plaie me confirme que mon manteau s’est imprégné du sang, en plus d’être quelque peu noirci par les flammes. Misère. Faudra faire passer ça sur le compte de ma maladresse – sous quelle excuse bidon, ça je l’ignore, mais je me débrouillerai en temps et lieux. Pour tout de suite, je m’évertue de mettre mon cerveau hors-tension.
Dans tous les cas, pour ce qui est des flaques d’eau de Tom… Convenons-en que ça m’est plutôt égal, tant que ça peut alléger l’atmosphère. Je suis d’humeur assortie au mauvais temps – soit plutôt morose. Quant à lui, il me rattrape en trottant comme un gamin. « Je me demandais… T’en penses quoi? »
…Par pitié. Ne me rends pas la tâche plus difficile.
« Je parle de Shel, s’empresse-t-il d’ajouter en réponse à mon silence. Tu la trouves comment? »
Je hausse les épaules nonchalamment, pour ce que j’en suis concerné. Bon sang, où est-ce qu’il va chercher un truc pareil, vous voulez bien me dire? « J’sais pas, Tom. » Un petit effort, pour la peine.
« Ben, j’en pense que c’est la frangine de Kass. Et pis qu’elle a que douze ans. »
« Treize, je te signale! » s’offusque-t-il. Tout pour minimiser leur écart d’âge.
« Comme tu dis. »
Ma montre affiche bientôt 20h, ce qui laisse présumer qu’elle est tout au plus à quelques 30 minutes de l’heure exacte. En étant optimiste, il y a des chances que l’on arrive à temps pour le goûter… ou pas. C’est le cadet de mes soucis, mettons ; ce n’est pas tant mon estomac qui me préoccupe plutôt que la simple question d’arriver à destination dans des délais… raisonnables? Il est déjà un peu tard pour ça. J’ai beau avoir le prétexte d’être en compagnie de Tom, ça n’excuse quand même pas tous les retards.
Surtout pas le jour de l’annif de la petite Shelley.
Bonjour les réprimandes.
Et c’est sans compter l’interrogatoire qui m’attend, parce que ce ne sera certainement pas à Tom de répondre de notre absence. Et c’est peut-être, non, c’est assurément mieux que j’en prenne la charge. Tom ne supporte pas la pression, il craque le moindrement qu’on hausse le ton ; il est le genre de gars à balancer même son meilleur pote – en l’occurrence, moi – si on lui crie un peu dessus. Dans tous les cas, j’en reviens à la conclusion que je ne peux compter que sur moi-même, ainsi que mon sens de la répartie… ou mon don inné pour l’improvisation, ça reste à voir.
Ça fait rien, j’ai le dos large. Enfin… Façon de parler.
Le reste du chemin du retour se fait dans un silence impeccable. Difficile de dire si c’est parce que le cœur me manque, ou si ce n’est pas plutôt parce que mon bougre favori est trop occupé à déplorer la disparition de son présent d’anniversaire pour Shelley ; pour compenser sa lourde perte, il récolte des fleurs sur la route, qu’il va cueillir en douce (on s’entend…) aux fenêtres et dans les plates-bandes des résidents des environs. La pauvre andouille, va. Comme si ça ne lui suffisait pas d’être aussi en retard. C’est à se demander s’il a seulement conscience de ce qui s’est produit quelques heures plus tôt. Remarque que, les sinves ont la vie moins compliquée, des fois. Il n’est peut-être pas si à plaindre que ça, à bien y penser…
Quant à moi, je ne suis pas moins à blâmer : j’aime autant mieux à croire que tout ceci n’était qu’un incident de rien du tout, disons une « gaffe »… Et que, si je n’ai pas les Loups à mes trousses, à l’heure qu’il est, c’est que tout est d’ores et déjà rentré dans l’ordre… dans le meilleur des mondes, c’est-à-dire. De toute façon, c’est pas demain la veille que ma chance cessera de tourner : j’suis un gars qui a du bol, c’est comme ça.
Ceci étant dit, un détail, peut-être anodin à première vue, me trotte incessamment en tête depuis que l’on a quitté les « lieux du crime » : le démon, voilà. Je parle du fait qu’il se soit littéralement volatilisé au moment de la détonation1. D’autre part, avec le maître acharné que je lui connais, je m’étonne que le djinn n’ait pas reçu au moins l’ordre de nous prendre en chasse… Ou pis encore, de nous liquider sur-le-champ. Et pourtant… ben non, que dalle. Il n’en est rien. Si ça se trouve, j’imagine que ce Upton doit avoir quelque chose derrière la tête. J’veux dire, on sait jamais, avec ces types-là : ils pensent complètement à l’envers de nous autres2.
Après ces quelques heures de marche à travers presque la moitié de la City, et sous la pluie battante – quoi de mieux pour faire bonne impression, je vous le demande? – nous voici enfin de retour sur Saffron Hill. Enfin chez moi… si on veut. Je suis plutôt partagé entre le soulagement d’enfin pouvoir y trouver refuge, et le sentiment d’arriver comme un cheveu sur la soupe.
Si vous voyez ce que je veux dire.
La vieille demeure délabrée de Melbourne se dresse enfin devant nous, promettant un repos bien mérité. Histoire d’échapper au magicien, j’opte pour l’entrée de l’arrière-boutique, où nous avons peut-être plus de chances d’échapper à ses courroux. Le vieux est sans merci lorsqu’il est question d’être ponctuel. Une fois sous le porche, je profite d’un instant de répit pour me tirer une dernière cigarette, avant de monter à l’étage – Melbourne ne veut pas de « ces saletés-là » chez lui, pour tout vous dire. La pauvre a souffert de la pluie, et je devrai d’ailleurs sacrifier maintes allumettes, au moins aussi détrempées que la clope, avant de parvenir à l’allumer. Mais, ce n’est pas comme si ça allait m’arrêter. J’ai besoin de cette « saleté » pour décompresser. Aujourd’hui plus que jamais.
« Dis, tu penses que les fleurs, ça va lui plaire? » se tracasse mon Tom qui, de toute évidence est pour le moins soucieux du triste état dans lequel se trouve son bouquet. Je ne peux réprimer un sourire navré – c’est qu’on n’en donnait pas cher dès le début, sous l’averse, mais peut-être aussi parce qu’elles sont en de pas si bonnes mains que ça… Qu’importe. Vu de même, je préfère presque m’être pointé les mains vides, en fin de compte.
« T’inquiète, mon gars. T’assures », je lui confie. Je lui lève un pouce, et il est tout ravi.
Si peu pour faire son bonheur, je vous dis. Un monde de « Toms » serait un monde idéal. (Ou… peut-être pas, tout compte fait. Très bien, je retire mes paroles.)
Il va alors pour s’engager dans l’entrée, tout sourire. Cette image a quelque chose de paradoxal, vu les circonstances, surtout à côté de la décrépitude de cette vieille cabane en ruines. Elle m’inspire presque une maison hantée. (Et c’est un peu le cas, si on pense que c’est ce vieux bonhomme malcommode qui l’occupe.) À propos, j’intercepte le bougre juste à temps, le rattrapant par une manche à l’instant où il va pour pousser la porte.
« Hé… Fais gaffe, tu veux? » je lui intime sur un ton que je m’efforce de rendre autoritaire. Vaut mieux insister pour qu’il me prenne bien au sérieux. « J’veux dire, pas un mot sur– »
« Ah, je sais, je sais », qu’il m’interrompt, tout déconfit. Il prend un de ces airs cinglants à cogner dessus. « Pas un mot sur le démon ; ni sur la poursuite ; et surtout pas sur l’accident qui a peut-être même tué le pauvre inspecteur, et qui– »
« …Mais t’es pas bien! Boucle-la, grosse bouille! »
Je pense que le regard que je lui adresse à cet instant a quelque chose de suffisamment menaçant pour lui faire ravaler sa (beaucoup trop grande) langue. Ce qu’il peut être CON, des fois. (Souvent? Tout le temps.) Je secoue la tête de désespoir, plus pour moi-même, à vrai dire ; il ne semble même pas piger la nature de mon exaspération. Hé ben, quand y’a rien à faire, des fois…
Je tire une dernière pof de ma malheureuse tope, avant de l’envoyer balader dans le stationnement. La mouille aura tôt fait d’en venir à bout, de toute façon.
Toujours dans l’optique d’éviter de croiser le vieux fauve, Tom et moi entrons donc par l’arrière du magasin de vieilleries. À cette heure-ci, il est peut-être bien encore dans ses paperasses, ou même à calculer ses ronds les uns après les autres, en pique-sou qu’il est. Comme de fait, les néons de la boutique ont beau être éteints ; à peine me suis-je avancé dans la pénombre, avec Tom presque pendu à mon bras, que des voix me parviennent d’un peu plus loin dans la pièce. A priori, ils sont deux. Je redouble aussitôt de vigilance, même si avancer sur ces parquets sans les faire grincer relève du miracle. (Aussi, la discrétion, c’est pas mon fort, alors vous vous imaginez bien pour Tom.)
Mine de rien, je tente un œil de l’autre côté du demi-mur derrière lequel je reste dissimulé. Je fais signe à Tom de s’arrêter – et de garder le silence, par la même occasion. On n’est jamais trop prudent, je ne le dirai jamais assez.
Les deux hommes discutent à mi-voix, au bureau du magasinier, plus à l’avant de la boutique. La lumière de la bougie à laquelle ils sont éclairés dévoile suffisamment les traits de leur visage pour que je parvienne à les identifier : il s’agit de l’antiquaire lui-même, ainsi que de son jeune associé, Nelson. Pour ce que j’arrive à en discerner d’où je me trouve, leur ton est grave. (Quoi que les magiciens excellent dans l’art du tragique – est c’est bien la seule chose qui puisse donner l’impression, et l’impression seulement, que ce qu’ils racontent soit d’un quelque intérêt.) Je tends l’oreille, piqué par la curiosité. Un bien vilain défaut certes, mais qui s’avère parfois fort utile.
« …Je viens seulement d’en être informé », raconte Neil, grave. « Je tiens ces informations de source sûre », ajoute-t-il, refermant soigneusement sa serviette. Il paraît plutôt tendu, et jette constamment des regards par dessus son épaule, comme s’il soupçonnait une présence indésirable – ou compromettante. Serions-nous par hasard témoin d’un échange d’informations top secrètes? Cette histoire devient de plus en plus intéressante. Je scrute attentivement. « C’est toute l’information que j’ai pu me procurer. »
« …Je vois. » Au tour de Melbourne de prendre la parole, après avoir étiré le suspense d’un très long silence de réflexion. L’ambiance est lourde, j’en suis presque inconfortable. « Je ne peux tout de même pas croire qu’il ait quelque chose à voir avec cette affaire, maugrée-t-il, la main refermée sur sa mâchoire, l’air songeur. Tu es certain de ce que tu avances? »
« Absolument », confirme le premier. « Si je puis me permettre, cependant… »
C'est réussi, je suis inconfortable, là. Je ne parle pas de Tom qui s’appuie délibérément dans mon dos pour écornifler, ce n’est pas grand chose ; à vrai dire, j’aime de moins en moins la tournure douteuse de cette discussion. Si ça continue comme ça, je vais finir par croire que…
« …Dis donc. » Le souffle humide de Tom qui susurre à mon oreille. Encore plus désagréable. Ma tension grimpe encore – c’est que je suis plutôt sanguin, comme gars. Et lui a un don tout particulier pour me pomper. « T’as pas un peu l’impression que c’est comme de nous autres qu’ils en train de par–? »
Mes nerfs flanchent. C’est plus fort que moi. Je le repousse d’un geste qui se veut plus nerveux qu’autre chose. Je fais volte-face, irrité : « Tu voudrais pas la mettre en sourdine DEUX MINUTES? » je m’impatiente, veillant cependant à ne pas trop hausser la voix.
Or, c’est bien ma peine. Ils interrompent aussitôt leurs messes basses. Et Dwayne, il a l’œil vif : il nous repère dans le temps de le dire. Du coup, j’ai les tripes qui se nouent – ou qui s’étranglent entre elles, faut voir. Je lance une menace de mort à Tom par l’intérim de gestuelles suffisamment explicites pour son niveau de compréhension limité. J’exagère… un peu ; mais je suis véritablement furieux, et pour ça, il en faut pas mal, parce que j’ai le caractère flexible… en temps normal, du moins. Ce n’est pas tous les jours que j’attaque un magicien sur la rue et que je laisse présumé pour… non, je refuse de l’admettre. Je n’ai quand même pas fait ça.
« Qui va là! » s’enquière le vieil homme, imposant. J’ai un sursaut, ne m’habituant donc jamais à la puissance de son rugissement. Il va pour se saisir de son bougeoir, si promptement qu’il en met presque la main à la flamme. Le jeune magicien interrompt le geste de Melbourne, lui plus posé que ce dernier.
« Du calme, c’est lui. Avec Sprague », déclare-t-il, daignant à peine poser un regard sur nos personnes.
À la mention seule de son nom, mon grand crétin de service s’affole. En fait, il fait bien pire que ça : avant même que je le réalise, le voilà qui détale en lâche, grimpant les escaliers à toute allure. Laissé pour seul suspect, je suis tout comme cloué sur place de malaise, durant un instant.
C’est lui… Ais-je un accès de paranoïa, ou bien cela évoque étrangement ce à quoi je pense? Pour ne pas dire… « qui »? À cette idée, je me sens incroyablement vulnérable. Je crois que c’est bien la première fois que j’éprouve réellemnt un sentiment d’inquiétude, depuis les événements de cet après-midi. C’est parti pour une remise en question.
« Mon garçon », m’interpelle alors Melbourne. Comment tourner le faire dans la plaie. Ça y est : moi aussi, je craque. Hors de question que je les laisse foutre en l’air ce qu’il reste de notre petite soirée. Va pour la politique de l’autruche. Ni vu, ni connu. « Mon garçon, approche, m’ordonne-t-il, j’ai à te p… »
Je ne capte même pas la fin de sa phrase ; je suis déjà sur les talons de Tom, dans une tentative désespérée de me dérober aux deux magiciens.
J’ai l’impression de plus en plus envahissante d’être le sujet de leur conversation. Du moins, tout porte à croire que c’est le cas, vu leur réaction. Tout à coup, je ne suis plus certain de savoir en qui je suis sensé avoir confiance. En fin de compte, peut-être étaient ils informés de l’incident avant même que j’aie mis les pieds ici – et en supposant que ce soit le cas, ils sont très probablement au courant des détails, à savoir les suites de l’impact. En fin de compte, peut-être même que tous les autres conviés à la fête de Shelley sont déjà au courant, eux aussi.
Une fois que j’ai rejoint Tom au sommet de l’escalier, tandis qu’on m’interpelle à plusieurs reprises à l’étage du dessous, je passe devant mon copain, qui est dans tout ses états. C’est un peu à contre-cœur que je pousse la porte qui donne sur le living room, parce que je n’ai pas la conscience tranquille. Et que j’envisage le pire, connaissant certains de mes camarades. Sauf qu’à ce point-là, je n’ai plus grand chose à perdre.
Voilà pourquoi je vais puiser dans mes maigres réserves de bonne humeur la force de raccrocher à mon visage l’éternel sourire qu’on me connaît.
De toute façon, ils n’y verront que du feu.
_____________________
1(MK : Référence à mon texte d’introduction – à venir. J’ajouterai le lien lorsque je l’aurai postée.)
2La preuve, c’est qu’ils sont encore assez bêtes pour faire une croix sur leur pain, au goûter ; ils disent que c’est pour éloigner les mauvais esprits, mais ça fait pas de sens. Tout le monde SAIT que ce ne sont que des superstitions. Et puis, s’ils commençaient par ne pas invoquer des démons, p’tête bien que ça leur porterait pas la poisse, si vous voulez mon avis.
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 08.11.09 22:26, édité 17 fois (Raison : J'oublie toujours de fermer mes balises... ¬¬ Et j'mets des S partout o__o;)
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
L'As♢ || Trump Card.- Messages: 296
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Re: Joyeux annif, la Reine.
La tête appuyée sur la fenêtre de la grande salle de réception, je regarde les passants s’y laissant voir malgré les gouttelettes abondantes qui se retrouvent sur la vitre. C’est vraiment une mauvaise habitude de ma part. Je suis toujours là à espérer voir ceux que j’attends par l’entremise de cette vitre sans me lasser. Ça m’occupe beaucoup l’esprit avec toujours ce petit bruit que j’aime tant en arrière-plan, soit celui de l’eau ruisselant sur les maisons, les rues… Il faut dire que la pluie, on n’en manque pas à Londres. Je suis tellement une habituée à observer les gens par les fenêtres que ça soit chez moi ou ici, chez Melbourne. Même que je commence à apprendre par cœur les mouvements des gens du voisinage, leurs petites routines quotidiennes quoi! Enfin, pas tous, mais il y en a d’assez marquants, comme ce Monsieur toujours habillé en gris et sa tête ornée d’un chapeau de même couleur que ses habits. Il ne cesse de sortir tous les soirs vers 18h00 chez moi, et là le voici ici à 19h20 en train de boire un café. Oh tiens, il attendait quelqu’un! Une minuscule pouce qui doit avoir quoi 5 ou 6 ans de différence avec moi donc…8 ou 7 ans vient de se joindre à lui. Que c’est mignon! Je crois que c’est la première fois que je le vois sourire ainsi! C’est fou comment ça change quelqu’un.
Bon ce n’est pas que je m’ennuie, mais y’a quand même des invités qui sont venus juste pour moi. Eh hé, être la fêtée à des bons avantages, nous sommes la vedette suprême pour la journée entière! Je me lève gaiement pour rejoindre les arrivants, c’est les jumeaux et Jimbo. Ah c’est bizarre! D’habitude, mon frérot serait le premier à entrer, mais aucune trace de lui. Que peut-il bien faire? Ah, faut croire que quelque chose le retient…Ne me dis pas qu’il cherche encore un cadeau, non ça se peut pas, il est du genre vraiment prévoyant. Tout compte fait, ça dépend pour quoi. Non, ça serait son genre d’être à la dernière minute, mais en retard à mon anniversaire, c’est une première. Enfin, quelqu’un a dû lui demander de l’aide c’est tout…Il faudrait que je cesse de m’imaginer n’importe quoi, ça vaudrait mieux pour ma santé, est-ce qu’en vieillissant ça empire? Bah, peu importe, j’suis de même un point c’est tout, je dois être irrécupérable.
« Bien le bonsoir les gars! »
« BONNE FÊTE SHEL!!!!! » s’empressent de dire les jumeaux simultanément suivi d’un
« et bonsoir! » de Jim.
Je leur souris à pleine dent en les remerciant.
« Ah au fait, je veux avoir mes câlins! » dis-je avec une moue exagérée au coin de la bouche et en tendant les bras grands ouverts. « Je suis contente de vous voir! » dis-je après avoir reçu mes câlins respectifs.
Nous discutâmes tous ensemble joyeusement en nous racontant des blagues par-ci par-là et j’ai eu droit au récit théâtral des jumeaux de leur périple dans la ville. Bon périple est vraiment exagéré, du moins de la manière dont ils en parlaient c’était vraiment périlleux et long. Je les adore ceux-là car ils sont toujours très expressifs, ce qui contraste avec Jim. Lui, c’est le type à pouvoir me faire croire tout ce qu’il dit même quelque chose de farfelu puisque juste de la manière sérieuse dont il le dit, ça peut juste être vrai. En tout cas, pour moi c’est l’effet que ça me fait, il est toujours posé quand il parle et attentif à ce qui se déroule autour de lui.
Ah mon dieu, ça fait une éternité que j’n’ai pas vu Stan!!!! En fait, ça ne fait même pas une demi-journée, mais pour MOI, c’est UNE ÉTERNITÉ! Bon sang, sa p’tite face toute mignonne, ses vêtements de couleurs flamboyantes et bah c’n’est pas compliqué, TOUT ME MANQUE…bah j’l’aime comme les autres, c’est-à-dire en totalité…enfin j’l’aime pour ce qu’il est lui tout simplement là, pas juste pour son apparence. J’adore son côté jovial et sa façon de raconter ses histoires comme un vrai pro, un peu comme un barde au moyen âge. Bon bon, j’l’admire beaucoup quoique contre mon frère il parait parfois un peu petit, mais moi j’le connais bien mon frère donc, sur ce point-là, je le bats puisque je sais comment lui parler. Hahaha, quand je pense à Stan et mon frère…c’est des flammèches que je vois et ça me fait rire. Une chicane entre eux, c’est juste drôle, c’n’est pas épeurant du tout, je ne sais pas pourquoi.
Stan Stan Stan, il n’y a pas que lui y’a aussi Tom qui me manque. Stan et lui sont un duo presque inséparable. Ils sont vraiment rigolos ensemble et ils mettent de l’ambiance comme chacun dans notre grande famille. Chacun a quelque chose en eux qui les rendent exceptionnels à mes yeux. Même si aucun lien de sang ne nous unit, il y a un je ne sais trop quoi qui fait que l’on s’entend bien, que l’on se respecte et qui fait que nous avons besoin des autres aussi. C’est dur à expliquer, c’est juste comme ça. Je crois que nous avons partagé maintes choses depuis un moment déjà et que nous ne pouvons laisser cela de côté. Je crois que l’on doit cela surtout grâce à mon frère, c’est un bon rassembleur.
Oh!!! Qu’entends-je? Des bruits de pas rapides dans l’escalier!!!!! Et ce n’est pas qu’une seule personne, mais bien deux qui monte à toute hâte. Qui dit deux personnes, dit peut-être bien mon duo favori? Une vague d’espoir me parcourt dans tout mon corps. Je jette un bref coup d’œil à l’horloge pour me rendre compte qu’ils sont quand même en retard de plusieurs minutes! Hihihi! Je ne les laisserai pas tranquille pour tout le temps qu’ils ont mis pour arriver ici. Un sourire coquin apparaît sur mon visage. Je les vois enfin franchir le cadre de la porte. Je m’avance vers eux pour les saluer comme il se doit. Quand tout à coup, un Tom se plante devant moi cachant ainsi la sublime silhouette de Stan.
Des fleurs…bon j’aime bien les fleurs, mais celles-ci semblent avoir vécu au moins deux guerres. Oui oui, je dis bien deux, l’une qui les a totalement noyées et l’autre qui les a totalement écrabouillées. Seules, quelques tiges courageuses ont survécu. Pauvre végétation dévastée, c’est d’une déchéance à n’en pleurer. Je m’imagine un Tom qui tout fier d’avoir arrêté son choix sur de jolis spécimens floraux, reste dans son rêve tout au long du trajet. Pendant ce temps, les fleurs ont tôt fait d’être inondées par la pluie et les pétales de s’enfuir avec le vent.
« Sacrée Tom, t’es vraiment un drôle de gars, mais j’t’aime bien comme t’es. » dis-je en tapotant doucement son épaule.
« Faudrait trouver un endroit où les mettre, je te confis cette tâche. » dis-je solennellement. Puis, je le laissai là pour aller enquiquiner Stan.
Quoi de mieux dans une journée que d’embêter Stan, je dois tenir ça de mon frère ou bien encore ça me permet de ne pas paraître « chochotte » et stupide en sa présence. S’il fallait que quelqu’un soupçonne quoi que ce soit de ma petite faiblesse en sa présence ou encore mon besoin immense de le voir souvent, je crois bien que j’aurais de la misère à faire face à tout le monde. Je préfère que ce soit juste un petit bonheur qui m’envahit ainsi à chaque fois que je le vois sans plus. Bref, pas de bégaiement, pas de rougissement, juste le bon sentiment intérieur que cela me procure.
« Je suppose que ton cadeau à toi, c’est ta sublime présence. » dis-je en plaisantant accompagner d’un clin d’œil.
« Tiens ça c’est pour ton retard. » Je lui donne un coup sur sa casquette qui laissa tomber une pluie de gouttelettes sur le sol, puis je le la lui enleva pour la mettre sur ma tête.
Brrr! C’est quelque peu froid, ça m’apprendra à voler, enfin emprunter quelque chose de trempée à quelqu’un. J’envoyai une grimace à Stan tout en continuant mon chemin. C’est alors que je percutai quelqu’un.
« Hum? » dis-je en soulevant la casquette de mon ami beaucoup trop grande pour moi afin de voir qui était cette personne dans laquelle j‘étais bêtement entré en collision.
« Ah c’est toi!!! C’n’est pas ton genre d’être en retard! »
Je me jette à son cou pour l’obliger à me donner un beau grand « colleux » plein d’amour. Bah quoi, y’a qu’avec mon frère que je me laisse aller comme ça, parce que je sais qu’il me rattrapera toujours et ne le prendra pas mal. Après tout, c’est l’être sur lequel je peux compter le plus au monde.
Bon ce n’est pas que je m’ennuie, mais y’a quand même des invités qui sont venus juste pour moi. Eh hé, être la fêtée à des bons avantages, nous sommes la vedette suprême pour la journée entière! Je me lève gaiement pour rejoindre les arrivants, c’est les jumeaux et Jimbo. Ah c’est bizarre! D’habitude, mon frérot serait le premier à entrer, mais aucune trace de lui. Que peut-il bien faire? Ah, faut croire que quelque chose le retient…Ne me dis pas qu’il cherche encore un cadeau, non ça se peut pas, il est du genre vraiment prévoyant. Tout compte fait, ça dépend pour quoi. Non, ça serait son genre d’être à la dernière minute, mais en retard à mon anniversaire, c’est une première. Enfin, quelqu’un a dû lui demander de l’aide c’est tout…Il faudrait que je cesse de m’imaginer n’importe quoi, ça vaudrait mieux pour ma santé, est-ce qu’en vieillissant ça empire? Bah, peu importe, j’suis de même un point c’est tout, je dois être irrécupérable.
« Bien le bonsoir les gars! »
« BONNE FÊTE SHEL!!!!! » s’empressent de dire les jumeaux simultanément suivi d’un
« et bonsoir! » de Jim.
Je leur souris à pleine dent en les remerciant.
« Ah au fait, je veux avoir mes câlins! » dis-je avec une moue exagérée au coin de la bouche et en tendant les bras grands ouverts. « Je suis contente de vous voir! » dis-je après avoir reçu mes câlins respectifs.
Nous discutâmes tous ensemble joyeusement en nous racontant des blagues par-ci par-là et j’ai eu droit au récit théâtral des jumeaux de leur périple dans la ville. Bon périple est vraiment exagéré, du moins de la manière dont ils en parlaient c’était vraiment périlleux et long. Je les adore ceux-là car ils sont toujours très expressifs, ce qui contraste avec Jim. Lui, c’est le type à pouvoir me faire croire tout ce qu’il dit même quelque chose de farfelu puisque juste de la manière sérieuse dont il le dit, ça peut juste être vrai. En tout cas, pour moi c’est l’effet que ça me fait, il est toujours posé quand il parle et attentif à ce qui se déroule autour de lui.
Ah mon dieu, ça fait une éternité que j’n’ai pas vu Stan!!!! En fait, ça ne fait même pas une demi-journée, mais pour MOI, c’est UNE ÉTERNITÉ! Bon sang, sa p’tite face toute mignonne, ses vêtements de couleurs flamboyantes et bah c’n’est pas compliqué, TOUT ME MANQUE…bah j’l’aime comme les autres, c’est-à-dire en totalité…enfin j’l’aime pour ce qu’il est lui tout simplement là, pas juste pour son apparence. J’adore son côté jovial et sa façon de raconter ses histoires comme un vrai pro, un peu comme un barde au moyen âge. Bon bon, j’l’admire beaucoup quoique contre mon frère il parait parfois un peu petit, mais moi j’le connais bien mon frère donc, sur ce point-là, je le bats puisque je sais comment lui parler. Hahaha, quand je pense à Stan et mon frère…c’est des flammèches que je vois et ça me fait rire. Une chicane entre eux, c’est juste drôle, c’n’est pas épeurant du tout, je ne sais pas pourquoi.
Stan Stan Stan, il n’y a pas que lui y’a aussi Tom qui me manque. Stan et lui sont un duo presque inséparable. Ils sont vraiment rigolos ensemble et ils mettent de l’ambiance comme chacun dans notre grande famille. Chacun a quelque chose en eux qui les rendent exceptionnels à mes yeux. Même si aucun lien de sang ne nous unit, il y a un je ne sais trop quoi qui fait que l’on s’entend bien, que l’on se respecte et qui fait que nous avons besoin des autres aussi. C’est dur à expliquer, c’est juste comme ça. Je crois que nous avons partagé maintes choses depuis un moment déjà et que nous ne pouvons laisser cela de côté. Je crois que l’on doit cela surtout grâce à mon frère, c’est un bon rassembleur.
Oh!!! Qu’entends-je? Des bruits de pas rapides dans l’escalier!!!!! Et ce n’est pas qu’une seule personne, mais bien deux qui monte à toute hâte. Qui dit deux personnes, dit peut-être bien mon duo favori? Une vague d’espoir me parcourt dans tout mon corps. Je jette un bref coup d’œil à l’horloge pour me rendre compte qu’ils sont quand même en retard de plusieurs minutes! Hihihi! Je ne les laisserai pas tranquille pour tout le temps qu’ils ont mis pour arriver ici. Un sourire coquin apparaît sur mon visage. Je les vois enfin franchir le cadre de la porte. Je m’avance vers eux pour les saluer comme il se doit. Quand tout à coup, un Tom se plante devant moi cachant ainsi la sublime silhouette de Stan.
Des fleurs…bon j’aime bien les fleurs, mais celles-ci semblent avoir vécu au moins deux guerres. Oui oui, je dis bien deux, l’une qui les a totalement noyées et l’autre qui les a totalement écrabouillées. Seules, quelques tiges courageuses ont survécu. Pauvre végétation dévastée, c’est d’une déchéance à n’en pleurer. Je m’imagine un Tom qui tout fier d’avoir arrêté son choix sur de jolis spécimens floraux, reste dans son rêve tout au long du trajet. Pendant ce temps, les fleurs ont tôt fait d’être inondées par la pluie et les pétales de s’enfuir avec le vent.
« Sacrée Tom, t’es vraiment un drôle de gars, mais j’t’aime bien comme t’es. » dis-je en tapotant doucement son épaule.
« Faudrait trouver un endroit où les mettre, je te confis cette tâche. » dis-je solennellement. Puis, je le laissai là pour aller enquiquiner Stan.
Quoi de mieux dans une journée que d’embêter Stan, je dois tenir ça de mon frère ou bien encore ça me permet de ne pas paraître « chochotte » et stupide en sa présence. S’il fallait que quelqu’un soupçonne quoi que ce soit de ma petite faiblesse en sa présence ou encore mon besoin immense de le voir souvent, je crois bien que j’aurais de la misère à faire face à tout le monde. Je préfère que ce soit juste un petit bonheur qui m’envahit ainsi à chaque fois que je le vois sans plus. Bref, pas de bégaiement, pas de rougissement, juste le bon sentiment intérieur que cela me procure.
« Je suppose que ton cadeau à toi, c’est ta sublime présence. » dis-je en plaisantant accompagner d’un clin d’œil.
« Tiens ça c’est pour ton retard. » Je lui donne un coup sur sa casquette qui laissa tomber une pluie de gouttelettes sur le sol, puis je le la lui enleva pour la mettre sur ma tête.
Brrr! C’est quelque peu froid, ça m’apprendra à voler, enfin emprunter quelque chose de trempée à quelqu’un. J’envoyai une grimace à Stan tout en continuant mon chemin. C’est alors que je percutai quelqu’un.
« Hum? » dis-je en soulevant la casquette de mon ami beaucoup trop grande pour moi afin de voir qui était cette personne dans laquelle j‘étais bêtement entré en collision.
« Ah c’est toi!!! C’n’est pas ton genre d’être en retard! »
Je me jette à son cou pour l’obliger à me donner un beau grand « colleux » plein d’amour. Bah quoi, y’a qu’avec mon frère que je me laisse aller comme ça, parce que je sais qu’il me rattrapera toujours et ne le prendra pas mal. Après tout, c’est l’être sur lequel je peux compter le plus au monde.

Lucy Shelley- Messages: 154
Date d'inscription: 24/02/2008
Age: 19
Re: Joyeux annif, la Reine.
« Salut, j’suis rentré. »
Le soulagement éprouvé au moment de refermer la porte derrière moi est indescriptible ; il est tel que, du coup, ma pression chute radicalement – cette pression qui tenait tout autant mon stress grimpé au maximum qu’elle maintenait mon rythme cardiaque au-dessus de la normale, trahissant méchamment mon agitation. Sous l’effet de l’apaisement, je m’affaisse lourdement contre la porte close, me passant une main encore moite sur le visage, et surtout, je prends le temps de souffler rien qu’un tout petit instant, le temps de savourer enfin ce sentiment – bien illusoire, mais ça m’est franchement égal – de paix intérieure.
Tout ceci n’était qu’un terrible malentendu, autant laisser ça loin derrière moi.
La fête a apparemment commencé sans nous, car aucune réponse ne se fait entendre lorsque je m’annonce, sinon l’écho lointain de voix animées provenant de la pièce d’à côté, ou bien de la cuisine. Selon cet ordre d’idées, j’en arrive à la déduction qu’ils sont peut-être déjà passés à table. Ce qui ne serait pas une mauvaise affaire, en réalité ; cela me laisserait une brève occasion de changer d’air – et de fringues – et de me remettre les idées – et les cheveux – en place avant de me présenter devant tout le monde en beau coupable que je suis. Y’a aussi que je suis attendu comme le bouffon de la soirée, mettons. Faut faire belle impression, à défaut d’avoir un alibi pour mon retard.
« Moi aussi, je suis là », ajoute Tom à ma suite, comme de réflexe, et avec sa capine encore ruisselante sur son front – mais certainement pas autant que son bouquet. C’est qu’il est d’une tristesse.
À cette remarque, je suis d’ailleurs rappelé sur Terre, me remémorant douloureusement son existence. Toujours appuyé contre la porte, ma tête roule avec lassitude en direction de Tom.
« Ben ouais, Tom. T’es là. » Je lui assène un petit coup sur la tête, accompagné d’un sourire sans joie.
T’es toujours là, Tom. Tu es la seule chose qui me rattache à ma mauvaise conscience. Mais en fait, c’est bien pire que ça : tu ES ma conscience. Prière de te faire discret le temps que les choses rentrent dans l’ordre… au moins dans ma tête. Une vilaine petite voix en mon for intérieur me dit que je ferais grand mieux de mettre mon copain de côté dans l’immédiat et de m’efforcer de l’ignorer si je tiens à passer cette soirée sans me faire un sang d’encre à propos de vous-savez-quoi. Navré mon grand, mais faudra prendre un numéro, ce soir. Parce qu’une petite demoiselle compte sur mon sourire et mon enthousiasme – et c’est d’ailleurs tout ce que j’ai à lui offrir. J’ai tout intérêt à me présenter en bonne et due forme, c’est la moindre des choses.
Direction les bécosses, histoire que j’aille me refaire le portrait.
Une fois que je me suis défait de mes espadrilles, que j’abandonne sans faire attention devant la porte – une mauvaise manie que j’ai, qui fait toujours rager mon vieux – je m’avance vers le salon, à peine plus éclairé que l’étage du dessous. Un feu crépite piteusement dans le foyer, les flammes tirant à leur fin. À mon étonnement, dépassant à peine de l’énorme dossier du canapé, deux têtes familières : Theodore et Chadwick, les deux inséparables. Tom et moi sommes accueillis non pas par leurs salutations, mais plutôt des éclats de rires, qui ne nous sont de toute évidence pas adressés ; car notre arrivée n’a toujours pas capté leur œil : tous les deux sont avidement penchés sur quelque caméra vidéo qu’ils ont entre les mains, dont la qualité du son laisse à désirer, pour ce que j’en perçois depuis ma position.
« Et… Vlan! Tu as vu ça? Tu as vu? Haha! » s’esclaffe le premier, grand fendant qu’il est, qui envoie une claque amicale dans le dos de son camarade. « Attends, on repasse la scène encore une fois… »
« Non! » Quant à l’autre, il n’a pas l’air tout à fait de cet avis. « Ça suffit, rends-moi ça », ronchonne-t-il, essayant plutôt de s’emparer de la caméra, visiblement embarrassé. Or, Theodore est plus habile que lui et esquive adroitement la grosse patte empotée de Flynn, qui rage de plus belle. « Putain, Ted! Mais t’es complètement bourré. » Une nouvelle moquerie de ce dernier lui vaudra un coussin en pleine tronche.
À ces paroles, mon attention dérive pendant un instant sur la table qui se trouve entre eux et le foyer, où jonchent vides des verres ainsi que le corps mort de ce qui m’apparaît être une bouteille d’alcool – rhum ou cognac, quelque chose de ce goût-là. Ce qui n’est pas pour me surprendre, si bien sûr on ne s’arrête pas au fait que ces types-là ont à peu près mon âge. C’est un portrait commun, par chez nous.
« Z’êtes pas créyables, vous autes. » Un rire silencieux secoue mes épaules. « Z’auriez pu m’attendre! »
Sur la moquette à côté du feu, une grosse bête boudeuse lève un regard morne sur ma personne, au son de ma voix, l’air terriblement las : ce n’est nulle autre que Nancy, la chienne de Flynn. À notre vue, celle-ci se hâte de venir nous accueillir, un tantinet plus excitée de notre arrivée que le sont nos deux potes sur le canapé, qui délaissent à peine leur caméra pour nous jeter un bref coup d’œil. Je cajole la tête de Nance, qui dégouline de bave et bat joyeusement du moignon. A priori, le bouquet qui se balance au bout du bras de Tom semble mettre la chienne en appétit – et lui la prend en sérieuse aversion.
« Tu es en retard, Stan », déclare nonchalamment Ted, prenant appui d’un bras sur le dossier du divan, toujours dans cette attitude dégagée qu’est la sienne – et surtout, un sourire railleur aux lèvres, qui le caractérise bien. Seuls ses yeux trahissent légèrement son état d’ivresse.
« Moi, en r’tard? Tu plaisantes j’suppose? » que je me moque, m’avançant mine de rien à leur rencontre. Tom en fait de même. Me tapotant l’épaule, il me jette un regard perplexe et abaisse le ton de sa voix.
« Je crois pas qu’il plaisante, Stan. On est en retard pour de vrai, il est presque vingt et un– »
« Je sais, Tom, je tranche sèchement. On appelle ça du marcasse. »
« …Du maracas? »
« Maracasme… C’que j’disais, hein. »
« C’est du sarcasme, minable », intervient Flynn à mon intention, râleur, sans pour autant m’adresser un regard. Ce type-là m’a au summum de son estime, c’est clair. Remarque… Je m’en fiche éperdument.
De la même manière, ils ne me manifestent qu’un désintérêt total ; les voilà déjà de retour à leur vidéo, comme si notre arrivée tardive les laissait impassibles. Ça tombe bien, parce qu’exceptionnellement, ces circonstances m’arrangent drôlement. Quant à Tom, bien à son habitude, il fait son curieux. J’admets que pour une fois, il joue bien la comédie – peut-être aussi que sa mémoire de poisson rouge fait ses preuves, tout aussi utile qu’elle puisse être. Finalement, tout ne va pas si mal que ça.
Qui l’aurait cru capable de faire diversion tandis que moi-même je manque cruellement d’assurance? Tu ne cesseras jamais de me surprendre, toi.
J’en profite surtout pour me débarrasser de mon jacket avant qu’il n’accroche l’attention de qui que ce soit – le tout en réprimant difficilement une grimace de douleur lorsque je passe mon bras hors de ma manche. Il va falloir que je trouve quelque part où planquer ça… Je leur tourne le dos, une fois la plaie à découvert, histoire de constater les dégâts de plus près : le manteau est irrécupérable, et la plaie est encore fraîche. Mince.
« Ho, hé Stan! Faut que tu vois ça, » s'écrie Tom, tout énervé.
Scheisse. Je peste tout bas, pris au dépourvu. Je planque vivement ma main sur la blessure pour la dissimuler. « Plus tard, tu veux? » En temps normal, je me serais joint à leurs rigolades ; mais le cœur n’y est pas, mes pensées sont plutôt dirigées sur le fardeau encombrant que je traîne.
Comment me mettre dans une fâcheuse posture. Chapeau bas, Tom.
Chadwick me coule un regard ennuyé. « Pas la peine, y’a… rien à voir», renchérit-il, momentanément distrait par quelque chose qui se trouve dans sa mire – soit moi. Il fronce les sourcils, éveillant à nouveau mon malaise ; à moins que je ne sois en train de virer complètement barjo, j’ai la désagréable impression que ses yeux s’accrochent un trop long moment sur mon bras, que je m’évertue de dérober à sa vue. Heureusement, Higgins rapplique juste à temps, claquant des doigts pour le rappeler à la vidéo.
C’était moins une… Ou presque. Une surprise n’attend pas l’autre.
Cette fois, ce ne sont pas les exclamations poussées par Theodore, ni les remarques désobligeantes de Flynn qui me distraient : bien plus discrets que ça, quoi que d’une démarche naturellement assurée, des petits pas pressés captent mon attention, sur ma droite – et pas seulement la mienne ; Tom se retourne prestement en direction du nouvel arrivant, tout alerte. Ou plutôt, de la nouvelle arrivante. Du haut de ses presque quatre pieds, voilà que se dresse devant nous la jeune fêtée, les yeux pétillants et la mine ravie. Je ne pouvais rien souhaiter de mieux… pour agrandir mon malaise. Excepté que je n’en démontre pas le moindre signe.
« Tiens, tiens… Si c’est pas la p’tite Reine que v’là! »
Tout au contraire, je lui adresse un sourire espiègle, ainsi qu’un signe de ma main libre – tandis que je dissimule subtilement la seconde derrière mon dos, après avoir envoyé balader mon manteau d’un grand geste dans le vestibule, histoire de le mettre hors de son champ de vision. Cela dit, mon astuce se dévoile bien futile, car voilà que Tom s’interpose carrément entre nous deux, lui fichant en plein sous le nez son bouquet sans s’embarrasser de belles manières, et par le fait même, anéantissant de par sa simplicité exubérante tous mes artifices. La tournure de la situation a comme quelque chose de grotesque et de franchement irritant. Et pourtant, l’abrutit se mérite un câlin – et pas moi. J’y pige rien.
Oh, mais je souris. Un sourire pincé, mais je souris toujours. Parce que je ne trouve pas mieux à faire en attendant que la voie se libère jusqu’à la salle de bains – mon seul échappatoire.
Le soulagement éprouvé au moment de refermer la porte derrière moi est indescriptible ; il est tel que, du coup, ma pression chute radicalement – cette pression qui tenait tout autant mon stress grimpé au maximum qu’elle maintenait mon rythme cardiaque au-dessus de la normale, trahissant méchamment mon agitation. Sous l’effet de l’apaisement, je m’affaisse lourdement contre la porte close, me passant une main encore moite sur le visage, et surtout, je prends le temps de souffler rien qu’un tout petit instant, le temps de savourer enfin ce sentiment – bien illusoire, mais ça m’est franchement égal – de paix intérieure.
Tout ceci n’était qu’un terrible malentendu, autant laisser ça loin derrière moi.
La fête a apparemment commencé sans nous, car aucune réponse ne se fait entendre lorsque je m’annonce, sinon l’écho lointain de voix animées provenant de la pièce d’à côté, ou bien de la cuisine. Selon cet ordre d’idées, j’en arrive à la déduction qu’ils sont peut-être déjà passés à table. Ce qui ne serait pas une mauvaise affaire, en réalité ; cela me laisserait une brève occasion de changer d’air – et de fringues – et de me remettre les idées – et les cheveux – en place avant de me présenter devant tout le monde en beau coupable que je suis. Y’a aussi que je suis attendu comme le bouffon de la soirée, mettons. Faut faire belle impression, à défaut d’avoir un alibi pour mon retard.
« Moi aussi, je suis là », ajoute Tom à ma suite, comme de réflexe, et avec sa capine encore ruisselante sur son front – mais certainement pas autant que son bouquet. C’est qu’il est d’une tristesse.
À cette remarque, je suis d’ailleurs rappelé sur Terre, me remémorant douloureusement son existence. Toujours appuyé contre la porte, ma tête roule avec lassitude en direction de Tom.
« Ben ouais, Tom. T’es là. » Je lui assène un petit coup sur la tête, accompagné d’un sourire sans joie.
T’es toujours là, Tom. Tu es la seule chose qui me rattache à ma mauvaise conscience. Mais en fait, c’est bien pire que ça : tu ES ma conscience. Prière de te faire discret le temps que les choses rentrent dans l’ordre… au moins dans ma tête. Une vilaine petite voix en mon for intérieur me dit que je ferais grand mieux de mettre mon copain de côté dans l’immédiat et de m’efforcer de l’ignorer si je tiens à passer cette soirée sans me faire un sang d’encre à propos de vous-savez-quoi. Navré mon grand, mais faudra prendre un numéro, ce soir. Parce qu’une petite demoiselle compte sur mon sourire et mon enthousiasme – et c’est d’ailleurs tout ce que j’ai à lui offrir. J’ai tout intérêt à me présenter en bonne et due forme, c’est la moindre des choses.
Direction les bécosses, histoire que j’aille me refaire le portrait.
Une fois que je me suis défait de mes espadrilles, que j’abandonne sans faire attention devant la porte – une mauvaise manie que j’ai, qui fait toujours rager mon vieux – je m’avance vers le salon, à peine plus éclairé que l’étage du dessous. Un feu crépite piteusement dans le foyer, les flammes tirant à leur fin. À mon étonnement, dépassant à peine de l’énorme dossier du canapé, deux têtes familières : Theodore et Chadwick, les deux inséparables. Tom et moi sommes accueillis non pas par leurs salutations, mais plutôt des éclats de rires, qui ne nous sont de toute évidence pas adressés ; car notre arrivée n’a toujours pas capté leur œil : tous les deux sont avidement penchés sur quelque caméra vidéo qu’ils ont entre les mains, dont la qualité du son laisse à désirer, pour ce que j’en perçois depuis ma position.
« Et… Vlan! Tu as vu ça? Tu as vu? Haha! » s’esclaffe le premier, grand fendant qu’il est, qui envoie une claque amicale dans le dos de son camarade. « Attends, on repasse la scène encore une fois… »
« Non! » Quant à l’autre, il n’a pas l’air tout à fait de cet avis. « Ça suffit, rends-moi ça », ronchonne-t-il, essayant plutôt de s’emparer de la caméra, visiblement embarrassé. Or, Theodore est plus habile que lui et esquive adroitement la grosse patte empotée de Flynn, qui rage de plus belle. « Putain, Ted! Mais t’es complètement bourré. » Une nouvelle moquerie de ce dernier lui vaudra un coussin en pleine tronche.
À ces paroles, mon attention dérive pendant un instant sur la table qui se trouve entre eux et le foyer, où jonchent vides des verres ainsi que le corps mort de ce qui m’apparaît être une bouteille d’alcool – rhum ou cognac, quelque chose de ce goût-là. Ce qui n’est pas pour me surprendre, si bien sûr on ne s’arrête pas au fait que ces types-là ont à peu près mon âge. C’est un portrait commun, par chez nous.
« Z’êtes pas créyables, vous autes. » Un rire silencieux secoue mes épaules. « Z’auriez pu m’attendre! »
Sur la moquette à côté du feu, une grosse bête boudeuse lève un regard morne sur ma personne, au son de ma voix, l’air terriblement las : ce n’est nulle autre que Nancy, la chienne de Flynn. À notre vue, celle-ci se hâte de venir nous accueillir, un tantinet plus excitée de notre arrivée que le sont nos deux potes sur le canapé, qui délaissent à peine leur caméra pour nous jeter un bref coup d’œil. Je cajole la tête de Nance, qui dégouline de bave et bat joyeusement du moignon. A priori, le bouquet qui se balance au bout du bras de Tom semble mettre la chienne en appétit – et lui la prend en sérieuse aversion.
« Tu es en retard, Stan », déclare nonchalamment Ted, prenant appui d’un bras sur le dossier du divan, toujours dans cette attitude dégagée qu’est la sienne – et surtout, un sourire railleur aux lèvres, qui le caractérise bien. Seuls ses yeux trahissent légèrement son état d’ivresse.
« Moi, en r’tard? Tu plaisantes j’suppose? » que je me moque, m’avançant mine de rien à leur rencontre. Tom en fait de même. Me tapotant l’épaule, il me jette un regard perplexe et abaisse le ton de sa voix.
« Je crois pas qu’il plaisante, Stan. On est en retard pour de vrai, il est presque vingt et un– »
« Je sais, Tom, je tranche sèchement. On appelle ça du marcasse. »
« …Du maracas? »
« Maracasme… C’que j’disais, hein. »
« C’est du sarcasme, minable », intervient Flynn à mon intention, râleur, sans pour autant m’adresser un regard. Ce type-là m’a au summum de son estime, c’est clair. Remarque… Je m’en fiche éperdument.
De la même manière, ils ne me manifestent qu’un désintérêt total ; les voilà déjà de retour à leur vidéo, comme si notre arrivée tardive les laissait impassibles. Ça tombe bien, parce qu’exceptionnellement, ces circonstances m’arrangent drôlement. Quant à Tom, bien à son habitude, il fait son curieux. J’admets que pour une fois, il joue bien la comédie – peut-être aussi que sa mémoire de poisson rouge fait ses preuves, tout aussi utile qu’elle puisse être. Finalement, tout ne va pas si mal que ça.
Qui l’aurait cru capable de faire diversion tandis que moi-même je manque cruellement d’assurance? Tu ne cesseras jamais de me surprendre, toi.
J’en profite surtout pour me débarrasser de mon jacket avant qu’il n’accroche l’attention de qui que ce soit – le tout en réprimant difficilement une grimace de douleur lorsque je passe mon bras hors de ma manche. Il va falloir que je trouve quelque part où planquer ça… Je leur tourne le dos, une fois la plaie à découvert, histoire de constater les dégâts de plus près : le manteau est irrécupérable, et la plaie est encore fraîche. Mince.
« Ho, hé Stan! Faut que tu vois ça, » s'écrie Tom, tout énervé.
Scheisse. Je peste tout bas, pris au dépourvu. Je planque vivement ma main sur la blessure pour la dissimuler. « Plus tard, tu veux? » En temps normal, je me serais joint à leurs rigolades ; mais le cœur n’y est pas, mes pensées sont plutôt dirigées sur le fardeau encombrant que je traîne.
Comment me mettre dans une fâcheuse posture. Chapeau bas, Tom.
Chadwick me coule un regard ennuyé. « Pas la peine, y’a… rien à voir», renchérit-il, momentanément distrait par quelque chose qui se trouve dans sa mire – soit moi. Il fronce les sourcils, éveillant à nouveau mon malaise ; à moins que je ne sois en train de virer complètement barjo, j’ai la désagréable impression que ses yeux s’accrochent un trop long moment sur mon bras, que je m’évertue de dérober à sa vue. Heureusement, Higgins rapplique juste à temps, claquant des doigts pour le rappeler à la vidéo.
C’était moins une… Ou presque. Une surprise n’attend pas l’autre.
Cette fois, ce ne sont pas les exclamations poussées par Theodore, ni les remarques désobligeantes de Flynn qui me distraient : bien plus discrets que ça, quoi que d’une démarche naturellement assurée, des petits pas pressés captent mon attention, sur ma droite – et pas seulement la mienne ; Tom se retourne prestement en direction du nouvel arrivant, tout alerte. Ou plutôt, de la nouvelle arrivante. Du haut de ses presque quatre pieds, voilà que se dresse devant nous la jeune fêtée, les yeux pétillants et la mine ravie. Je ne pouvais rien souhaiter de mieux… pour agrandir mon malaise. Excepté que je n’en démontre pas le moindre signe.
« Tiens, tiens… Si c’est pas la p’tite Reine que v’là! »
Tout au contraire, je lui adresse un sourire espiègle, ainsi qu’un signe de ma main libre – tandis que je dissimule subtilement la seconde derrière mon dos, après avoir envoyé balader mon manteau d’un grand geste dans le vestibule, histoire de le mettre hors de son champ de vision. Cela dit, mon astuce se dévoile bien futile, car voilà que Tom s’interpose carrément entre nous deux, lui fichant en plein sous le nez son bouquet sans s’embarrasser de belles manières, et par le fait même, anéantissant de par sa simplicité exubérante tous mes artifices. La tournure de la situation a comme quelque chose de grotesque et de franchement irritant. Et pourtant, l’abrutit se mérite un câlin – et pas moi. J’y pige rien.
Oh, mais je souris. Un sourire pincé, mais je souris toujours. Parce que je ne trouve pas mieux à faire en attendant que la voie se libère jusqu’à la salle de bains – mon seul échappatoire.
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 08.11.09 22:27, édité 3 fois
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
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Re: Joyeux annif, la Reine.
« …Je suppose que ton cadeau à toi, c’est ta sublime présence? » m’apostrophe Lucy, une fois qu’elle s’est désintéressée de Tom. Le pauvre, son règne n’aura pas fait long feu ; un bref coup d’œil à mon ami me renseigne rapidement sur sa grande déception, avec son air déconfit – les fleurs sont un échec total. Il aurait dû s’en douter. Mais enfin, c’est pas faute d’avoir essayé.
« Heu, ouais. » J’ai un rire jaune, tandis que je regarde Tom s’éloigner vers la cuisine, le pas traînant. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour pouvoir m’éclipser aussi facilement. Juste un moment. Dans une tentative désespérée de détendre l’atmosphère, j’opte allègrement pour quelque sottise. « Ct’exact, c’est moi-même ton cadeau. Et j’parle pas d’une réplique de moi : le vrai de vrai moi, en chair et en os! » Elle a comme un sourire incrédule. « Tom te l’a pas dit? Avant d’arriver, j’avais un gros chou sur la tête, sauf que c’qui est arrivé, c’est qu’la mouille, ben elle est partie avec. Tu vois l’genre? »
Je prends un instant pour la considérer, soutenant son regard presque intimidant tant il est scrutateur. Pour une gamine, je dois reconnaître qu’elle en impose. Je ne saurais dire si c’est l’intelligence qu’il y a dans ses yeux qui me font parfois oublier qu’elle n’a quedouze treize ans, ou bien le fait qu’elle ait encore coupé ses cheveux depuis la dernière fois que je l’ai vue qui lui donne l’air plus mature. Quoi qu’il en soit, ça sent la bêtise aux jumeaux, ça : ce ne serait pas la première fois qu’ils lui foutent une chique de gomme dans les cheveux.
« Tiens, ça c’est pour ton retard. »
Une petite tape sur la visière de ma casquette me tire de mes réflexions. J’avais presque réussi à oublier que j’existais, pendant un moment. (Détrompez-vous, je ne suis pas SI obnubilé par ma personne.) Avec une grimace taquine, elle s’empare de ma casquette et fait mine de se sauver avec, fière de son coup.
« C’est ça, file te cacher, p’tite chipie! Tu perds rien pour attendre… »
Je dis ça, mais en réalité, c’est moi qui saute sur cette occasion tant attendue de m’effacer du portrait. Dès qu’elle se détourne de moi, j’attrape le premier pull qui dépasse du coffre où sont entassés pêle-mêle mes vêtements, à côté du canapé – je n’ai pas le luxe d’une chambre à coucher, figurez-vous – et je m’engage d’un pas triomphant dans le corridor donnant sur les toilettes, avec la cuisine juste en face. À moi les bécosses…
« Hé Stan, au fait… »
…Ou pas. Je suspends mon geste en plein milieu, agacé. Un nouvel élancement dans mon avant-bras me rappelle que ma plaie est à découvert. Pétard, la gaffe. Mon imprudence vient probablement de tout foutre en l’air. Je me mords violemment la lèvre et ferme les yeux un moment, le temps d’une grande inspiration avant de lui faire face à nouveau. De même, je croise les bras tout en m’efforçant de rendre mon geste aisé, et je force un nouveau sourire, bien que je crains ne pas avoir l’air trop naturel.
« Y’a un souci? » je hasarde, l’air faussement surpris.
Elle hoche de la tête, plus sérieuse que jamais, et elle me dévisage longuement, bien trop longtemps, comme si la réponse était évidente. La sueur perle littéralement sur mon front. Pour toute réponse, je me contente de hausser les épaules, l’air on ne peut plus déconcerté. J’ai un rictus amusé pour dissimuler mon embarras.
« Alors quoi… Raconte? »
« Comment, t’as quand même pas oublié? » s’exaspère-t-elle, la moue boudeuse. Elle roule les yeux et fiche ses deux petits poings sur ses hanches. Ça y est, elle vient de me perdre pour de bon. « Allez Stan! T’as perdu tes bonnes manières ou quoi? » Elle tend la joue, sur laquelle elle appuie un index ferme.
Minute. Tout ça pour une bise? C’est des conneries ou on s’acharne à me filer une crise cardiaque?
« Aaah. Ah, ouais, ça! Haha, c’que j’peux être bête, t’as raison… »
Je vais à sa rencontre, le pas mal assuré. Cette gamine se paie complètement ma tête, si ça se trouve. Autant jouer son jeu jusqu’à la fin. Je m’incline à sa hauteur et lui adresse un sourire espiègle.
« Joyeux annif, la Reine. »
Oeil pour oeil, je lui rends sa petite tape de tout à l'heure, lui calant la casquette devant les yeux, et fais demi-tour d’un bond, laissant la pauvre vaincue bégayant presque de stupéfaction.
« Hé, pas si vite! proteste-t-elle, bien qu'en rigolant. Tu m'as pas fait la bise, reviens ici! Stan!... »
Dans le temps de le dire, je file furtivement vers la salle de bain, cette fois avec la ferme intention de ne pas regarder à nouveau derrière moi, mais surtout de ne me laisser intercepter sous aucun prétexte. Pas même l’autorité de la reine d’Angleterre en personne n’y pourrait quelque chose, je vous assure.
Cependant, je ne peux m’empêcher de jeter un œil fureteur sur la cuisine, lorsque je passe devant. Mais avant cela, dès le moment où je franchis le seuil de la pièce, je mets le pied dans… des œufs cassés ; je passe également à un cheveu de m’en prendre un autre en pleine figure, qui va plutôt se fracasser contre la porte close des toilettes, et j’en reçois les éclaboussures. Pour tout vous dire, je mets comme un certain temps à assimiler l’information, les yeux rivés sur le jaune crevé qui dégouline lentement.
« Sus à l'ennemi! » La voix qui s’adresse à moi me parvient en fait en double. Deux mioches identiques, si bien que même depuis le temps que je les côtoie, je n’arrive toujours pas à les différencier. L’un est assis à cheval sur le comptoir avec le carton d’œufs ; le second est à peu près dans la même posture, par terre, avec entre les jambes un grand bol à mélange, brandissant une immense cuillère en bois.
« Soir, les jumeaux. Dites… Faites gaffe avec la bouffe, hein? »
« Mais on fait un gâteau. »
« On fait un MÉGA gâteau. »
…Qu’on me dise qui a eu la brillante idée de laisser ces deux petits monstres tout seuls à la cuisine?
« Justement, c’est ce que je tente de t’expliquer. Bill. Non, et si tu voulais juste m’écou– »
La porte du réfrigérateur se referme brusquement, révélant une troisième personne dont la mince silhouette m’était jusqu’ici inaperçue : une femme, cernée, l'air méchamment épuisée. Les bras encombrés de plusieurs condiments, elle maintient le téléphone entre sa mâchoire et son épaule, à demi emmêlée dans le fil téléphonique, visiblement au beau milieu d’une discussion un peu critique. Ou du moins, jusqu’à ce qu’elle cesse subitement d’argumenter et dépose radicalement l’appareil sur son socle, jurant tout bas en français. Tandis que je considère sérieusement l’idée de m’éclipser immédiatement avant d’être la prochaine victime de sa mauvaise humeur, c’est à ce moment seulement qu’elle remarque ma présence. C’est dans ces occasions-là que j’envie les caméléons.
« Nacht, Susanne. » J’évite de croiser son regard. Plutôt, ma main se porte de réflexe à la poignée de la salle de bain pour la fuir… mais elle est verrouillée, le comble. C’est pas vrai… Pas ça en plus.
« Ah, Trich. Te voilà. » Elle s’adresse à moi dans ma langue, ce qui lui donne l’air on ne peut plus ferme, déjà qu’elle est assez rêche dans son genre. « T'as vu l’heure? T'es en retard. Et ton accoutrement… »
« Na ja, i weiss. » Je lui brandis négligemment le pull que j’ai entre les mains. « J’reviens tout d’suite. »
« Tu as intérêt. Un coup de main serait apprécié, aussi. » Elle jette un regard désemparé à la scène désolante qu’elle a sous les yeux : la cuisine est carrément saccagée, et je ne vous parle pas de sa tablée. À eux deux, ces gamins peuvent semer un véritable carnage. Supplice auquel je préfère échapper pour tout de suite, surtout avant de me prendre un nouveau projectile en plein visage.
De retour à la salle de bain… Celle-ci est toujours occupée. De toute évidence, quelqu’un s’adonne à de dures labeurs, de l’autre côté de cette porte. Pour ce qui est de moi, je mène une lutte acharnée contre la poignée qui refuse de céder à mes violences. C’est que je suis à veille d’être au bout de ma patience.
« Tom, coupe en deux! Tire-toi d’là, ça urge! » que je lui ordonne à travers la porte. Aucune réponse. J’y envoie un coup de pied furieux, question de faire pression. En réponse à mes menaces, on tire enfin la chasse d’eau. « P’tain, c’était pas trop tôt… »
Je reste un peu bête lorsque l’individu qui apparaît dans l’entrebâillement de la porte mesure au moins un pied plus grand que mon pote. Et n’a pas tout à fait la même physionomie, à vrai dire. En plus du fait qu’il a entre les mains quelque appareil électronique dont j’ignore l’utilité – chose dont Tom aurait grand mal à se servir, déjà qu’il n’est pas familier avec un téléphone conventionnel. Oups.
« …Hé, Jim. C’est toi. Heu, salut. »
Le concerné ne daigne même pas m’adresser un regard ; il passe son chemin comme si je n’existais pas. Comme il le fait avec tout le monde, finalement. Il marmonne un truc, juste pour dire.
« …Pas me déranger. En train de bosser sur quelque chose de gros. Pas le temps. Salut. »
Ça tombe bien, parce que moi non plus. Dès que la voie est libre, je me faufile dans la salle de bain et je m’y barricade àdouble triple tour. Si j’avais une chaise à ma portée, je la ficherais devant pour m’assurer de ne plus être dérangé.
Parce que le prochain qui ose me mettre des bâtons dans les roues court un danger sérieux de mort.
« Heu, ouais. » J’ai un rire jaune, tandis que je regarde Tom s’éloigner vers la cuisine, le pas traînant. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour pouvoir m’éclipser aussi facilement. Juste un moment. Dans une tentative désespérée de détendre l’atmosphère, j’opte allègrement pour quelque sottise. « Ct’exact, c’est moi-même ton cadeau. Et j’parle pas d’une réplique de moi : le vrai de vrai moi, en chair et en os! » Elle a comme un sourire incrédule. « Tom te l’a pas dit? Avant d’arriver, j’avais un gros chou sur la tête, sauf que c’qui est arrivé, c’est qu’la mouille, ben elle est partie avec. Tu vois l’genre? »
Je prends un instant pour la considérer, soutenant son regard presque intimidant tant il est scrutateur. Pour une gamine, je dois reconnaître qu’elle en impose. Je ne saurais dire si c’est l’intelligence qu’il y a dans ses yeux qui me font parfois oublier qu’elle n’a que
« Tiens, ça c’est pour ton retard. »
Une petite tape sur la visière de ma casquette me tire de mes réflexions. J’avais presque réussi à oublier que j’existais, pendant un moment. (Détrompez-vous, je ne suis pas SI obnubilé par ma personne.) Avec une grimace taquine, elle s’empare de ma casquette et fait mine de se sauver avec, fière de son coup.
« C’est ça, file te cacher, p’tite chipie! Tu perds rien pour attendre… »
Je dis ça, mais en réalité, c’est moi qui saute sur cette occasion tant attendue de m’effacer du portrait. Dès qu’elle se détourne de moi, j’attrape le premier pull qui dépasse du coffre où sont entassés pêle-mêle mes vêtements, à côté du canapé – je n’ai pas le luxe d’une chambre à coucher, figurez-vous – et je m’engage d’un pas triomphant dans le corridor donnant sur les toilettes, avec la cuisine juste en face. À moi les bécosses…
« Hé Stan, au fait… »
…Ou pas. Je suspends mon geste en plein milieu, agacé. Un nouvel élancement dans mon avant-bras me rappelle que ma plaie est à découvert. Pétard, la gaffe. Mon imprudence vient probablement de tout foutre en l’air. Je me mords violemment la lèvre et ferme les yeux un moment, le temps d’une grande inspiration avant de lui faire face à nouveau. De même, je croise les bras tout en m’efforçant de rendre mon geste aisé, et je force un nouveau sourire, bien que je crains ne pas avoir l’air trop naturel.
« Y’a un souci? » je hasarde, l’air faussement surpris.
Elle hoche de la tête, plus sérieuse que jamais, et elle me dévisage longuement, bien trop longtemps, comme si la réponse était évidente. La sueur perle littéralement sur mon front. Pour toute réponse, je me contente de hausser les épaules, l’air on ne peut plus déconcerté. J’ai un rictus amusé pour dissimuler mon embarras.
« Alors quoi… Raconte? »
« Comment, t’as quand même pas oublié? » s’exaspère-t-elle, la moue boudeuse. Elle roule les yeux et fiche ses deux petits poings sur ses hanches. Ça y est, elle vient de me perdre pour de bon. « Allez Stan! T’as perdu tes bonnes manières ou quoi? » Elle tend la joue, sur laquelle elle appuie un index ferme.
Minute. Tout ça pour une bise? C’est des conneries ou on s’acharne à me filer une crise cardiaque?
« Aaah. Ah, ouais, ça! Haha, c’que j’peux être bête, t’as raison… »
Je vais à sa rencontre, le pas mal assuré. Cette gamine se paie complètement ma tête, si ça se trouve. Autant jouer son jeu jusqu’à la fin. Je m’incline à sa hauteur et lui adresse un sourire espiègle.
« Joyeux annif, la Reine. »
Oeil pour oeil, je lui rends sa petite tape de tout à l'heure, lui calant la casquette devant les yeux, et fais demi-tour d’un bond, laissant la pauvre vaincue bégayant presque de stupéfaction.
« Hé, pas si vite! proteste-t-elle, bien qu'en rigolant. Tu m'as pas fait la bise, reviens ici! Stan!... »
Dans le temps de le dire, je file furtivement vers la salle de bain, cette fois avec la ferme intention de ne pas regarder à nouveau derrière moi, mais surtout de ne me laisser intercepter sous aucun prétexte. Pas même l’autorité de la reine d’Angleterre en personne n’y pourrait quelque chose, je vous assure.
Cependant, je ne peux m’empêcher de jeter un œil fureteur sur la cuisine, lorsque je passe devant. Mais avant cela, dès le moment où je franchis le seuil de la pièce, je mets le pied dans… des œufs cassés ; je passe également à un cheveu de m’en prendre un autre en pleine figure, qui va plutôt se fracasser contre la porte close des toilettes, et j’en reçois les éclaboussures. Pour tout vous dire, je mets comme un certain temps à assimiler l’information, les yeux rivés sur le jaune crevé qui dégouline lentement.
« Sus à l'ennemi! » La voix qui s’adresse à moi me parvient en fait en double. Deux mioches identiques, si bien que même depuis le temps que je les côtoie, je n’arrive toujours pas à les différencier. L’un est assis à cheval sur le comptoir avec le carton d’œufs ; le second est à peu près dans la même posture, par terre, avec entre les jambes un grand bol à mélange, brandissant une immense cuillère en bois.
« Soir, les jumeaux. Dites… Faites gaffe avec la bouffe, hein? »
« Mais on fait un gâteau. »
« On fait un MÉGA gâteau. »
…Qu’on me dise qui a eu la brillante idée de laisser ces deux petits monstres tout seuls à la cuisine?
« Justement, c’est ce que je tente de t’expliquer. Bill. Non, et si tu voulais juste m’écou– »
La porte du réfrigérateur se referme brusquement, révélant une troisième personne dont la mince silhouette m’était jusqu’ici inaperçue : une femme, cernée, l'air méchamment épuisée. Les bras encombrés de plusieurs condiments, elle maintient le téléphone entre sa mâchoire et son épaule, à demi emmêlée dans le fil téléphonique, visiblement au beau milieu d’une discussion un peu critique. Ou du moins, jusqu’à ce qu’elle cesse subitement d’argumenter et dépose radicalement l’appareil sur son socle, jurant tout bas en français. Tandis que je considère sérieusement l’idée de m’éclipser immédiatement avant d’être la prochaine victime de sa mauvaise humeur, c’est à ce moment seulement qu’elle remarque ma présence. C’est dans ces occasions-là que j’envie les caméléons.
« Nacht, Susanne. » J’évite de croiser son regard. Plutôt, ma main se porte de réflexe à la poignée de la salle de bain pour la fuir… mais elle est verrouillée, le comble. C’est pas vrai… Pas ça en plus.
« Ah, Trich. Te voilà. » Elle s’adresse à moi dans ma langue, ce qui lui donne l’air on ne peut plus ferme, déjà qu’elle est assez rêche dans son genre. « T'as vu l’heure? T'es en retard. Et ton accoutrement… »
« Na ja, i weiss. » Je lui brandis négligemment le pull que j’ai entre les mains. « J’reviens tout d’suite. »
« Tu as intérêt. Un coup de main serait apprécié, aussi. » Elle jette un regard désemparé à la scène désolante qu’elle a sous les yeux : la cuisine est carrément saccagée, et je ne vous parle pas de sa tablée. À eux deux, ces gamins peuvent semer un véritable carnage. Supplice auquel je préfère échapper pour tout de suite, surtout avant de me prendre un nouveau projectile en plein visage.
De retour à la salle de bain… Celle-ci est toujours occupée. De toute évidence, quelqu’un s’adonne à de dures labeurs, de l’autre côté de cette porte. Pour ce qui est de moi, je mène une lutte acharnée contre la poignée qui refuse de céder à mes violences. C’est que je suis à veille d’être au bout de ma patience.
« Tom, coupe en deux! Tire-toi d’là, ça urge! » que je lui ordonne à travers la porte. Aucune réponse. J’y envoie un coup de pied furieux, question de faire pression. En réponse à mes menaces, on tire enfin la chasse d’eau. « P’tain, c’était pas trop tôt… »
Je reste un peu bête lorsque l’individu qui apparaît dans l’entrebâillement de la porte mesure au moins un pied plus grand que mon pote. Et n’a pas tout à fait la même physionomie, à vrai dire. En plus du fait qu’il a entre les mains quelque appareil électronique dont j’ignore l’utilité – chose dont Tom aurait grand mal à se servir, déjà qu’il n’est pas familier avec un téléphone conventionnel. Oups.
« …Hé, Jim. C’est toi. Heu, salut. »
Le concerné ne daigne même pas m’adresser un regard ; il passe son chemin comme si je n’existais pas. Comme il le fait avec tout le monde, finalement. Il marmonne un truc, juste pour dire.
« …Pas me déranger. En train de bosser sur quelque chose de gros. Pas le temps. Salut. »
Ça tombe bien, parce que moi non plus. Dès que la voie est libre, je me faufile dans la salle de bain et je m’y barricade à
Parce que le prochain qui ose me mettre des bâtons dans les roues court un danger sérieux de mort.
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 30.08.09 19:00, édité 5 fois
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Dietrich Stanislaus
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Re: Joyeux annif, la Reine.
Enfin rendu.
J’imagine déjà le visage outré de mini moi pour mon retard – coup d’œil vers la montre – disons le abusif. C’est que ce n’est pas ma journée là. Je monte les escaliers d’un pas lourd et excédé mon cadeau non emballé dans une main, ma clope dans l’autre. Galère de misère, j’suis pas fière de moi. Ça le fait pas, oublier la fête de ce p’tit monstre. Combien de fois me l’avait-elle répéter ? Ho plus d’une centaine de foie. Mais bon, j’ai le cadeau c’est l’essentielle non ?
Je tente de me convaincre de cette maigre compensation à mon incorrigible retard et pousse la porte de la baraque. Porte avec lequel j’ai manqué me faire un beau face à face d’ailleurs! Catastrophe pas possible, c’est quoi encore. Je me mets à jurer, grognant contre l’espèce d’ignorant imbécile qui à laissé ses salopris devant la porte. Je donne une bonne poussé et les dites salopris, sois en l’occurrence des souliers à priori appartenant à un certain roux sans manière vus leur côté crade, déguerpirent dans leur coin et je mets finalement le pied dans la piaule.
Je ferme la porte avec le plus de délicatesse que ma patience et mon humeur le permet, et me prends une bonne bouffer de boucane tranquillisante pour soufflé un bon coup. C’est pas si mal. Personne n’est mort, ce n’est que des chaussures, un oublie rien de plus. Si on enlève le fait que j’ai manqué me retrouver avec le visage en carpette sur la porte, c’est pas si mal. Misère vive le moment ou je rejoindrais les profondeurs de mon lit. J’suis pas d’humeur là. Je défais en grognant mes souliers que MOI je prends la peine de tasser du chemin d’un coup de pied. Trouvons ma chose qu’on en finisse.
MISÈRE DES ENFERS C’EST QUOI ENCORE !!!
Je me rattrape de justesse contre le mur afin de garder toute ma dignité et parviens à ne pas me retrouver le nez écrasé contre le plancher ma fois plutôt crasseux. Je ferme les yeux et me pince l’arrête du nez pour garder contenance. Il en reste pas long kass, t’en a pas long à endurer. J’attrape ce qui traîne sur le plancher pour trouver le coupable de mon malheur. Malheureusement…
Dieu s’acharne sur moi.
Ma patience à des limites. Je m’apprête à faire subir les milles et une tortures à la personne qui viens tout juste de me percuter quand je rencontre deux grand yeux noisette semi caché par un casquette beaucoup trop grande pour ça petitesse me regarder avec surprise. La douche froide. Mon humeur bouillante d’une seconde avant vient tout juste de s’évaporer et je laisse même un p’tit sourire amusé m’éclaircir le visage.
«- Hey.» Que je lâche.
On s’accroche à mon coup avec entrain et me reproche ma longue absence. Évidemment, comme si j’avais pu passer à côté de la reproche. J’observe ma chose pleine de vitalité et souris sincèrement heureux de la voir rayonné de bonheur. Tu le mérite d’être heureuse la sœur.
«- Désolé du retard Lou et, bonne fête encore. »
Je l’embrasse sur le joue tout en faisant tomber la casquette trop grande pour la remplacer pour une toute neuve.
«- Tiens, celle-là te va beaucoup mieux.»
Elle l’enlève de ça tête et la regarde sous toute les coutures, un sourire surexcité imprégné sur le visage. Évitons de lui dire que je ne l’ai pas choisis tout seul, ça gâcherais le beau tableau. Je lui ébouriffe les cheveux et récupère la casquette tomber, autant ne plus rien laisser traîner ça deviens dangereux. La présence de ma p’tite chose ma remis de bonne humeur….. Mais je dois tout de même lâcher un mot à cette imbécile d’animal roux incompétent de mes deux. Je laisse la sœur qui part montrer son nouveau cadeau à la première pauvre personne qui ce retrouveras sur son chemin.
« - HEY T’ES EN RETARD ! » Qu’on me lance d’un joli coussin couleur brun délavé.
Vraiment quel ambiance hein ? Bonjour l’accueille. Je sers les dents et me retourne vers l’agresseur malchanceux. Non sincèrement les gens ne savent pas ou sont leur place dans ce monde. Surtout s’il me reproche le retard qu’ils m’ont imposé. Traîtres imposteurs, je vous revaudrais ça.
« - Franchement Flanagan tu frôle la mort en ce moment. » Lui dis-je le plus calmement possible.
Il hausse les épaules avec un sourire, fière de lui. Je ne le serais pas à ta place sale imbécile sans cervelle. J’observe l’autre blondinet à côté de lui, le sourire béat – c’est ici que l’on peut constater que Ted n’est pas charmant sur toute les coutures ou du moins surtout pas quand il est bourré – rivé sur ça caméra. Encore en train de regarder ça. Il s’en lasse pas, c’est sur. Je lance un sourire moqueur à Flynn qui perd vite le siens. De toute évidence il préfèrerait que j’ignore ce qui ce retrouve sur cette bande. Je laisse les deux idiots à leurs idioties c’est le cas de le dire et par à la rechercher de mon dit animal dépravé.
Je reprends mes recherches vers la cuisine, le salon déjà bien comblé. Mais à peine rendu que je peux entendre la claire voix monstrueuse de la tante Suzanne cracher ce qui me semble être des injures en allemand. Je passe un coup d’œil par la cuisine pour faire face à un spectacle plutôt désastreux. C’est comme si l’on avait tenté de créer un décor moderne à l’aide de jaune d’œuf et de farine. Y’a deux p’tites bestioles qui cours autour de la table en ce courant l’un après l’autre, une cuillère de bois emplis de mixture non identifié à la main et d’un autre coté y’a Sue sur le four tentant d’en chopper un tout en s’occupant d’un chaudron qui ma foie passe un vrai quart d’heure. J’en attrape un par la manche alors que l’autre me percute.
« - Hé bien voyons voir ce que je viens de dégoter pour le souper. » Que je lâche d’un sourire malsain.
« - Retraire Soldat nous somme cerné !!! » s’exclame Benji.
« - Oui mon cap’taine. »
Brian passe rapidement entre mes jambes. Alors que je tante vainement de l’attraper, benji me file entre les doigts tout deux détalant à toute vitesse dans le salon. C’est beau d’être jeune. Ho galère tout ça me rappelle que je commence à me faire vieux. Dire que mini moi atteint déjà c’est treize ans.
« - Hey tante Sue.» Je la salut d’une embrassade sur la joue.
« - Ha c’est toi Kass ! » Me lâche telle soulagé qu’on est enfin prit la peine de lui débarrasser de ses deux monstres. « Contente de te voir mon grand, et éteint moi ce machin veux-tu ?»
Dans le genre « Ne me contredisez pas » Suzanne est la meilleur. Je ne sais pas si c’est le fait qu’elle soit plutôt grande au visage carré et aux yeux froid ou encore l’âge qu’il lui donne cette aire dure mais une chose est sur on ne tente pas de s’attirez son courroux. Seul les jumeaux si risque vraiment, mais je dois avouer qu’ils ne sont pas un cadeau les monstres.
J’écrase ma clope sur le rebord de la fenêtre et jette le cadavre dans la rue. Je range un peu la table qui ce retrouve dans un bordel pas possible et vide le comptoir. J’en profite pour me prendre un pomme au passage, c’est que j’ai vachement faim là et m’accote contre le comptoir.
« - z’avez d’jà mangé dit ? » Que je lâche entre deux bouchés.
« - Les p’tits ont mangé depuis un bout, mais les autres vous attendaient, du moins je crois bien que certain on abandonner l’idée de manger. » qu’elle termine en faisant sans aucun doute allusion aux deux bourrer dans le salon.
« - Vous ? Stan, il est pas encore rentré ? » Que je lui réponds plutôt étonné.
Impossible l’imbécile à manquer me tuer par deux fois de façon indirecte. Quand on y pense c’est grave la. Dire que j’ai faillis mourir par deux fois et les deux on été causé par cette animal. Il faut croire que je suis maudit et destiner à mourir de ça main.
« - Il vient de rentré. Il est à la salle de bain je crois. »
Je me dirige immédiatement vers cette dernière, jetant au passage mon cœur de pomme à la poubelle, ça casquette et son manteau en main. Pas possible cet animal des fois. J’ai des comptes à lui rendre à la chose sans cervelle. Je frappe deux bons coups à la porte.
« - Hey l’imbécile ouvre moi la porte j’ai à te parler. C’est à toi le …..»
Je m’arrête pour attraper le manteau question de simplement l’identifier comme étant vraiment à cette chose débile mais quelque chose attire mon attention et je stop ma phrase une seconde ou deux. La manche de son manteau est complètement finie. On aurais dit qu’on l’avais l’acérer à coup de couteau et le sang encore frai et beaucoup trop abondant qui l’imbibe m’indique que c’est pas une mince affaires. Je donne des plus grands coups sur la porte, limite entre la rage, l’impatience et l’inquiétude serte.
« - Hey le débile ouvre cette foutue porte ou je la défonce ! Et tu sais que je peux le faire.»
J’attends quelque seconde et ma patience lâche je frape un bon coup sur la porte et manque de me péter les doigts. Lorsque j’arrive pour frapper une autre fois la porte finis par s’ouvrir sur un roux à l’aire livide, les épaules coincer qui démontre bien le stress qu’il subie en ce moment même, les cheveux en bataille et de toute évidence le chandail rapidement enfiler.
« - QUOI ! »
Je lève un sourcil et le fixe longuement comme si ça question était d’une débilitée profonde. Je vois que ça colère ce décompose lentement et plus encore lorsque je lui montre la manche de son manteau. La il est vert le gamin. Je jette un rapide coup d’œil derrière moi. L’ambiance est à la fête personne ne porte vraiment attention a nos deux personnes. J’en profite et pousse le roux dans la salle de bain et referme la porte derrière moi.
Je souffle un coup, délaisse négligemment le manteau et la casquette dans le fond du bain alors que je me défais de mon propre manteau détrempé. Je m’assois sur le rebord du bain et tant le bras.
« - Aller montre moi.»
Il fait mine un instant de ne pas comprendre de quoi je parle, mais change finalement d’idée alors que je lui jette un regard noir particulièrement impatient. En ce moment mon taux de patience est de zéro, donc le mieux pour lui est de simplement faire ce que je lui demande, chose que Stan comprend généralement très vite.
Il s’assoit sur la toilette en face et me tend son bras. Je soulève lentement ça manche la remontant jusqu’au coude et découvre une espèce de bandage placer à la vas vite, de façon très primitif. Je soupire de découragement. Espérait-il vraiment guérir avec des soins aussi médiocres. Le tissu est légèrement imbiber de sang ce qui n’est serte pas bon signe. Avec lenteur je défais le bandage.
« - Bordel Stan qu’est-ce que t’a fait ? »
Il tente de reprendre son bras et je le retiens par réflexe ce qui le fait grimacer. La plait est vraiment béante. Pas assez net pour que ce sois un couteau mais plutôt des éclats de verres ou quelque chose d’aussi coupant. Je m’approche d’un peu plus près et retrouve quelque résidu non identifier pris dans la plait. Il avait l’intention de guérir avec ça dans le bras ? Je soupire longuement et tente de trouver des trucks utiles dans la commode. Je passe une serviette sous l’eau, attrape des bandages neufs, des pinces, des onguents, tout ce qui peux m’être utile. C’est plutôt pratique d’avoir une amie aillant une bonne maîtrise de la médecine. Surtout de lui avoir servis de cobaye plus d’une dizaine de fois, je devrais m’en sortir sans problème.
« - Prend un grands respire ça vas faire mal. »
Ça mâchoire ce crispe et il se tend. Je nettoie rapidement la plait et lui enlève toute les résidus alors qu’il ce mange le point pour ne pas chigner. Je finis par lui mettre de quoi l’aider à guérir et lui refais un bandage digne de ce nom. Je lui replace lentement son chandail et le regarde droit dans les yeux. Il est évident qu’il ne me dira pas ce qu’il le tracasse, du moins pas maintenant. Pour que Stan ce retrouve avec une telle tronche c’est que ce n’est pas rien. Son regard fuyant et son mutisme ma fois qui me semblait jusqu’à aujourd’hui impossible en dit long.
Je soupire, bien que ça me chicotte énormément je me résigne à ne rien lui demander. Pour une raison que j’ignore, j’ai la sale impression d’y être pour quelque chose. Cette espèce de sensation que l’on a lorsque l’on ce sens impuissant devant une situation. Bordel que j’m’en serais voulu si c’avait été pire encore. Voulue de quoi ? Je sais trop rien, mais je me sens pas calme pour deux sous. Je passe une main dans ses cheveux pour les replacer un peu.
« - Ne t’appuis pas trop dessus, demain je demanderais à Delphy de regarder ça. »
Il baisse la tête, m’évite. Ça m’énerve. Quoi y’a pas de quoi m’éviter après tout. Peux importe la situation je ne crois pas avoir quoi que ce sois à lui reprocher. Ma fois ça m’inquiète énormément. Tu ne m’aide pas le grand. Il pense beaucoup trop. Il se noie carrément dans son problème. Combien je paris qu’il met tout à l’extrême, qu’il réfléchie de travers. Je soupire et passe un main derrière ça nuque pour qu’il me regarde.
« - Hey fait pas cette tête débile, y’a pas de quoi. T’a pas à t’inquiété, quoi que ce sois y vas rien t’arrivé ici. Aller viens, on va manger de quoi ça vas te remonter. »
J'ai beau l'incité il ne bronche pas d'un pouce. Je l'observe avec intensité voyant qu'il manque bien de cracher le morceau. Ma curiosité me demande de le pousser a bout et ma conscience de le laisser tranquille. Seulement le voir aussi tourmenté me mets sur les nerfs. J'attrape son visage entre mes deux mains pour qu'il me regarde droit dans les yeux.
« - Hey stan ......»
J’imagine déjà le visage outré de mini moi pour mon retard – coup d’œil vers la montre – disons le abusif. C’est que ce n’est pas ma journée là. Je monte les escaliers d’un pas lourd et excédé mon cadeau non emballé dans une main, ma clope dans l’autre. Galère de misère, j’suis pas fière de moi. Ça le fait pas, oublier la fête de ce p’tit monstre. Combien de fois me l’avait-elle répéter ? Ho plus d’une centaine de foie. Mais bon, j’ai le cadeau c’est l’essentielle non ?
Je tente de me convaincre de cette maigre compensation à mon incorrigible retard et pousse la porte de la baraque. Porte avec lequel j’ai manqué me faire un beau face à face d’ailleurs! Catastrophe pas possible, c’est quoi encore. Je me mets à jurer, grognant contre l’espèce d’ignorant imbécile qui à laissé ses salopris devant la porte. Je donne une bonne poussé et les dites salopris, sois en l’occurrence des souliers à priori appartenant à un certain roux sans manière vus leur côté crade, déguerpirent dans leur coin et je mets finalement le pied dans la piaule.
Je ferme la porte avec le plus de délicatesse que ma patience et mon humeur le permet, et me prends une bonne bouffer de boucane tranquillisante pour soufflé un bon coup. C’est pas si mal. Personne n’est mort, ce n’est que des chaussures, un oublie rien de plus. Si on enlève le fait que j’ai manqué me retrouver avec le visage en carpette sur la porte, c’est pas si mal. Misère vive le moment ou je rejoindrais les profondeurs de mon lit. J’suis pas d’humeur là. Je défais en grognant mes souliers que MOI je prends la peine de tasser du chemin d’un coup de pied. Trouvons ma chose qu’on en finisse.
MISÈRE DES ENFERS C’EST QUOI ENCORE !!!
Je me rattrape de justesse contre le mur afin de garder toute ma dignité et parviens à ne pas me retrouver le nez écrasé contre le plancher ma fois plutôt crasseux. Je ferme les yeux et me pince l’arrête du nez pour garder contenance. Il en reste pas long kass, t’en a pas long à endurer. J’attrape ce qui traîne sur le plancher pour trouver le coupable de mon malheur. Malheureusement…
Dieu s’acharne sur moi.
Ma patience à des limites. Je m’apprête à faire subir les milles et une tortures à la personne qui viens tout juste de me percuter quand je rencontre deux grand yeux noisette semi caché par un casquette beaucoup trop grande pour ça petitesse me regarder avec surprise. La douche froide. Mon humeur bouillante d’une seconde avant vient tout juste de s’évaporer et je laisse même un p’tit sourire amusé m’éclaircir le visage.
«- Hey.» Que je lâche.
On s’accroche à mon coup avec entrain et me reproche ma longue absence. Évidemment, comme si j’avais pu passer à côté de la reproche. J’observe ma chose pleine de vitalité et souris sincèrement heureux de la voir rayonné de bonheur. Tu le mérite d’être heureuse la sœur.
«- Désolé du retard Lou et, bonne fête encore. »
Je l’embrasse sur le joue tout en faisant tomber la casquette trop grande pour la remplacer pour une toute neuve.
«- Tiens, celle-là te va beaucoup mieux.»
Elle l’enlève de ça tête et la regarde sous toute les coutures, un sourire surexcité imprégné sur le visage. Évitons de lui dire que je ne l’ai pas choisis tout seul, ça gâcherais le beau tableau. Je lui ébouriffe les cheveux et récupère la casquette tomber, autant ne plus rien laisser traîner ça deviens dangereux. La présence de ma p’tite chose ma remis de bonne humeur….. Mais je dois tout de même lâcher un mot à cette imbécile d’animal roux incompétent de mes deux. Je laisse la sœur qui part montrer son nouveau cadeau à la première pauvre personne qui ce retrouveras sur son chemin.
« - HEY T’ES EN RETARD ! » Qu’on me lance d’un joli coussin couleur brun délavé.
Vraiment quel ambiance hein ? Bonjour l’accueille. Je sers les dents et me retourne vers l’agresseur malchanceux. Non sincèrement les gens ne savent pas ou sont leur place dans ce monde. Surtout s’il me reproche le retard qu’ils m’ont imposé. Traîtres imposteurs, je vous revaudrais ça.
« - Franchement Flanagan tu frôle la mort en ce moment. » Lui dis-je le plus calmement possible.
Il hausse les épaules avec un sourire, fière de lui. Je ne le serais pas à ta place sale imbécile sans cervelle. J’observe l’autre blondinet à côté de lui, le sourire béat – c’est ici que l’on peut constater que Ted n’est pas charmant sur toute les coutures ou du moins surtout pas quand il est bourré – rivé sur ça caméra. Encore en train de regarder ça. Il s’en lasse pas, c’est sur. Je lance un sourire moqueur à Flynn qui perd vite le siens. De toute évidence il préfèrerait que j’ignore ce qui ce retrouve sur cette bande. Je laisse les deux idiots à leurs idioties c’est le cas de le dire et par à la rechercher de mon dit animal dépravé.
Je reprends mes recherches vers la cuisine, le salon déjà bien comblé. Mais à peine rendu que je peux entendre la claire voix monstrueuse de la tante Suzanne cracher ce qui me semble être des injures en allemand. Je passe un coup d’œil par la cuisine pour faire face à un spectacle plutôt désastreux. C’est comme si l’on avait tenté de créer un décor moderne à l’aide de jaune d’œuf et de farine. Y’a deux p’tites bestioles qui cours autour de la table en ce courant l’un après l’autre, une cuillère de bois emplis de mixture non identifié à la main et d’un autre coté y’a Sue sur le four tentant d’en chopper un tout en s’occupant d’un chaudron qui ma foie passe un vrai quart d’heure. J’en attrape un par la manche alors que l’autre me percute.
« - Hé bien voyons voir ce que je viens de dégoter pour le souper. » Que je lâche d’un sourire malsain.
« - Retraire Soldat nous somme cerné !!! » s’exclame Benji.
« - Oui mon cap’taine. »
Brian passe rapidement entre mes jambes. Alors que je tante vainement de l’attraper, benji me file entre les doigts tout deux détalant à toute vitesse dans le salon. C’est beau d’être jeune. Ho galère tout ça me rappelle que je commence à me faire vieux. Dire que mini moi atteint déjà c’est treize ans.
« - Hey tante Sue.» Je la salut d’une embrassade sur la joue.
« - Ha c’est toi Kass ! » Me lâche telle soulagé qu’on est enfin prit la peine de lui débarrasser de ses deux monstres. « Contente de te voir mon grand, et éteint moi ce machin veux-tu ?»
Dans le genre « Ne me contredisez pas » Suzanne est la meilleur. Je ne sais pas si c’est le fait qu’elle soit plutôt grande au visage carré et aux yeux froid ou encore l’âge qu’il lui donne cette aire dure mais une chose est sur on ne tente pas de s’attirez son courroux. Seul les jumeaux si risque vraiment, mais je dois avouer qu’ils ne sont pas un cadeau les monstres.
J’écrase ma clope sur le rebord de la fenêtre et jette le cadavre dans la rue. Je range un peu la table qui ce retrouve dans un bordel pas possible et vide le comptoir. J’en profite pour me prendre un pomme au passage, c’est que j’ai vachement faim là et m’accote contre le comptoir.
« - z’avez d’jà mangé dit ? » Que je lâche entre deux bouchés.
« - Les p’tits ont mangé depuis un bout, mais les autres vous attendaient, du moins je crois bien que certain on abandonner l’idée de manger. » qu’elle termine en faisant sans aucun doute allusion aux deux bourrer dans le salon.
« - Vous ? Stan, il est pas encore rentré ? » Que je lui réponds plutôt étonné.
Impossible l’imbécile à manquer me tuer par deux fois de façon indirecte. Quand on y pense c’est grave la. Dire que j’ai faillis mourir par deux fois et les deux on été causé par cette animal. Il faut croire que je suis maudit et destiner à mourir de ça main.
« - Il vient de rentré. Il est à la salle de bain je crois. »
Je me dirige immédiatement vers cette dernière, jetant au passage mon cœur de pomme à la poubelle, ça casquette et son manteau en main. Pas possible cet animal des fois. J’ai des comptes à lui rendre à la chose sans cervelle. Je frappe deux bons coups à la porte.
« - Hey l’imbécile ouvre moi la porte j’ai à te parler. C’est à toi le …..»
Je m’arrête pour attraper le manteau question de simplement l’identifier comme étant vraiment à cette chose débile mais quelque chose attire mon attention et je stop ma phrase une seconde ou deux. La manche de son manteau est complètement finie. On aurais dit qu’on l’avais l’acérer à coup de couteau et le sang encore frai et beaucoup trop abondant qui l’imbibe m’indique que c’est pas une mince affaires. Je donne des plus grands coups sur la porte, limite entre la rage, l’impatience et l’inquiétude serte.
« - Hey le débile ouvre cette foutue porte ou je la défonce ! Et tu sais que je peux le faire.»
J’attends quelque seconde et ma patience lâche je frape un bon coup sur la porte et manque de me péter les doigts. Lorsque j’arrive pour frapper une autre fois la porte finis par s’ouvrir sur un roux à l’aire livide, les épaules coincer qui démontre bien le stress qu’il subie en ce moment même, les cheveux en bataille et de toute évidence le chandail rapidement enfiler.
« - QUOI ! »
Je lève un sourcil et le fixe longuement comme si ça question était d’une débilitée profonde. Je vois que ça colère ce décompose lentement et plus encore lorsque je lui montre la manche de son manteau. La il est vert le gamin. Je jette un rapide coup d’œil derrière moi. L’ambiance est à la fête personne ne porte vraiment attention a nos deux personnes. J’en profite et pousse le roux dans la salle de bain et referme la porte derrière moi.
Je souffle un coup, délaisse négligemment le manteau et la casquette dans le fond du bain alors que je me défais de mon propre manteau détrempé. Je m’assois sur le rebord du bain et tant le bras.
« - Aller montre moi.»
Il fait mine un instant de ne pas comprendre de quoi je parle, mais change finalement d’idée alors que je lui jette un regard noir particulièrement impatient. En ce moment mon taux de patience est de zéro, donc le mieux pour lui est de simplement faire ce que je lui demande, chose que Stan comprend généralement très vite.
Il s’assoit sur la toilette en face et me tend son bras. Je soulève lentement ça manche la remontant jusqu’au coude et découvre une espèce de bandage placer à la vas vite, de façon très primitif. Je soupire de découragement. Espérait-il vraiment guérir avec des soins aussi médiocres. Le tissu est légèrement imbiber de sang ce qui n’est serte pas bon signe. Avec lenteur je défais le bandage.
« - Bordel Stan qu’est-ce que t’a fait ? »
Il tente de reprendre son bras et je le retiens par réflexe ce qui le fait grimacer. La plait est vraiment béante. Pas assez net pour que ce sois un couteau mais plutôt des éclats de verres ou quelque chose d’aussi coupant. Je m’approche d’un peu plus près et retrouve quelque résidu non identifier pris dans la plait. Il avait l’intention de guérir avec ça dans le bras ? Je soupire longuement et tente de trouver des trucks utiles dans la commode. Je passe une serviette sous l’eau, attrape des bandages neufs, des pinces, des onguents, tout ce qui peux m’être utile. C’est plutôt pratique d’avoir une amie aillant une bonne maîtrise de la médecine. Surtout de lui avoir servis de cobaye plus d’une dizaine de fois, je devrais m’en sortir sans problème.
« - Prend un grands respire ça vas faire mal. »
Ça mâchoire ce crispe et il se tend. Je nettoie rapidement la plait et lui enlève toute les résidus alors qu’il ce mange le point pour ne pas chigner. Je finis par lui mettre de quoi l’aider à guérir et lui refais un bandage digne de ce nom. Je lui replace lentement son chandail et le regarde droit dans les yeux. Il est évident qu’il ne me dira pas ce qu’il le tracasse, du moins pas maintenant. Pour que Stan ce retrouve avec une telle tronche c’est que ce n’est pas rien. Son regard fuyant et son mutisme ma fois qui me semblait jusqu’à aujourd’hui impossible en dit long.
Je soupire, bien que ça me chicotte énormément je me résigne à ne rien lui demander. Pour une raison que j’ignore, j’ai la sale impression d’y être pour quelque chose. Cette espèce de sensation que l’on a lorsque l’on ce sens impuissant devant une situation. Bordel que j’m’en serais voulu si c’avait été pire encore. Voulue de quoi ? Je sais trop rien, mais je me sens pas calme pour deux sous. Je passe une main dans ses cheveux pour les replacer un peu.
« - Ne t’appuis pas trop dessus, demain je demanderais à Delphy de regarder ça. »
Il baisse la tête, m’évite. Ça m’énerve. Quoi y’a pas de quoi m’éviter après tout. Peux importe la situation je ne crois pas avoir quoi que ce sois à lui reprocher. Ma fois ça m’inquiète énormément. Tu ne m’aide pas le grand. Il pense beaucoup trop. Il se noie carrément dans son problème. Combien je paris qu’il met tout à l’extrême, qu’il réfléchie de travers. Je soupire et passe un main derrière ça nuque pour qu’il me regarde.
« - Hey fait pas cette tête débile, y’a pas de quoi. T’a pas à t’inquiété, quoi que ce sois y vas rien t’arrivé ici. Aller viens, on va manger de quoi ça vas te remonter. »
J'ai beau l'incité il ne bronche pas d'un pouce. Je l'observe avec intensité voyant qu'il manque bien de cracher le morceau. Ma curiosité me demande de le pousser a bout et ma conscience de le laisser tranquille. Seulement le voir aussi tourmenté me mets sur les nerfs. J'attrape son visage entre mes deux mains pour qu'il me regarde droit dans les yeux.
« - Hey stan ......»
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|| Je hais les femmes comme je les baises ||



Kassim Shelley- Messages: 93
Date d'inscription: 21/02/2008
Age: 20
Re: Joyeux annif, la Reine.
Une fois la porte refermée derrière moi, mon masque tombe, fissuré de toutes parts. C’était moins une.
Penché au dessus de l’évier, auxquels contours je m’appuie tout comme si mon équilibre en dépendait, je suis pris de nausées, alors que le stress est tombé. Pour peu, j’en tremble presque. Effets secondaires, je suppose. Je crois que mon corps rejette violemment toute la pression qui lui a été imposée au cours des dernières heures ; il n’a pas l’habitude de cette cadence infernale, ça l’a mis sens dessus dessous1.
J’ouvre la champlure à plein jet et m’asperge le visage d’eau froide, histoire de reprendre mes esprits. Faute d’avoir le temps de me doucher, faudra faire avec les moyens du bord.
« Du siehst scheiße aus, Spezi2… », je confie à mon reflet dans la glace, maussade.
Il est bien triste le portrait qui se dessine dans le miroir, quand je lève les yeux sur ma bouille amochée. L’œil rougi, la joue éraflée, la lèvre boursouflée, sans parler de la suie qui s’est étampée sur mon visage, à demi effacée par l’eau et la pluie, ou même ma crinière en bataille – qu’est-ce que je raconte, c’est la troisième guerre mondiale, là-dedans... Je constate que les dégâts sont plus apparents que je l’aurais cru. Pour un jour de fête, je dois admettre que je n’ai pas trop bonne mine. C’est bien ma chance que Lucy ait la tête aux festivités, et que tante Sue soit bouquée à la cuisine. Vous savez comment sont les filles : elles ont la touche lorsqu’il s’agit de noter les détails insignifiants, en particulier lors de situations compromettantes. (Rappelez-moi de vous en parler, une autre fois peut-être.)
Quant à mes vêtements, je n’en donne pas cher non plus, ils sont en loques, carrément. Pas seulement mon jean troué au genou, à la rigueur, ça lui donne un certain style ; c’est plutôt l’état dans lequel se trouve mon sweat qui me contrarie, avec son empreinte de sang encore fraîche, il est tout simplement irrécupérable. À propos, je m’en départis sans plus tarder, et ce avec les précautions nécessaires à ne pas empirer l’état de la plaie. Une odeur de feu parvient à mon odorat, imprégnée dans le vêtement. Raison de plus pour faire disparaître toute trace de l’incident survenu ; avec un pincement au cœur, j’envoie mon pull droit à la poubelle.
Le moment venu de m’attaquer à la blessure sur mon bras, je dois reconnaître que le cœur me manque. C’est pas joli joli, et la vue de la chair à vif me met étrangement mal à l’aise. Je soupçonne des éclats de vitre ou de métal de s’y être pris, et d’ailleurs cette hypothèse demeurera non confirmée, car je n’ai pas le courage de l’inspecter de plus près. Pour la peine, je rince la plaie sous le jet d’eau, non sans grimacer. Le fond de l’évier se teinte de rouge…
…Et moi, bien, je perds un peu plus de mes couleurs.
De l’autre côté des murs de carton qui m’isolent – c’est un bien grand mot – du reste de l’appartement, j’entends depuis le vestibule la fêtée pousser une exclamation réjouie. On ouvre alors la porte d’entrée. Pas qu’elle soit tellement bruyante ; je le sais, parce que le nouvel arrivant peste délibérément… contre une certaine paire de chaussures laissées dans l’entrée qui bloquent la porte. Cela n’aurait pas de quoi me surprendre s’il s’agissait de la voix grincheuse du vieux Mel. Excepté que ce n’est pas le cas.
Pour que Shelley soit aussi ravie de l’arrivée de quoi que ce soit, il ne peut s’agir que d’une personne.
Celle que je redoute par dessus tout, naturellement : son frère, Kassim. Pendant une minute, je dois avouer que j’envisage réellement de filer par la fenêtre, faute d’avoir meilleure alternative à portée. Or, je n’ai pas non plus envie de me couvrir davantage de honte en survivant à la chute, ou encore de faire la une du Times demain matin pour une mort aussi bête – à moitié nu, en plus de ça. Justement, j’enfile mon nouveau pull à toute vitesse. (Et à l’envers, je le crains.)
Je jure entre mes dents – croyez-moi, je ne ménage pas mes paroles. Et j’ai beaucoup d’imagination.
Non, je refuse qu’il voie ça. Et je refuse d’admettre que j’ai merdé, encore, et cette fois plus que jamais.
J’ai comme à son égard un orgueil démesuré… pour ce qu’il me reste de ma dignité, en tout cas.
Je colle donc mon oreille à la porte : je l’entends se diriger vers la cuisine, discuter avec Susanne.
« ….Il est pas encore rentré? » Je présume que c’est de moi qu’on s’enquiert.
« Il est à la salle de bains, je crois. » Et je confirme que c’est bel et bien le cas.
Scheiße. Merci pour le tuyau, la tante, vraiment. Mets ça sur ton ardoise, je te revaudrai ça.
Les pas se rapprochent, si bien que seule l’épaisseur de la porte nous sépare, au moment où je prends pleinement conscience d’à quel point je suis pris à la gorge. Alors, je me rue sur la trousse de premiers soins, rangée dans la pharmacie – d’une nature malhabile, ou malchanceuse, je ne saurais dire, non seulement j’arrache la porte de l’armoire, ma foi d’une résistance des plus surprenantes ; je dois bien renverser plus de la moitié de son contenu par terre et dans l’évier, dans ma hâte, et le vacarme est épouvantable. Pas de quoi mettre la puce à l’oreille, ça non.
Deux grands coups font vibrer la porte. Je sursaute : un récipient de médicaments se renverse.
Scheiße. Scheiße. SCHEIßE !!
« …Ouvre la porte, j’ai à te parler. » Évidemment, il ne s’agit pas d’une suggestion.
La bobine de pansement se défait dans mes mains, se déroule à mes pieds. Tout va de travers, vraiment.
Je tremble, j’ai les idées qui s’embrouillent et le rythme cardiaque qui perd les pédales. J’ai atteint mon quota de stress pour la journée, je sens que suis à veille de flancher. D’ailleurs, j’ai comme un regard envieux pour les cachets de calmants qui se sont répandus à terre, tandis que je fouillais la pharmacie.
« Ouvre cette foutue porte, ou je la défonce! Et tu sais que je peux le faire. »
…Von ganzem Herzen, schleich dich3 .
Je ramasse tout le calme dont je suis capable – et le dégât que j’ai fait, en même temps, que je fourre tout de travers sur les tablettes – et m’efforce de rendre mon ton assuré, sans trop de succès :
« Mais putain, casse-toi! J-j’ai rien à te dire! »
Sans m’embarrasser d’un sens pratique ou esthétique, je momifie mon avant-bras dans un temps record, déchirant le surplus de tissu avec mes dents – la classe, je vous assure. Après quoi j’ai à peine le temps de compter trois bateaux, la porte est enfoncée d’un coup d’épaule. Je maudis cette maison en ruines.
Le Kass qui se trouve devant moi ne semble pas particulièrement d’humeur ravissante. (Non, sans rire?)
« …QUOI! » que je beugle, un tantinet sur la défensive. Non, je n’ai surtout pas l’air gêné de sa présence. Et il ne jette surtout pas un œil intrigué sur le gâchis que j’ai fait avec le contenu de la pharmacie. Rien de tout ça, évidemment. J’en profite pour passer mon bras endolori derrière mon dos, pour m’assurer que la manche est complètement descendue. La subtilité, quoi. « Ben? T’as un problème, peut-être? »
Le regard qu’il me coule est lourd de sous-entendus affirmatifs. Pour appuyer le tout, et sans mot dire, il me brandit ce qu’il a à la main, ne me quittant pas des yeux. Il sonde ma réaction.
Sous mon nez : mon jacket, déchiré et taché de sang ; ma casquette, elle aussi noircie par la Détonation.
À ce moment-là, je sens la minuscule, quasi-inexistante chose qui me fait office de modestie prendre ses jambes à son cou sans crier garde ; à ce moment-là, aussi, je réalise à quel point je suis dans le pétrin.
Au point de non-retour.
Penché au dessus de l’évier, auxquels contours je m’appuie tout comme si mon équilibre en dépendait, je suis pris de nausées, alors que le stress est tombé. Pour peu, j’en tremble presque. Effets secondaires, je suppose. Je crois que mon corps rejette violemment toute la pression qui lui a été imposée au cours des dernières heures ; il n’a pas l’habitude de cette cadence infernale, ça l’a mis sens dessus dessous1.
J’ouvre la champlure à plein jet et m’asperge le visage d’eau froide, histoire de reprendre mes esprits. Faute d’avoir le temps de me doucher, faudra faire avec les moyens du bord.
« Du siehst scheiße aus, Spezi2… », je confie à mon reflet dans la glace, maussade.
Il est bien triste le portrait qui se dessine dans le miroir, quand je lève les yeux sur ma bouille amochée. L’œil rougi, la joue éraflée, la lèvre boursouflée, sans parler de la suie qui s’est étampée sur mon visage, à demi effacée par l’eau et la pluie, ou même ma crinière en bataille – qu’est-ce que je raconte, c’est la troisième guerre mondiale, là-dedans... Je constate que les dégâts sont plus apparents que je l’aurais cru. Pour un jour de fête, je dois admettre que je n’ai pas trop bonne mine. C’est bien ma chance que Lucy ait la tête aux festivités, et que tante Sue soit bouquée à la cuisine. Vous savez comment sont les filles : elles ont la touche lorsqu’il s’agit de noter les détails insignifiants, en particulier lors de situations compromettantes. (Rappelez-moi de vous en parler, une autre fois peut-être.)
Quant à mes vêtements, je n’en donne pas cher non plus, ils sont en loques, carrément. Pas seulement mon jean troué au genou, à la rigueur, ça lui donne un certain style ; c’est plutôt l’état dans lequel se trouve mon sweat qui me contrarie, avec son empreinte de sang encore fraîche, il est tout simplement irrécupérable. À propos, je m’en départis sans plus tarder, et ce avec les précautions nécessaires à ne pas empirer l’état de la plaie. Une odeur de feu parvient à mon odorat, imprégnée dans le vêtement. Raison de plus pour faire disparaître toute trace de l’incident survenu ; avec un pincement au cœur, j’envoie mon pull droit à la poubelle.
Le moment venu de m’attaquer à la blessure sur mon bras, je dois reconnaître que le cœur me manque. C’est pas joli joli, et la vue de la chair à vif me met étrangement mal à l’aise. Je soupçonne des éclats de vitre ou de métal de s’y être pris, et d’ailleurs cette hypothèse demeurera non confirmée, car je n’ai pas le courage de l’inspecter de plus près. Pour la peine, je rince la plaie sous le jet d’eau, non sans grimacer. Le fond de l’évier se teinte de rouge…
…Et moi, bien, je perds un peu plus de mes couleurs.
De l’autre côté des murs de carton qui m’isolent – c’est un bien grand mot – du reste de l’appartement, j’entends depuis le vestibule la fêtée pousser une exclamation réjouie. On ouvre alors la porte d’entrée. Pas qu’elle soit tellement bruyante ; je le sais, parce que le nouvel arrivant peste délibérément… contre une certaine paire de chaussures laissées dans l’entrée qui bloquent la porte. Cela n’aurait pas de quoi me surprendre s’il s’agissait de la voix grincheuse du vieux Mel. Excepté que ce n’est pas le cas.
Pour que Shelley soit aussi ravie de l’arrivée de quoi que ce soit, il ne peut s’agir que d’une personne.
Celle que je redoute par dessus tout, naturellement : son frère, Kassim. Pendant une minute, je dois avouer que j’envisage réellement de filer par la fenêtre, faute d’avoir meilleure alternative à portée. Or, je n’ai pas non plus envie de me couvrir davantage de honte en survivant à la chute, ou encore de faire la une du Times demain matin pour une mort aussi bête – à moitié nu, en plus de ça. Justement, j’enfile mon nouveau pull à toute vitesse. (Et à l’envers, je le crains.)
Je jure entre mes dents – croyez-moi, je ne ménage pas mes paroles. Et j’ai beaucoup d’imagination.
Non, je refuse qu’il voie ça. Et je refuse d’admettre que j’ai merdé, encore, et cette fois plus que jamais.
J’ai comme à son égard un orgueil démesuré… pour ce qu’il me reste de ma dignité, en tout cas.
Je colle donc mon oreille à la porte : je l’entends se diriger vers la cuisine, discuter avec Susanne.
« ….Il est pas encore rentré? » Je présume que c’est de moi qu’on s’enquiert.
« Il est à la salle de bains, je crois. » Et je confirme que c’est bel et bien le cas.
Scheiße. Merci pour le tuyau, la tante, vraiment. Mets ça sur ton ardoise, je te revaudrai ça.
Les pas se rapprochent, si bien que seule l’épaisseur de la porte nous sépare, au moment où je prends pleinement conscience d’à quel point je suis pris à la gorge. Alors, je me rue sur la trousse de premiers soins, rangée dans la pharmacie – d’une nature malhabile, ou malchanceuse, je ne saurais dire, non seulement j’arrache la porte de l’armoire, ma foi d’une résistance des plus surprenantes ; je dois bien renverser plus de la moitié de son contenu par terre et dans l’évier, dans ma hâte, et le vacarme est épouvantable. Pas de quoi mettre la puce à l’oreille, ça non.
Deux grands coups font vibrer la porte. Je sursaute : un récipient de médicaments se renverse.
Scheiße. Scheiße. SCHEIßE !!
« …Ouvre la porte, j’ai à te parler. » Évidemment, il ne s’agit pas d’une suggestion.
La bobine de pansement se défait dans mes mains, se déroule à mes pieds. Tout va de travers, vraiment.
Je tremble, j’ai les idées qui s’embrouillent et le rythme cardiaque qui perd les pédales. J’ai atteint mon quota de stress pour la journée, je sens que suis à veille de flancher. D’ailleurs, j’ai comme un regard envieux pour les cachets de calmants qui se sont répandus à terre, tandis que je fouillais la pharmacie.
« Ouvre cette foutue porte, ou je la défonce! Et tu sais que je peux le faire. »
…Von ganzem Herzen, schleich dich3 .
Je ramasse tout le calme dont je suis capable – et le dégât que j’ai fait, en même temps, que je fourre tout de travers sur les tablettes – et m’efforce de rendre mon ton assuré, sans trop de succès :
« Mais putain, casse-toi! J-j’ai rien à te dire! »
Sans m’embarrasser d’un sens pratique ou esthétique, je momifie mon avant-bras dans un temps record, déchirant le surplus de tissu avec mes dents – la classe, je vous assure. Après quoi j’ai à peine le temps de compter trois bateaux, la porte est enfoncée d’un coup d’épaule. Je maudis cette maison en ruines.
Le Kass qui se trouve devant moi ne semble pas particulièrement d’humeur ravissante. (Non, sans rire?)
« …QUOI! » que je beugle, un tantinet sur la défensive. Non, je n’ai surtout pas l’air gêné de sa présence. Et il ne jette surtout pas un œil intrigué sur le gâchis que j’ai fait avec le contenu de la pharmacie. Rien de tout ça, évidemment. J’en profite pour passer mon bras endolori derrière mon dos, pour m’assurer que la manche est complètement descendue. La subtilité, quoi. « Ben? T’as un problème, peut-être? »
Le regard qu’il me coule est lourd de sous-entendus affirmatifs. Pour appuyer le tout, et sans mot dire, il me brandit ce qu’il a à la main, ne me quittant pas des yeux. Il sonde ma réaction.
Sous mon nez : mon jacket, déchiré et taché de sang ; ma casquette, elle aussi noircie par la Détonation.
À ce moment-là, je sens la minuscule, quasi-inexistante chose qui me fait office de modestie prendre ses jambes à son cou sans crier garde ; à ce moment-là, aussi, je réalise à quel point je suis dans le pétrin.
Au point de non-retour.
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1 J’aimerais bien vous y voir, vous qui sans doute vous imaginez déjà que je suis une petite nature… Bon, c’est pas complètement faux. Mais Mutter Natur m’a fait comme ça, c’est quand même pas ma faute.
2 Traduction : « T’as une sale gueule, vieux… »
3 Traduction : « … ». Navré, une censure s’impose. N’allez tout de même pas croire que je vais vous instruire de pareilles sottises, vous me prenez pour qui, franchement?
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 30.11.09 19:22, édité 3 fois
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
L'As♢ || Trump Card.- Messages: 296
Date d'inscription: 15/01/2008
Age: 16
Re: Joyeux annif, la Reine.
...Vous savez quoi? Je sens que je vais être malade si les choses continuent de se présenter à ce rythme. Alors qu’il referme la porte derrière lui, prenant le contrôle de cette situation qui m’échappe un peu trop à mon goût, moi, j’ai le curieux réflexe de prendre mes distances : je m’accule moi-même au mur, pour tout vous dire. Oh, mais mon attitude ne trahit évidemment pas mon malaise, c’est clair4.
Je décide de changer de tactique : je suis prêt à reconnaître ma défaite, mais rien n’implique que je doive la justifier, ni la préciser. À cette idée, je prends un peu sur moi-même (et m’évite par la même occasion une crise d’hyperventilation, par exemple). Et puis, je me suis déjà tiré d’affaires bien pires avec encore moins que ça dans ma manche…
…Façon de parler.
Comme le gars se prend pour le boss des bécosses, et c’est le cas de le dire, il se met à son aise, dans la mesure où c’est chose possible dans une salle de bain, et s’assied au bord de la baignoire devant moi, après s’être débarrassé de ses pièces à conviction. Je suis invité à siéger à la barre – ou disons la toilette. En suite de quoi M’sieur le Procureur requiert le témoignage de l’accusé5.
« Allez, montre-moi. » Une main inquisitrice réclame une certaine partie de mon anatomie6.
Pff. Cours toujours. Ça, c’est mon orgueil qui parle. Mon instinct de survie me dicte plutôt de ne pas argumenter et met mon cerveau en pilote automatique. Finalement, je lui tends malgré moi mon bras. Mais surtout, surtout, je m’abstiens de tout commentaire. Après tout, quelques égratignures n’en disent pas si long que ça sur la nature de mes mésaventures. Qu’il en tire conclusion par lui-même, s’il veut se jouer les inspecteurs « Cher Loques-Homme ».
Tandis que lui s’affaire à découvrir ma plaie pansée, résultat d’un travail professionnel, je m’abîme dans la contemplation de… tout ce qui se trouve dans mon sillage, en fait ; qu’il s’agisse du rideau de la baignoire aux imprimés kitschs à souhait, de la céramique saumon qui date du siècle dernier, en plus d’être crasseuse et à demi décollée du sol – c’est un penny que je vois, là dessous? – ou même du robinet qui goutte avec un tout petit « ploc » ma foi, agaçant dans le fond de l’évier… Tout devient une source de distraction, le temps qu’il en finisse avec sa besogne d’apprenti toubib – c’est la journée des métiers, dites-donc – bref, tout pour ne pas m’intéresser à Kass, en somme. Parce que de croiser son regard et lui tenir tête impliquerait avant tout que je consente à coopérer, et ça, ça demeure hors de question.
« Bordel, Stan… Qu’est-ce que t’as fait? »
Toujours sans lui rendre son regard, et surtout parce qu’il emploie un ton accusateur, et que j’ai horreur qu’on me traite en gamin, je hausse négligemment des épaules, mine de rien.
« J’te l’ai dit, tu perds ton temps », je déclare, décidé à ne rien céder. En foi de quoi je ramène mon bras vers moi, irrité. « J’ai toujours rien d’plus à te dire et pis… » Il ne me laisse pas compléter ma phrase. De toute évidence, il semble que même mon bras ne soit plus ma propriété : il s’en saisit à nouveau pour reprendre son labeur, sans trop de délicatesse. Quant à moi, non sans piétiner mon honneur déjà méchamment saboté, je rends les armes, ou plutôt c’est mon bras gauche dont il est question.
Merci de m’infliger cette nouvelle vague de douleur, t’es trop sympa. Magne-toi, qu’on en finisse.
S’il y a bien une personne qui ait un don inouï de me faire sentir à quel point mes paroles n’ont pas le moindre impact, c’est bien ce type. Je suis plutôt entêté dans mon genre, sauf qu’avec Kass, je ne sais que trop bien que la lutte est perdue d’avance ; ça ne m’empêche toutefois pas d’essayer de le braver. Disons à l’occasion. Parfois, mettons rarement... Pas trop souvent. (Ou même, jamais.)
Il veut toujours faire les trucs à ma place, et ça m'emmerde au plus haut point. Surtout parce qu'il le sait et que ça lui passe six pieds par dessus la tête. Tout comme ça ne semble pas l’atteindre le moins du monde que je passe un sale quart d’heure. Semblerait-il qu’il prenne grand plaisir à déminer mon avant-bras avec une minuscule pince à épiler. C’est de la torture, je m’en serais privé volontiers. J’ignore d’ailleurs ce qui me retient de lui envoyer un bon coup de pied en plein dans le tibia… si ce n’est que je suis trop crispé de douleur pour me concentrer sur autre chose que l’instrument qui me charcute le poignet.
Dans tous les cas, il semble trop occupé pour m’interroger. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Je profite de son silence pour m’évader quelque part dans ma tête, le temps qu’il achève son boulot. Avec tout ça, j’en avais presque mis de côté mes soucis. Sauf que rien qu’à évoquer le sujet, j’y replonge tête première.
Une question, toujours la même, me trotte en tête. Elle me brûle les lèvres. Le démon, le foutu démon…
Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai l’impression qu’il en a conscience ; son regard cherche encore le mien, et moi je demeure évasif. Mon calvaire achève, si ça se trouve, je serai tiré d’affaire sous peu.
D’ailleurs, sa main qui m’ébouriffe les cheveux me rappelle à l’ordre. Tiens, c’est pas enfin terminé, si?
Après quoi j’ai droit aux conseils du doc privé, et il semble qu’il m’invite à prendre congé de ses services. En guise de réponse, je n’ai qu’un sourire sans joie, pour ainsi dire, le cœur n’y est pas. La tête non plus. Je me cale plutôt dans l’amertume de ma défaite en attendant qu’il dispose – ou qu’il me relâche.
Sur une note finale, bizarrement, il tente plutôt de se faire… rassurant? Minute, je suis viré toc ou quoi?
« T’as pas à t’inquiéter. Quoi que ce soit, il va rien t’arriver ici. »
Et c’est seulement lorsque je me demande, « pourquoi il fait tout ça, au fait? il a oublié d’me gronder? », que je réalise petit à petit que mon appréhension a fini par foutre le camp, elle aussi. En bout de ligne, il ne me reste plus que ma mauvaise conscience, bien qu’elle soit la plus traîtresse de toutes.
…Et si on récapitulait.
J’ai d’abord gaffé. Puis j’ai échoué, en double, le comble. Face à moi-même, face à lui aussi. Et à présent, je suis sur le point d’abandonner, carrément. Peut-être parce que je n’ai plus grand chose à perdre.
« Allez viens, on va aller manger un morceau, ça va te remonter. »
À ce sujet, tout le monde doit être passé à table, car la fête ne bat plus son plein, de l’autre côté. Je ne perçois plus la voix de Sue qui s’emporte contre les jumeaux, ni leur tapage. C’est peut-être un signe qu’il est temps de passer à autre chose…
Il a un geste pour se lever. À l’idée de me retrouver seul, sur le coup, je suis comme pris d’affolement. De réflexe, mes lèvres s’entrouvrent pour protester, pour le retenir, mais à peine une syllabe leur échappe-t-elles que ma voix casse. C’est foutu, j’ai la gorge nouée d’anxiété. Et le manège repart.
Se présente un nouveau dilemme : passer mon fardeau ou l’assumer en seul responsable que je suis? Dans un cas comme dans l’autre, je dois décharger ma conscience, je vais péter un plomb et j’ignore quelle tournure prendra cette situation.
Comment peut-on vivre avec la crainte d’avoir pris la vie d’un homme… sans le vouloir?
« Hé Stan… »
Deux mains se saisissent de mon visage pour me faire relever la tête. Puis de mes épaules, comme pour me remuer de mon état d’apitoiement. Le tout pour finalement m’obliger à établir un contact visuel. Je crois qu’à ce moment-là, je suis bien forcé de reconnaître que le rapport entre lui et moi ne devrait non seulement pas être basé sur la méfiance ; je réalise également que dans la situation où je me trouve, c’est moi l’enfant, et lui l’adulte.
Je me prends la tête entre les mains, dépassé par mon propre raisonnement. Enfin, je dois concéder que la peur, sous quelle forme qu’elle soit, l’emporte tant bien que mal. Après avoir tourné ma langue au moins sept fois, sinon plus, je souffle un bon coup… et je me lance. Tant pis pour le reste, tant pis si je perds le fil en chemin, j’improviserai.
« Bon, comment t'expliquer, je commence mal assuré. Mettons qu’aujourd’hui, j’ai fait une grosse bêtise. Sauf que ça, tu t’en doutes pas mal, hein. » J’ignore si à ce jour, je l’ai déjà vu adopter un air aussi grave en m'écoutant, mais chose certaine, c’en est presque intimidant. Toujours en proie à l’anxiété, je m’humecte les lèvres, et je poursuis non sans chercher mes mots. « Je… Y’a disons un truc qui m’bilote un max, j’t’explique. Y faut que tu m’dises, au sujet des magiciens, et pis des démons… Supposons, et c’n’est qu’une hypothèse, c’pas? Supposons que, ben t’sais, quand ils y passent, les magos… » Il n’a pas trop l’air de me suivre. Je m’évertue de reformuler sans m’impatienter. « Quand les magiciens meurent, tu piges? Bon, j’sais que ça a p’tête l’air d’une ben bizarre de question… » Il doit me voir venir 100 milles à l’heure, je m’en doute. Son expression se transforme lentement en… quelque chose que je n’arrive pas tout à fait à cerner. Je ne suis plus tout à fait certain s’il est toujours concentré sur ce que je raconte, son regard va à la dérive pendant un moment. Mais rendu à ce point, tout ce qui m’importe est d’en venir à bout, qu’il soit attentif ou non. « Dans c’cas-là, dis-moi… y s’passerait quoi avec le démon? Tu vois c’que j’veux…? »
Il me fait signe de me taire. Sur le coup, je n’y pige pas grand chose. Je fronce les sourcils, incrédule. C’est une plaisanterie ou quoi? Cela dit, et à mon plus grand malheur, je n’ai qu’à suivre la direction que prend son regard pour que la lumière se fasse jusqu’à mon esprit. Tandis qu’il se redresse en silence, et qu’une vilaine boule d’anxiété se forme quelque part dans mon estomac, je réalise que sans doute depuis un moment déjà, on nous écoute de l’autre côté de la porte. Un bref échange de regards avec lui confirme que j’ai saisi l’allusion. Sa main se referme sur la poignée. Lorsqu’il ouvre la porte, notre espion n’a toujours pas bronché. Je me passe une main sur le visage, sidéré : c’est le comble de ma malchance.
Non seulement on a épié ma confession.
Je crois qu’il n’y a pas de mot pour témoigner de l’expression qu’arbore la jeune fille de treize ans qui se dresse devant nous, sinon qu'elle est scandalisée par la révélation à laquelle elle vient d’assister.
Cette journée est sans conteste la pire de toute mon existence.
Je décide de changer de tactique : je suis prêt à reconnaître ma défaite, mais rien n’implique que je doive la justifier, ni la préciser. À cette idée, je prends un peu sur moi-même (et m’évite par la même occasion une crise d’hyperventilation, par exemple). Et puis, je me suis déjà tiré d’affaires bien pires avec encore moins que ça dans ma manche…
…Façon de parler.
Comme le gars se prend pour le boss des bécosses, et c’est le cas de le dire, il se met à son aise, dans la mesure où c’est chose possible dans une salle de bain, et s’assied au bord de la baignoire devant moi, après s’être débarrassé de ses pièces à conviction. Je suis invité à siéger à la barre – ou disons la toilette. En suite de quoi M’sieur le Procureur requiert le témoignage de l’accusé5.
« Allez, montre-moi. » Une main inquisitrice réclame une certaine partie de mon anatomie6.
Pff. Cours toujours. Ça, c’est mon orgueil qui parle. Mon instinct de survie me dicte plutôt de ne pas argumenter et met mon cerveau en pilote automatique. Finalement, je lui tends malgré moi mon bras. Mais surtout, surtout, je m’abstiens de tout commentaire. Après tout, quelques égratignures n’en disent pas si long que ça sur la nature de mes mésaventures. Qu’il en tire conclusion par lui-même, s’il veut se jouer les inspecteurs « Cher Loques-Homme ».
Tandis que lui s’affaire à découvrir ma plaie pansée, résultat d’un travail professionnel, je m’abîme dans la contemplation de… tout ce qui se trouve dans mon sillage, en fait ; qu’il s’agisse du rideau de la baignoire aux imprimés kitschs à souhait, de la céramique saumon qui date du siècle dernier, en plus d’être crasseuse et à demi décollée du sol – c’est un penny que je vois, là dessous? – ou même du robinet qui goutte avec un tout petit « ploc » ma foi, agaçant dans le fond de l’évier… Tout devient une source de distraction, le temps qu’il en finisse avec sa besogne d’apprenti toubib – c’est la journée des métiers, dites-donc – bref, tout pour ne pas m’intéresser à Kass, en somme. Parce que de croiser son regard et lui tenir tête impliquerait avant tout que je consente à coopérer, et ça, ça demeure hors de question.
« Bordel, Stan… Qu’est-ce que t’as fait? »
Toujours sans lui rendre son regard, et surtout parce qu’il emploie un ton accusateur, et que j’ai horreur qu’on me traite en gamin, je hausse négligemment des épaules, mine de rien.
« J’te l’ai dit, tu perds ton temps », je déclare, décidé à ne rien céder. En foi de quoi je ramène mon bras vers moi, irrité. « J’ai toujours rien d’plus à te dire et pis… » Il ne me laisse pas compléter ma phrase. De toute évidence, il semble que même mon bras ne soit plus ma propriété : il s’en saisit à nouveau pour reprendre son labeur, sans trop de délicatesse. Quant à moi, non sans piétiner mon honneur déjà méchamment saboté, je rends les armes, ou plutôt c’est mon bras gauche dont il est question.
Merci de m’infliger cette nouvelle vague de douleur, t’es trop sympa. Magne-toi, qu’on en finisse.
S’il y a bien une personne qui ait un don inouï de me faire sentir à quel point mes paroles n’ont pas le moindre impact, c’est bien ce type. Je suis plutôt entêté dans mon genre, sauf qu’avec Kass, je ne sais que trop bien que la lutte est perdue d’avance ; ça ne m’empêche toutefois pas d’essayer de le braver. Disons à l’occasion. Parfois, mettons rarement... Pas trop souvent. (Ou même, jamais.)
Il veut toujours faire les trucs à ma place, et ça m'emmerde au plus haut point. Surtout parce qu'il le sait et que ça lui passe six pieds par dessus la tête. Tout comme ça ne semble pas l’atteindre le moins du monde que je passe un sale quart d’heure. Semblerait-il qu’il prenne grand plaisir à déminer mon avant-bras avec une minuscule pince à épiler. C’est de la torture, je m’en serais privé volontiers. J’ignore d’ailleurs ce qui me retient de lui envoyer un bon coup de pied en plein dans le tibia… si ce n’est que je suis trop crispé de douleur pour me concentrer sur autre chose que l’instrument qui me charcute le poignet.
Dans tous les cas, il semble trop occupé pour m’interroger. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Je profite de son silence pour m’évader quelque part dans ma tête, le temps qu’il achève son boulot. Avec tout ça, j’en avais presque mis de côté mes soucis. Sauf que rien qu’à évoquer le sujet, j’y replonge tête première.
Une question, toujours la même, me trotte en tête. Elle me brûle les lèvres. Le démon, le foutu démon…
Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai l’impression qu’il en a conscience ; son regard cherche encore le mien, et moi je demeure évasif. Mon calvaire achève, si ça se trouve, je serai tiré d’affaire sous peu.
D’ailleurs, sa main qui m’ébouriffe les cheveux me rappelle à l’ordre. Tiens, c’est pas enfin terminé, si?
Après quoi j’ai droit aux conseils du doc privé, et il semble qu’il m’invite à prendre congé de ses services. En guise de réponse, je n’ai qu’un sourire sans joie, pour ainsi dire, le cœur n’y est pas. La tête non plus. Je me cale plutôt dans l’amertume de ma défaite en attendant qu’il dispose – ou qu’il me relâche.
Sur une note finale, bizarrement, il tente plutôt de se faire… rassurant? Minute, je suis viré toc ou quoi?
« T’as pas à t’inquiéter. Quoi que ce soit, il va rien t’arriver ici. »
Et c’est seulement lorsque je me demande, « pourquoi il fait tout ça, au fait? il a oublié d’me gronder? », que je réalise petit à petit que mon appréhension a fini par foutre le camp, elle aussi. En bout de ligne, il ne me reste plus que ma mauvaise conscience, bien qu’elle soit la plus traîtresse de toutes.
…Et si on récapitulait.
J’ai d’abord gaffé. Puis j’ai échoué, en double, le comble. Face à moi-même, face à lui aussi. Et à présent, je suis sur le point d’abandonner, carrément. Peut-être parce que je n’ai plus grand chose à perdre.
« Allez viens, on va aller manger un morceau, ça va te remonter. »
À ce sujet, tout le monde doit être passé à table, car la fête ne bat plus son plein, de l’autre côté. Je ne perçois plus la voix de Sue qui s’emporte contre les jumeaux, ni leur tapage. C’est peut-être un signe qu’il est temps de passer à autre chose…
Il a un geste pour se lever. À l’idée de me retrouver seul, sur le coup, je suis comme pris d’affolement. De réflexe, mes lèvres s’entrouvrent pour protester, pour le retenir, mais à peine une syllabe leur échappe-t-elles que ma voix casse. C’est foutu, j’ai la gorge nouée d’anxiété. Et le manège repart.
Se présente un nouveau dilemme : passer mon fardeau ou l’assumer en seul responsable que je suis? Dans un cas comme dans l’autre, je dois décharger ma conscience, je vais péter un plomb et j’ignore quelle tournure prendra cette situation.
Comment peut-on vivre avec la crainte d’avoir pris la vie d’un homme… sans le vouloir?
« Hé Stan… »
Deux mains se saisissent de mon visage pour me faire relever la tête. Puis de mes épaules, comme pour me remuer de mon état d’apitoiement. Le tout pour finalement m’obliger à établir un contact visuel. Je crois qu’à ce moment-là, je suis bien forcé de reconnaître que le rapport entre lui et moi ne devrait non seulement pas être basé sur la méfiance ; je réalise également que dans la situation où je me trouve, c’est moi l’enfant, et lui l’adulte.
Je me prends la tête entre les mains, dépassé par mon propre raisonnement. Enfin, je dois concéder que la peur, sous quelle forme qu’elle soit, l’emporte tant bien que mal. Après avoir tourné ma langue au moins sept fois, sinon plus, je souffle un bon coup… et je me lance. Tant pis pour le reste, tant pis si je perds le fil en chemin, j’improviserai.
« Bon, comment t'expliquer, je commence mal assuré. Mettons qu’aujourd’hui, j’ai fait une grosse bêtise. Sauf que ça, tu t’en doutes pas mal, hein. » J’ignore si à ce jour, je l’ai déjà vu adopter un air aussi grave en m'écoutant, mais chose certaine, c’en est presque intimidant. Toujours en proie à l’anxiété, je m’humecte les lèvres, et je poursuis non sans chercher mes mots. « Je… Y’a disons un truc qui m’bilote un max, j’t’explique. Y faut que tu m’dises, au sujet des magiciens, et pis des démons… Supposons, et c’n’est qu’une hypothèse, c’pas? Supposons que, ben t’sais, quand ils y passent, les magos… » Il n’a pas trop l’air de me suivre. Je m’évertue de reformuler sans m’impatienter. « Quand les magiciens meurent, tu piges? Bon, j’sais que ça a p’tête l’air d’une ben bizarre de question… » Il doit me voir venir 100 milles à l’heure, je m’en doute. Son expression se transforme lentement en… quelque chose que je n’arrive pas tout à fait à cerner. Je ne suis plus tout à fait certain s’il est toujours concentré sur ce que je raconte, son regard va à la dérive pendant un moment. Mais rendu à ce point, tout ce qui m’importe est d’en venir à bout, qu’il soit attentif ou non. « Dans c’cas-là, dis-moi… y s’passerait quoi avec le démon? Tu vois c’que j’veux…? »
Il me fait signe de me taire. Sur le coup, je n’y pige pas grand chose. Je fronce les sourcils, incrédule. C’est une plaisanterie ou quoi? Cela dit, et à mon plus grand malheur, je n’ai qu’à suivre la direction que prend son regard pour que la lumière se fasse jusqu’à mon esprit. Tandis qu’il se redresse en silence, et qu’une vilaine boule d’anxiété se forme quelque part dans mon estomac, je réalise que sans doute depuis un moment déjà, on nous écoute de l’autre côté de la porte. Un bref échange de regards avec lui confirme que j’ai saisi l’allusion. Sa main se referme sur la poignée. Lorsqu’il ouvre la porte, notre espion n’a toujours pas bronché. Je me passe une main sur le visage, sidéré : c’est le comble de ma malchance.
Non seulement on a épié ma confession.
Je crois qu’il n’y a pas de mot pour témoigner de l’expression qu’arbore la jeune fille de treize ans qui se dresse devant nous, sinon qu'elle est scandalisée par la révélation à laquelle elle vient d’assister.
Cette journée est sans conteste la pire de toute mon existence.
_______________________________________________________________________________________
4 Je suis du genre acharné – même quand l’espoir a levé son drapeau blanc. Du cœur au ventre, le gars. Ou tout simplement incapable de faire la part des choses. Ça revient au même… Pas vrai?
5 Mettons mes sottises sur le compte de la nervosité. Ou à la limite, d’un début de psychose.
6 Je n’ai pas besoin de vous dire laquelle… si? Attendez. Vous n’avez tout de même pas cru que… Misère. J’y suis pour rien si VOUS avez l’esprit tordu. Non mais vous vous rendez compte!
_________________
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
L'As♢ || Trump Card.- Messages: 296
Date d'inscription: 15/01/2008
Age: 16
Re: Joyeux annif, la Reine.
Subitement, le froid et le mouillé sur ma tête disparaît et se remplace pour une faible chaleur. Hum? Qu’est-ce que c’est? Je tapote ce nouvel objet avec interrogation.
« Tiens, celle-là te va beaucoup mieux. »
Oh alors, c’est une …. WOWW. Elle est dont ben jolie cette casquette! Effectivement, j’y vois plus clair avec celle-ci et elle est toute noire et juste à ma taille. Je me dandine de joie et sourit à pleines dents une fois de plus.
« Merci Frérot!!!! » dis-je joyeusement.
J’arrête de m’énerver une minute, pour me tourner vers mon frère…qui est manifestement plus à côté de moi. Bah, où a-t-il bien pu passer? Tant pis, j’le chercherai plus tard, il a sûrement quelques trucs à faire en cette journée de fête!
Je parcoure la salle des yeux à la recherche de quelqu’un qui aurait besoin de compagnie un peu. Ahhhh!!!! TOM!!! Il est tout piteux dans son coin! C’n’est pas drôle, en plus personne s’en souci pour le moment. Ah non!!! Je ne peux pas laisser faire ça, c’est une honte. Ah lala Stan, que fait-il? Il a perdu toutes bonnes manières ou quoi? Ça commencé par l’oubli de ma bise et maintenant c’est son ami qu’il délaisse. Ce n’est pas son genre d’être si distrait avec Tom et moi? … En faite, je ne sais pas trop, mais ma p’tite voix intérieure me dit que quelque chose cloche… GRRR…. Non faut pas que je commence à me faire des idées de la sorte, c’n’est pas sain du tout. L’important c’est d’aller remonter le moral à Tom! Je repousse ma p’tite voix intérieure bien loin au fond de moi et me précipite gaiement vers mon cher ami tristounet.
« Hey Tom, t’as ré… » je m’arrête en pleine phrase voyant que l’objet de ma conversation serait peut-être déplacé.
J’voulais lui demander s’il avait trouvé un vase pour mettre mes fleurs qu’il avait cueilli juste pour moi. Sauf que là, elles sont comme qui dirait tombées dans l’oubli dans le fin fond d’une poubelle. Bon, j’avoue que dans leur état, c’est mieux ainsi. Sinon tout le monde les aurait vues et cela aurait été sujet à rigolade.
« Hum…j’veux dire t’as vu ce que j’ai sur la tête? » dis-je rapidement sans trop réfléchir.
Comme réponse, j’ai droit à un hochement de tête et un sourire niet. Bon finalement, pour détendre l’atmosphère c’n’est pas si pire, mais il reste quand même une ride inquiète sur son front.
« C’est mon frère qui vient à l’instant de me la donner. J’n’aurai plus besoin d’en emprunter un à qui que ce soit. Stan va être content aussi. »
J’ai soudain une idée afin de remonter le moral de ce cher Tom! Simplette, mais bon c’est mieux que de rester dans notre coin…
« Eh! Viens avec moi, on va aller voir les autres au salon, j’suis sûre qu’on va bien s’amuser.»
Sur ce, je lui prends la main et l’amène avec moi jusqu’au salon. Je fonce accidentellement dans les jumeaux qui s’amusent à courir de tout bord tout côté. Je reçois au passage un liquide visqueux non identifié. Manifestement, ils viennent de la cuisine, ils ont dû jouer avec la nourriture et ils en sont un peu recouverts. Ah lala, je ne cesse de foncer dans tout le monde ce soir! Il faudrait que je fasse gaffe. Je m’excuse machinalement, mais ils sont déjà bien loin dans la grande salle à continuer leur jeu de « tague », à ce que j’ai cru comprendre. Je lâche la main de Tom et me rut sur la belle Nancy.
« Oh le beau gros toutou est parmi nous aussi. » dis-je en continuant de baragouiner d’autres remarques affectueuses en la flattant.
Je deviens vraiment « gaga » en la présence d’animaux, je les adore, sauf ceux ayant une étrange aura. De toute façon, ce ne sont pas des vrais, normal que je ne les aime pas trop.
Je laisse Nancy comblée de cajoleries et fais signe à Tom de venir s’asseoir à mes côtés devant le feu. Ahhhh cette chaleur et ces bruits des gens qui s’amusent me réconforte grandement en plus du crépitement des bûches. J’espère que cela fera le même effet sur mon ami à ma droite. Je lui souris avant de fermer les yeux en me laissant envelopper par les bruits de mon entourage. Un poids sur moi me fait ouvrir les yeux. C’est Nancy qui en redemande encore. Haha, trop adorable! Je la flatte de nouveau en laissant échapper un petit rire.
« Ah si c’n’est pas la p’tite Shelley! Oh et le retour de Tom. » lance Flynn
Bon les voilà qui nous remarquent! C’n’était pas trop tôt!
« Oui! En chair et en os! »
Cette réplique de ma part, me rappelle Stan. Bon sang, y a-t-il un moyen que je me l’enlève de ma tête une seconde? J’suis vraiment pathétique. Au même moment, ma p’tite voix intérieure revient à l’assaut. Il y a vraiment un truc qui s’est passé! Même le visage de Tom le trahissait. Que leur est-il arrivé pour être si distant? Mais non voyons, c’est juste mon imagination, c’est ma fête, ça peut être un plan pour une surprise….DAH Je te déteste foutue voix. Tu gâches tout. J’étais si paisible et calme.
« ...adoptée! » rajoute-t-il à l’intention de sa p’tite bête.
Je sors de mon combat mental et essaie de comprendre ce que Flynn vient de me dire. Je le regarde avec un air d’incompréhension, comme s’il venait de parler une autre langue.
« Je t’ai dit qu’elle t’avait adoptée. » dit-il en pointant la bestiole pleine d’affection.
J’acquiesce d’un signe de tête et me retourne vers Tom. Il est toujours aussi distrait. Je commence à me dire que je ne suis pas celle qui peut l’aider en ce moment. Il faut que j’aille à la recherche de renfort. J’enlève délicatement le poids sur mes jambes, c’est-à-dire Nancy et je lâche un :
« Je reviens les gars! »
Je me dirige vers le cuisine, la seule pièce que je ne suis pas allée. Mon frère ou Stan ou encore les deux doivent être dans les parages. Du moins, c’est ce que j’espère! Sue est en train de ramasser ce qui traîne, j’imagine que c’est les jumeaux qui sont en cause du fouillis. Je la salue en souriant et lui fait signe que je m’apprête à aller au toilette.
« Va falloir que tu patientes p’tite fêtée. »
J’en conclu que ceux ou un de ceux que je cherche s’y trouve. Enfin!!!! J’vais leur dire quelques mots moi à ses cachotiers!!! Je colle mon oreille à la porte avant de cogner.
« Quand les magiciens meurent, tu piges? Bon, j’sais que ça a p’tête l’air d’une ben bizarre de question… » dit Stan.
Hum….Qu'est-ce que j’ai entendu????? QUOI???? Pourquoi est-ce qu’il parle de MORT et de MAGICIEN dans la même phrase!!!!! Ma respiration monte progressivement.
« Dans c’cas-là, dis-moi… y s’passerait quoi avec le démon? Tu vois c’que j’veux…? » rajoute-t-il péniblement.
Comble de malchance, ma foutu voix intérieure avait raison! Il se passait réellement quelque chose!! Je la déteste!!!! Je tente de calmer ma respiration. Je respire de grands coups. BON SANG!!!! Stan, j’y comprends rien! Qu’est-ce qui s’est passé!???? TUER!! NON JAMAIS!!! J’n’peux pas y croire…NOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
*Toc*
Ohhh nonnn!!!!! J’viens d’accrocher la porte avec ma casquette. Ils m’ont entendu à coup sûr. Que faire??? Avant que je ne réagisse, la porte était déjà ouverte. Je les regarde perturbée autant de ce que je venais d’entendre, mais aussi par mon manque de respect en écoutant aux portes. Ça y’est ça va être la galère. Pour le moment je suis muette. Je secoue la tête pour reprendre mes esprits et ne réussis pas à empêcher mon tic nerveux de mettre mes doigts sur ma tempe en cas de stress ou de malaise.
Les premiers mots qu’ils me disent n’arrivent pas à mes oreilles. Je fixe le sol et ma tête semble très lourde et elle ne cesse de bourdonner. Je ne tente pas de comprendre et impose mes paroles :
« Eh Stan t’as vu, j’ai une casquette maintenant. Tu dois être content, je ne te prendrai plus la tienne. Oh et au fait, hum…je te cherchais…Tom n’a pas l’air d’être dans son assiette… » dis-je le plus naturellement que ma voix le permet et en évitant le regard de quiconque. En fait, ça ressemblait plus à une voix de robot sans conviction.
Je m’étonne de tous les mots que j’ai réussi à aligner et reprends tranquillement ma respiration. Je relève la tête et retiens mes émotions le plus possible, ce qui ne durera vraiment pas longtemps. Je serre les dents et lâche cette phrase :
« Vous contez rester ici pour toujours? J’peux aller aux toilettes s.v.p.! »
Je sens une pression sur mon bras. C’est mon frère qui semble vraiment inquiet.
« Ça ne sera pas long. Promis » laissai-je sortir faiblement.
Ils me laissent passer sans plus. Je referme la porte avec un certain soulagement. J’ai besoin de tranquillité juste quelques secondes. Je n’avais pas envie que Stan me voie en larmes. Bon, je n’ai pas pu faire mieux, je ne suis pas une pro du camouflage d’émotions. Ahhhh…. Je me laisse tomber contre la porte. Des larmes silencieuses coulent. Je me relève et comme promis, je fais ce que j’ai à faire sans prendre trop de temps pour ne pas inquiéter le frangin. Il doit être encore dans la cuisine. Même si je ne l’entends pas, je suppose que c’est le cas. D’un geste vif, j’enlève toute trace d’eau salée sur mon visage.
Je sors de la salle de bain me cachant un peu mon visage de ma casquette. Bien sûr, mon frère me remonte le menton pour voir ma face de mécontentement. Je repousse sa main et m’accroche à son chandail. Je reste un moment la tête contre son torse. Cette odeur familière est un baume apaisant pour l’esprit et la chaleur émanant de son corps est source de réconfort.
« Dis-moi que c’est qu’une histoire. » dis-je péniblement.
Il me tapote le dos en me parlant. Je lâche un soupir d’apaisement et m’éloigne.
« Ça devrait aller maintenant. Merci. » dis-je timidement.
Heureusement, Sue n’était plus dans la cuisine. Elle ne m’a pas vu dans cet état, quoiqu’elle a laissé traîner des ingrédients sur la table. Comme si quelque chose l’avait dérangé pendant qu’elle cuisinait. Les jumeaux probablement…..enfin… Je relève la tête affiche un mince sourire et me dirige vers le salon. Kass me dépasse et s’arrête net lorsqu’il a atteint le salon.
« Hum??? » dis-je malgré moi.
L’ambiance de fête s’est évaporée. Sue a l’air grave. La plupart des gars sont d’une agressivité envers…Stan et Tom! NON! Ne me dites pas…que…NON! Bon sang, ils sont de la famille…même si c’est impardonnable de tuer…ils…noooonnnn…Ça y’est la panique me reprend. Que faire? Je regarde mon frérot d’un air implorant. Pitié, fait quelque chose, tu es le seul qui peut y arriver!
« Tiens, celle-là te va beaucoup mieux. »
Oh alors, c’est une …. WOWW. Elle est dont ben jolie cette casquette! Effectivement, j’y vois plus clair avec celle-ci et elle est toute noire et juste à ma taille. Je me dandine de joie et sourit à pleines dents une fois de plus.
« Merci Frérot!!!! » dis-je joyeusement.
J’arrête de m’énerver une minute, pour me tourner vers mon frère…qui est manifestement plus à côté de moi. Bah, où a-t-il bien pu passer? Tant pis, j’le chercherai plus tard, il a sûrement quelques trucs à faire en cette journée de fête!
Je parcoure la salle des yeux à la recherche de quelqu’un qui aurait besoin de compagnie un peu. Ahhhh!!!! TOM!!! Il est tout piteux dans son coin! C’n’est pas drôle, en plus personne s’en souci pour le moment. Ah non!!! Je ne peux pas laisser faire ça, c’est une honte. Ah lala Stan, que fait-il? Il a perdu toutes bonnes manières ou quoi? Ça commencé par l’oubli de ma bise et maintenant c’est son ami qu’il délaisse. Ce n’est pas son genre d’être si distrait avec Tom et moi? … En faite, je ne sais pas trop, mais ma p’tite voix intérieure me dit que quelque chose cloche… GRRR…. Non faut pas que je commence à me faire des idées de la sorte, c’n’est pas sain du tout. L’important c’est d’aller remonter le moral à Tom! Je repousse ma p’tite voix intérieure bien loin au fond de moi et me précipite gaiement vers mon cher ami tristounet.
« Hey Tom, t’as ré… » je m’arrête en pleine phrase voyant que l’objet de ma conversation serait peut-être déplacé.
J’voulais lui demander s’il avait trouvé un vase pour mettre mes fleurs qu’il avait cueilli juste pour moi. Sauf que là, elles sont comme qui dirait tombées dans l’oubli dans le fin fond d’une poubelle. Bon, j’avoue que dans leur état, c’est mieux ainsi. Sinon tout le monde les aurait vues et cela aurait été sujet à rigolade.
« Hum…j’veux dire t’as vu ce que j’ai sur la tête? » dis-je rapidement sans trop réfléchir.
Comme réponse, j’ai droit à un hochement de tête et un sourire niet. Bon finalement, pour détendre l’atmosphère c’n’est pas si pire, mais il reste quand même une ride inquiète sur son front.
« C’est mon frère qui vient à l’instant de me la donner. J’n’aurai plus besoin d’en emprunter un à qui que ce soit. Stan va être content aussi. »
J’ai soudain une idée afin de remonter le moral de ce cher Tom! Simplette, mais bon c’est mieux que de rester dans notre coin…
« Eh! Viens avec moi, on va aller voir les autres au salon, j’suis sûre qu’on va bien s’amuser.»
Sur ce, je lui prends la main et l’amène avec moi jusqu’au salon. Je fonce accidentellement dans les jumeaux qui s’amusent à courir de tout bord tout côté. Je reçois au passage un liquide visqueux non identifié. Manifestement, ils viennent de la cuisine, ils ont dû jouer avec la nourriture et ils en sont un peu recouverts. Ah lala, je ne cesse de foncer dans tout le monde ce soir! Il faudrait que je fasse gaffe. Je m’excuse machinalement, mais ils sont déjà bien loin dans la grande salle à continuer leur jeu de « tague », à ce que j’ai cru comprendre. Je lâche la main de Tom et me rut sur la belle Nancy.
« Oh le beau gros toutou est parmi nous aussi. » dis-je en continuant de baragouiner d’autres remarques affectueuses en la flattant.
Je deviens vraiment « gaga » en la présence d’animaux, je les adore, sauf ceux ayant une étrange aura. De toute façon, ce ne sont pas des vrais, normal que je ne les aime pas trop.
Je laisse Nancy comblée de cajoleries et fais signe à Tom de venir s’asseoir à mes côtés devant le feu. Ahhhh cette chaleur et ces bruits des gens qui s’amusent me réconforte grandement en plus du crépitement des bûches. J’espère que cela fera le même effet sur mon ami à ma droite. Je lui souris avant de fermer les yeux en me laissant envelopper par les bruits de mon entourage. Un poids sur moi me fait ouvrir les yeux. C’est Nancy qui en redemande encore. Haha, trop adorable! Je la flatte de nouveau en laissant échapper un petit rire.
« Ah si c’n’est pas la p’tite Shelley! Oh et le retour de Tom. » lance Flynn
Bon les voilà qui nous remarquent! C’n’était pas trop tôt!
« Oui! En chair et en os! »
Cette réplique de ma part, me rappelle Stan. Bon sang, y a-t-il un moyen que je me l’enlève de ma tête une seconde? J’suis vraiment pathétique. Au même moment, ma p’tite voix intérieure revient à l’assaut. Il y a vraiment un truc qui s’est passé! Même le visage de Tom le trahissait. Que leur est-il arrivé pour être si distant? Mais non voyons, c’est juste mon imagination, c’est ma fête, ça peut être un plan pour une surprise….DAH Je te déteste foutue voix. Tu gâches tout. J’étais si paisible et calme.
« ...adoptée! » rajoute-t-il à l’intention de sa p’tite bête.
Je sors de mon combat mental et essaie de comprendre ce que Flynn vient de me dire. Je le regarde avec un air d’incompréhension, comme s’il venait de parler une autre langue.
« Je t’ai dit qu’elle t’avait adoptée. » dit-il en pointant la bestiole pleine d’affection.
J’acquiesce d’un signe de tête et me retourne vers Tom. Il est toujours aussi distrait. Je commence à me dire que je ne suis pas celle qui peut l’aider en ce moment. Il faut que j’aille à la recherche de renfort. J’enlève délicatement le poids sur mes jambes, c’est-à-dire Nancy et je lâche un :
« Je reviens les gars! »
Je me dirige vers le cuisine, la seule pièce que je ne suis pas allée. Mon frère ou Stan ou encore les deux doivent être dans les parages. Du moins, c’est ce que j’espère! Sue est en train de ramasser ce qui traîne, j’imagine que c’est les jumeaux qui sont en cause du fouillis. Je la salue en souriant et lui fait signe que je m’apprête à aller au toilette.
« Va falloir que tu patientes p’tite fêtée. »
J’en conclu que ceux ou un de ceux que je cherche s’y trouve. Enfin!!!! J’vais leur dire quelques mots moi à ses cachotiers!!! Je colle mon oreille à la porte avant de cogner.
« Quand les magiciens meurent, tu piges? Bon, j’sais que ça a p’tête l’air d’une ben bizarre de question… » dit Stan.
Hum….Qu'est-ce que j’ai entendu????? QUOI???? Pourquoi est-ce qu’il parle de MORT et de MAGICIEN dans la même phrase!!!!! Ma respiration monte progressivement.
« Dans c’cas-là, dis-moi… y s’passerait quoi avec le démon? Tu vois c’que j’veux…? » rajoute-t-il péniblement.
Comble de malchance, ma foutu voix intérieure avait raison! Il se passait réellement quelque chose!! Je la déteste!!!! Je tente de calmer ma respiration. Je respire de grands coups. BON SANG!!!! Stan, j’y comprends rien! Qu’est-ce qui s’est passé!???? TUER!! NON JAMAIS!!! J’n’peux pas y croire…NOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
*Toc*
Ohhh nonnn!!!!! J’viens d’accrocher la porte avec ma casquette. Ils m’ont entendu à coup sûr. Que faire??? Avant que je ne réagisse, la porte était déjà ouverte. Je les regarde perturbée autant de ce que je venais d’entendre, mais aussi par mon manque de respect en écoutant aux portes. Ça y’est ça va être la galère. Pour le moment je suis muette. Je secoue la tête pour reprendre mes esprits et ne réussis pas à empêcher mon tic nerveux de mettre mes doigts sur ma tempe en cas de stress ou de malaise.
Les premiers mots qu’ils me disent n’arrivent pas à mes oreilles. Je fixe le sol et ma tête semble très lourde et elle ne cesse de bourdonner. Je ne tente pas de comprendre et impose mes paroles :
« Eh Stan t’as vu, j’ai une casquette maintenant. Tu dois être content, je ne te prendrai plus la tienne. Oh et au fait, hum…je te cherchais…Tom n’a pas l’air d’être dans son assiette… » dis-je le plus naturellement que ma voix le permet et en évitant le regard de quiconque. En fait, ça ressemblait plus à une voix de robot sans conviction.
Je m’étonne de tous les mots que j’ai réussi à aligner et reprends tranquillement ma respiration. Je relève la tête et retiens mes émotions le plus possible, ce qui ne durera vraiment pas longtemps. Je serre les dents et lâche cette phrase :
« Vous contez rester ici pour toujours? J’peux aller aux toilettes s.v.p.! »
Je sens une pression sur mon bras. C’est mon frère qui semble vraiment inquiet.
« Ça ne sera pas long. Promis » laissai-je sortir faiblement.
Ils me laissent passer sans plus. Je referme la porte avec un certain soulagement. J’ai besoin de tranquillité juste quelques secondes. Je n’avais pas envie que Stan me voie en larmes. Bon, je n’ai pas pu faire mieux, je ne suis pas une pro du camouflage d’émotions. Ahhhh…. Je me laisse tomber contre la porte. Des larmes silencieuses coulent. Je me relève et comme promis, je fais ce que j’ai à faire sans prendre trop de temps pour ne pas inquiéter le frangin. Il doit être encore dans la cuisine. Même si je ne l’entends pas, je suppose que c’est le cas. D’un geste vif, j’enlève toute trace d’eau salée sur mon visage.
Je sors de la salle de bain me cachant un peu mon visage de ma casquette. Bien sûr, mon frère me remonte le menton pour voir ma face de mécontentement. Je repousse sa main et m’accroche à son chandail. Je reste un moment la tête contre son torse. Cette odeur familière est un baume apaisant pour l’esprit et la chaleur émanant de son corps est source de réconfort.
« Dis-moi que c’est qu’une histoire. » dis-je péniblement.
Il me tapote le dos en me parlant. Je lâche un soupir d’apaisement et m’éloigne.
« Ça devrait aller maintenant. Merci. » dis-je timidement.
Heureusement, Sue n’était plus dans la cuisine. Elle ne m’a pas vu dans cet état, quoiqu’elle a laissé traîner des ingrédients sur la table. Comme si quelque chose l’avait dérangé pendant qu’elle cuisinait. Les jumeaux probablement…..enfin… Je relève la tête affiche un mince sourire et me dirige vers le salon. Kass me dépasse et s’arrête net lorsqu’il a atteint le salon.
« Hum??? » dis-je malgré moi.
L’ambiance de fête s’est évaporée. Sue a l’air grave. La plupart des gars sont d’une agressivité envers…Stan et Tom! NON! Ne me dites pas…que…NON! Bon sang, ils sont de la famille…même si c’est impardonnable de tuer…ils…noooonnnn…Ça y’est la panique me reprend. Que faire? Je regarde mon frérot d’un air implorant. Pitié, fait quelque chose, tu es le seul qui peut y arriver!

Lucy Shelley- Messages: 154
Date d'inscription: 24/02/2008
Age: 19
Re: Joyeux annif, la Reine.
Si je dois tirer une leçon de toute cette histoire, jusqu’à maintenant du moins… c’est qu’on n’échappe pas à son destin, malheureusement. À force de prendre des détours et de fuir, j’ai frappé un mur…
…Ou des grillages, dans le fond d’une ruelle. Une impasse. Souvenir amer.
Ce n’est pas sans rentrer la queue entre les jambes que je vais à la rencontre de Shelley miniature – vous savez, un peu comme un chien qui s’apprête à se faire gronder, et qui en désespoir de cause tente dans un ultime effort de supplier la merci de son maître avec ses airs de cabot piteux... Vous voyez le genre? Grotesque caricature que je dresse, sauf qu’à mon regret, ça me représente assez bien à l’heure qu’il est. Je suis partagé d’un côté entre le… devoir d’être honnête avec elle, de ne pas lui manquer de respect plus que je ne l’ai déjà fait depuis mon arrivée, et de cesser de la fuir, mais ça ne va pas sans remuer mes remords de conscience ; tandis que de l’autre… De l’autre, je ne suis pas réellement certain d’être prêt à assumer de ruiner son anniversaire jusqu’à la toute fin, surtout quand feindre l’ignorance serait tellement plus facile pour tout le monde. En tout cas, pour le moment…
Dans un cas comme dans l’autre, je suis pas sorti du bois. (J'crois que c’est comme ça que vous dites?)
Une fois de plus, la lâcheté a raison de ma bonne foi. Ou c’est la frousse qui me prend, j’sais plus.
« Hé… Lucy! Ça baigne de vot’ côté? » Je prends appui contre le cadre dans un geste que je tente, et tente seulement, de rendre dégagé. Ma voix manque d’assurance. Surtout avec la mine que Lucy a, je suis un peu plus déstabilisé encore. Rien pour me faciliter la tâche, évidemment. La pauvre enfant a l’air au moins aussi anéantie que je le suis. Bien incapable de lui cacher mon malaise, je lui décoche donc un sourire assez insipide, si j’puis dire, bien que la situation me laisse un goût assez âcre dans la bouche… « V’vous amusez pas trop sans nous aut’ hein? » Un rire jaune pour couronner mon hypocrisie. Ça y est, je me méprise officiellement pour manquer à ce point de cœur au ventre.
Une main se porte à mon épaule – ou à mon secours, comme vous voudrez – celle de la raison, p’tête ; comme pour m’indiquer de me taire et rester en retrait, Kass m’invite à prendre congé de sa frangine. Pour une fois, je lui suis reconnaissant de m’intimer le silence. Et d’être plus grand et plus bâti que moi, parce que du coup me prend l’envie de rester dissimulé derrière lui – curieuse idée pareil, trouvez pas?
« Lou… Depuis combien de temps tu nous écoutes? » qu’il interroge sa sœur, d’une placidité impeccable, et j’irais presque jusqu’à dire inhumaine, étant donné le merdier dans lequel je nous ai foutus. C’est connu, j’suis doué pour entraîner les gens avec moi dans ma chute… sans le vouloir, ça va sans dire.
La réaction de la petite Shelley confirme qu’elle en sait malheureusement plus que je ne l’aurais voulu. Elle abaisse la tête, penaude, ou pour le moins confuse. Durant un moment, elle semble s’en aller quelque part dans sa tête, histoire d’y mettre un peu d’ordre, je suppose. Malgré cela, sa nervosité se répercute dangereusement sur moi, et je me sens comme pressé de me… justifier?
« Jt’assure que j’suis pas fier de c’que j’ai fait, Shel! Y faut qu’tu m’croies » que je lâche, comme pour me déculpabiliser, et je me faufile entre son frère et le cadre de porte. « N’est-ce pas qu’tu m– ? »
« Ça va, c’est pas la peine », m’interrompt Kassim à mi-voix, plutôt comme une suggestion qu’un ordre...
« Elle sait même pas ce qui s’est passé, tu le sais à peine toi-même… »
Je hoche frénétiquement de la tête. « C’est vrai ça, c’est rien qu’des… superstitions, d’toute façon. »
« Des suppositions, effectivement... » Il est à veille de perdre patience. Il est temps que je la boucle.
Alors, il a un geste comme pour l’inviter à nous rejoindre, histoire de préserver un minimum d’intimité peut-être, bien que je n’ai pas spécialement envie d’en discuter explicitement devant elle ; dans tous les cas, au moment où il va pour reprendre la parole, elle esquive son geste et prend un certain recul, tout ça pour finalement l’interrompre. De toute évidence elle n’a pas tout à fait suivi notre conversation.
« …Eh Stan, t’as vu? » Un discret couinement, elle a la voix enrouée. Mes yeux se rivent vivement sur sa petite silhouette, et sincèrement, ça fait un peu peine à voir. Elle relève brièvement les yeux sur nous – sur moi, pour être exact – et le ton de sa voix a quelque chose de pas très naturel. Désagréable.
« J’ai une casquette maintenant. Tu dois être content, je te prendrai plus la tienne… »
Pour toute réponse, j’ai un sourire mal assuré, ou disons perplexe, lorsqu’elle me désigne son nouveau présent. Une minute, là… C’est une plaisanterie ou bien elle nous joue la carte du « ni vu, ni connu » pour contourner la situation? Ce serait pas plutôt à moi de faire ça, plutôt? Je fonce les sourcils, sondant d’abord le regard du patron comme s’il allait fournir la réponse à mon interrogation… sauf qu’il a à peu près la même réaction que moi, sinon qu’il n’en est pas le moindrement concerné.
J’ouvre la bouche pour émettre une onomatopée d’incompréhension, mais déjà elle reprend la parole :
« Oh et au fait, je te cherchais. Tom n’a pas l’air dans son assiette », débite-t-elle machinalement. Son ton est d’une froideur que je ne lui connais pas. À la rigueur, je perçois une pointe de reproche dans sa voix – un message subliminal? Quoi qu’il en soit, elle a un regard par dessus son épaule, et mes yeux dérivent également sur le concerné, bien qu’il soit plutôt hors de ma mire, d’où je me trouve. Outre le son lointain du téléviseur dans le salon, aucune voix ne se fait plus entendre, ni même celle de Sue à la cuisine. La paranoïa me mène à de redoutables conclusions, et j’ai comme les tripes qui se resserrent.
Mince, Tom. Je t’avais oublié… j’ignore comment, cependant. C'est pas le moment de flancher...
Une petite voix un étage plus bas me ramène à l’ordre, moi qui me laissais aller à un élan de paranoïa.
« …J’peux aller à la toilette, s’il vous plaît? » La petite Lucy passe furtivement entre nous deux, s’imposant à notre silence. Son frère tente de la retenir, un peu soucieux ; elle se défait de sa prise.
« Ce sera pas long. Promis. »
Et nous voilà jetés dehors, lui et moi, avec la porte qui se referme prestement derrière nous.
Cette situation tourne définitivement en queue de poisson.
Enfin, un lourd silence se referme sur nous. Pas même un son provenant de la salle de bains, que dalle ; seulement des bruits pas très distincts depuis le living room, où tout le monde s’est rassemblé pour… regarder la télé, comme je disais. Eh ouais. Tu parles d’un anniversaire… complètement à l’eau.
Kass ne dit toujours rien, et moi, j’ai du mal à me résoudre à me décaler du mur sur lequel je m’appuie, plongé dans un état de léthargie totale. J’écoute distraitement le son de la télévision, bien que lointain : plutôt improbable, mais ils regardent les prévisions de météo... Finalement, leur situation est aussi déplorable que la mienne. Remarque, au moins eux ont un prétexte – les bénéfices de l’alcool, des fois… En fin de compte, j’en déduis qu’ils sont trop bourrés pour avoir conscience du pathétisme de la chose – et si ça se trouve, finalement, personne ne se rendra compte de rien. Tout est bien qui finit bien…
...Dans l’optique où Tom ne nous a pas trahis. Mais s’il regarde la télé, ça devrait le tenir occupé.
La tête va m’exploser. Je me donne encore quelques minutes, et le crâne va finir par me fendre…
« …Relaxe, c’est juste la météo. »
Insistant, mon interlocuteur me cogne une bine sur l’épaule, comme pour me ramener dans son monde. Son ton frôle la moquerie, sans méchanceté cependant. Moi, je suis percuté par sa remarque, en fait... Il me devine trop aisément, je n’ai plus de cachettes.
Tu voudrais pas juste… Sortir de ma tête? Pour la peine, je lui retourne un coup d’œil orgueilleux. Vivement que Lucy sorte des bécosses, ça va détourner son attention de ma misérable personne. Aussi, comme ça je pourrai reporter à plus tard mon prochain confessionnal…
« Bon alors, explique-moi ce qui est arrivé? L’accident. »
…Ou pas.
« Ce serait important que je sache… si tu veux qu’je t’aide, » qu’il ajoute, ferme, en croisant les bras.
Je roule les yeux, feignant l’exaspération. « Ouais ben, justement, j’ai jamais dit que j’voulais qu’tu m… »
« Voyons Stan. » Il hausse un sourcil, comme pour me remettre en question, me faire hésiter. Je réprime difficilement une grimace de mécontentement, parce qu’évidemment, je n’y échapperai pas tant qu’il ne m’aura pas tiré les vers du nez – et pour ça il est patient, voire même minutieux, des fois.
« R’garde, je concède, j’sais pas trop, c’est… » Je gesticule beaucoup, comme pour exprimer en gestes ce que je ne parviens pas à dire avec des mots. « Tout ça c’est genre trop… pas réel. Ça fait pas d’sens... T’sais? C’que j’veux dire c’est… » Et là, je crois que c’est plutôt moi que je tente de convaincre. « Haha, soyons sérieux une p’tite minute : comment est-ce que moi », j’appuie un index sur ma poitrine comme pour insister sur l’impossibilité de la chose, et j’ai un rire nerveux, « moi, Stan – r’garde-moi un peu, oublie pas qui c’est t’as d’vant toi ; j’suis à peine foutu d’écrabouiller une mouche, tu l’sais ben, non? Alors dis-moi, là… Comment est-ce que moi, j’ai… ben, j’aurais pu, si on veut… » Je laisse ma phrase en suspens. « Enfin, tu sais c’que j’veux dire…? » Mais ma réponse n’est visiblement pas satisfaisante. « Ah, mais c’est n’importe quoi! Moi j’voulais d’mal à personne, merde. »
Qui plus est, il semble tracassé par autre chose, soudainement.
« Et le type… Ne me dis pas que c’est qui je pense. » Un silence. « Stan? » De l’inquiétude, je rêve?
Dès le moment où mon regard croise le sien, je sais que je me suis déjà trahi. Évidemment qu’il le sait… C’est non seulement prévisible, mais en plus, il a une sorte de pouvoir de déduction infaillible sur moi. Allez savoir pourquoi.
Il secoue la tête en silence, se passe une main sur le visage, me regarde à nouveau, sans piper mot. Difficile de dire lequel de nous deux semble le plus pris au dépourvu, là.
« Mais j’ai pas fait exprès! je m’énerve, de peur qu’il me juge mal. J’te l'jure, c’était vraiment pas… »
Je m'interromps. De l’autre côté de la porte, on tire la chasse d’eau. On ouvre l’évier. Puis le referme. Lucy va sortir d’un instant à l’autre.
Je suis pris d’un vent de panique, devant son absence momentanée de… d’assurance? Ou d’initiative? Ou plutôt, c’est son hésitation qui m'agace ; ça ne fait qu’amplifier l’ampleur de ma gaffe à mes yeux. Mais surtout… Qu’est-ce que je vais dire à la petite Shelley, dans tout ça, moi?
…La poignée de la porte tourne. Je cherche ultimement son regard. Qu’il me rend juste à temps.
« J’fais quoi, maintenant! » j’articule sans voix, histoire qu’elle ne soit pas témoin de mon désarroi. La porte s’ouvre ; sans réfléchir davantage, Kass n’a qu’un signe de tête pour m’indiquer de filer.
Et je m’exécute sans me faire prier. Je suis un courant d’air, voilà.
J’estime qu’il est préférable de les laisser seul à seul. Il saura mieux la rassurer que moi, c’est sa sœur. Je vais plutôt aller enfiler mon costume de bouffon. C’est à ça que je suis sensé être utile ce soir. Puis, Kass va probablement trouver un moyen de tout arranger, tel que je le connais.
Je peux souffler un coup entre deux guerres, comme qui dirait.
…Ou des grillages, dans le fond d’une ruelle. Une impasse. Souvenir amer.
Ce n’est pas sans rentrer la queue entre les jambes que je vais à la rencontre de Shelley miniature – vous savez, un peu comme un chien qui s’apprête à se faire gronder, et qui en désespoir de cause tente dans un ultime effort de supplier la merci de son maître avec ses airs de cabot piteux... Vous voyez le genre? Grotesque caricature que je dresse, sauf qu’à mon regret, ça me représente assez bien à l’heure qu’il est. Je suis partagé d’un côté entre le… devoir d’être honnête avec elle, de ne pas lui manquer de respect plus que je ne l’ai déjà fait depuis mon arrivée, et de cesser de la fuir, mais ça ne va pas sans remuer mes remords de conscience ; tandis que de l’autre… De l’autre, je ne suis pas réellement certain d’être prêt à assumer de ruiner son anniversaire jusqu’à la toute fin, surtout quand feindre l’ignorance serait tellement plus facile pour tout le monde. En tout cas, pour le moment…
Dans un cas comme dans l’autre, je suis pas sorti du bois. (J'crois que c’est comme ça que vous dites?)
Une fois de plus, la lâcheté a raison de ma bonne foi. Ou c’est la frousse qui me prend, j’sais plus.
« Hé… Lucy! Ça baigne de vot’ côté? » Je prends appui contre le cadre dans un geste que je tente, et tente seulement, de rendre dégagé. Ma voix manque d’assurance. Surtout avec la mine que Lucy a, je suis un peu plus déstabilisé encore. Rien pour me faciliter la tâche, évidemment. La pauvre enfant a l’air au moins aussi anéantie que je le suis. Bien incapable de lui cacher mon malaise, je lui décoche donc un sourire assez insipide, si j’puis dire, bien que la situation me laisse un goût assez âcre dans la bouche… « V’vous amusez pas trop sans nous aut’ hein? » Un rire jaune pour couronner mon hypocrisie. Ça y est, je me méprise officiellement pour manquer à ce point de cœur au ventre.
Une main se porte à mon épaule – ou à mon secours, comme vous voudrez – celle de la raison, p’tête ; comme pour m’indiquer de me taire et rester en retrait, Kass m’invite à prendre congé de sa frangine. Pour une fois, je lui suis reconnaissant de m’intimer le silence. Et d’être plus grand et plus bâti que moi, parce que du coup me prend l’envie de rester dissimulé derrière lui – curieuse idée pareil, trouvez pas?
« Lou… Depuis combien de temps tu nous écoutes? » qu’il interroge sa sœur, d’une placidité impeccable, et j’irais presque jusqu’à dire inhumaine, étant donné le merdier dans lequel je nous ai foutus. C’est connu, j’suis doué pour entraîner les gens avec moi dans ma chute… sans le vouloir, ça va sans dire.
La réaction de la petite Shelley confirme qu’elle en sait malheureusement plus que je ne l’aurais voulu. Elle abaisse la tête, penaude, ou pour le moins confuse. Durant un moment, elle semble s’en aller quelque part dans sa tête, histoire d’y mettre un peu d’ordre, je suppose. Malgré cela, sa nervosité se répercute dangereusement sur moi, et je me sens comme pressé de me… justifier?
« Jt’assure que j’suis pas fier de c’que j’ai fait, Shel! Y faut qu’tu m’croies » que je lâche, comme pour me déculpabiliser, et je me faufile entre son frère et le cadre de porte. « N’est-ce pas qu’tu m– ? »
« Ça va, c’est pas la peine », m’interrompt Kassim à mi-voix, plutôt comme une suggestion qu’un ordre...
« Elle sait même pas ce qui s’est passé, tu le sais à peine toi-même… »
Je hoche frénétiquement de la tête. « C’est vrai ça, c’est rien qu’des… superstitions, d’toute façon. »
« Des suppositions, effectivement... » Il est à veille de perdre patience. Il est temps que je la boucle.
Alors, il a un geste comme pour l’inviter à nous rejoindre, histoire de préserver un minimum d’intimité peut-être, bien que je n’ai pas spécialement envie d’en discuter explicitement devant elle ; dans tous les cas, au moment où il va pour reprendre la parole, elle esquive son geste et prend un certain recul, tout ça pour finalement l’interrompre. De toute évidence elle n’a pas tout à fait suivi notre conversation.
« …Eh Stan, t’as vu? » Un discret couinement, elle a la voix enrouée. Mes yeux se rivent vivement sur sa petite silhouette, et sincèrement, ça fait un peu peine à voir. Elle relève brièvement les yeux sur nous – sur moi, pour être exact – et le ton de sa voix a quelque chose de pas très naturel. Désagréable.
« J’ai une casquette maintenant. Tu dois être content, je te prendrai plus la tienne… »
Pour toute réponse, j’ai un sourire mal assuré, ou disons perplexe, lorsqu’elle me désigne son nouveau présent. Une minute, là… C’est une plaisanterie ou bien elle nous joue la carte du « ni vu, ni connu » pour contourner la situation? Ce serait pas plutôt à moi de faire ça, plutôt? Je fonce les sourcils, sondant d’abord le regard du patron comme s’il allait fournir la réponse à mon interrogation… sauf qu’il a à peu près la même réaction que moi, sinon qu’il n’en est pas le moindrement concerné.
J’ouvre la bouche pour émettre une onomatopée d’incompréhension, mais déjà elle reprend la parole :
« Oh et au fait, je te cherchais. Tom n’a pas l’air dans son assiette », débite-t-elle machinalement. Son ton est d’une froideur que je ne lui connais pas. À la rigueur, je perçois une pointe de reproche dans sa voix – un message subliminal? Quoi qu’il en soit, elle a un regard par dessus son épaule, et mes yeux dérivent également sur le concerné, bien qu’il soit plutôt hors de ma mire, d’où je me trouve. Outre le son lointain du téléviseur dans le salon, aucune voix ne se fait plus entendre, ni même celle de Sue à la cuisine. La paranoïa me mène à de redoutables conclusions, et j’ai comme les tripes qui se resserrent.
Mince, Tom. Je t’avais oublié… j’ignore comment, cependant. C'est pas le moment de flancher...
Une petite voix un étage plus bas me ramène à l’ordre, moi qui me laissais aller à un élan de paranoïa.
« …J’peux aller à la toilette, s’il vous plaît? » La petite Lucy passe furtivement entre nous deux, s’imposant à notre silence. Son frère tente de la retenir, un peu soucieux ; elle se défait de sa prise.
« Ce sera pas long. Promis. »
Et nous voilà jetés dehors, lui et moi, avec la porte qui se referme prestement derrière nous.
Cette situation tourne définitivement en queue de poisson.
Enfin, un lourd silence se referme sur nous. Pas même un son provenant de la salle de bains, que dalle ; seulement des bruits pas très distincts depuis le living room, où tout le monde s’est rassemblé pour… regarder la télé, comme je disais. Eh ouais. Tu parles d’un anniversaire… complètement à l’eau.
Kass ne dit toujours rien, et moi, j’ai du mal à me résoudre à me décaler du mur sur lequel je m’appuie, plongé dans un état de léthargie totale. J’écoute distraitement le son de la télévision, bien que lointain : plutôt improbable, mais ils regardent les prévisions de météo... Finalement, leur situation est aussi déplorable que la mienne. Remarque, au moins eux ont un prétexte – les bénéfices de l’alcool, des fois… En fin de compte, j’en déduis qu’ils sont trop bourrés pour avoir conscience du pathétisme de la chose – et si ça se trouve, finalement, personne ne se rendra compte de rien. Tout est bien qui finit bien…
...Dans l’optique où Tom ne nous a pas trahis. Mais s’il regarde la télé, ça devrait le tenir occupé.
La tête va m’exploser. Je me donne encore quelques minutes, et le crâne va finir par me fendre…
« …Relaxe, c’est juste la météo. »
Insistant, mon interlocuteur me cogne une bine sur l’épaule, comme pour me ramener dans son monde. Son ton frôle la moquerie, sans méchanceté cependant. Moi, je suis percuté par sa remarque, en fait... Il me devine trop aisément, je n’ai plus de cachettes.
Tu voudrais pas juste… Sortir de ma tête? Pour la peine, je lui retourne un coup d’œil orgueilleux. Vivement que Lucy sorte des bécosses, ça va détourner son attention de ma misérable personne. Aussi, comme ça je pourrai reporter à plus tard mon prochain confessionnal…
« Bon alors, explique-moi ce qui est arrivé? L’accident. »
…Ou pas.
« Ce serait important que je sache… si tu veux qu’je t’aide, » qu’il ajoute, ferme, en croisant les bras.
Je roule les yeux, feignant l’exaspération. « Ouais ben, justement, j’ai jamais dit que j’voulais qu’tu m… »
« Voyons Stan. » Il hausse un sourcil, comme pour me remettre en question, me faire hésiter. Je réprime difficilement une grimace de mécontentement, parce qu’évidemment, je n’y échapperai pas tant qu’il ne m’aura pas tiré les vers du nez – et pour ça il est patient, voire même minutieux, des fois.
« R’garde, je concède, j’sais pas trop, c’est… » Je gesticule beaucoup, comme pour exprimer en gestes ce que je ne parviens pas à dire avec des mots. « Tout ça c’est genre trop… pas réel. Ça fait pas d’sens... T’sais? C’que j’veux dire c’est… » Et là, je crois que c’est plutôt moi que je tente de convaincre. « Haha, soyons sérieux une p’tite minute : comment est-ce que moi », j’appuie un index sur ma poitrine comme pour insister sur l’impossibilité de la chose, et j’ai un rire nerveux, « moi, Stan – r’garde-moi un peu, oublie pas qui c’est t’as d’vant toi ; j’suis à peine foutu d’écrabouiller une mouche, tu l’sais ben, non? Alors dis-moi, là… Comment est-ce que moi, j’ai… ben, j’aurais pu, si on veut… » Je laisse ma phrase en suspens. « Enfin, tu sais c’que j’veux dire…? » Mais ma réponse n’est visiblement pas satisfaisante. « Ah, mais c’est n’importe quoi! Moi j’voulais d’mal à personne, merde. »
Qui plus est, il semble tracassé par autre chose, soudainement.
« Et le type… Ne me dis pas que c’est qui je pense. » Un silence. « Stan? » De l’inquiétude, je rêve?
Dès le moment où mon regard croise le sien, je sais que je me suis déjà trahi. Évidemment qu’il le sait… C’est non seulement prévisible, mais en plus, il a une sorte de pouvoir de déduction infaillible sur moi. Allez savoir pourquoi.
Il secoue la tête en silence, se passe une main sur le visage, me regarde à nouveau, sans piper mot. Difficile de dire lequel de nous deux semble le plus pris au dépourvu, là.
« Mais j’ai pas fait exprès! je m’énerve, de peur qu’il me juge mal. J’te l'jure, c’était vraiment pas… »
Je m'interromps. De l’autre côté de la porte, on tire la chasse d’eau. On ouvre l’évier. Puis le referme. Lucy va sortir d’un instant à l’autre.
Je suis pris d’un vent de panique, devant son absence momentanée de… d’assurance? Ou d’initiative? Ou plutôt, c’est son hésitation qui m'agace ; ça ne fait qu’amplifier l’ampleur de ma gaffe à mes yeux. Mais surtout… Qu’est-ce que je vais dire à la petite Shelley, dans tout ça, moi?
…La poignée de la porte tourne. Je cherche ultimement son regard. Qu’il me rend juste à temps.
« J’fais quoi, maintenant! » j’articule sans voix, histoire qu’elle ne soit pas témoin de mon désarroi. La porte s’ouvre ; sans réfléchir davantage, Kass n’a qu’un signe de tête pour m’indiquer de filer.
Et je m’exécute sans me faire prier. Je suis un courant d’air, voilà.
J’estime qu’il est préférable de les laisser seul à seul. Il saura mieux la rassurer que moi, c’est sa sœur. Je vais plutôt aller enfiler mon costume de bouffon. C’est à ça que je suis sensé être utile ce soir. Puis, Kass va probablement trouver un moyen de tout arranger, tel que je le connais.
Je peux souffler un coup entre deux guerres, comme qui dirait.
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 28.09.09 10:26, édité 4 fois
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
L'As♢ || Trump Card.- Messages: 296
Date d'inscription: 15/01/2008
Age: 16
Re: Joyeux annif, la Reine.
Mon sauve-qui-peut improvisé me conduit donc irrémédiablement vers le salon, où tous se sont tassés sur le canapé – Higgins, Chadwick, Nancy sa chienne – ou à terre, dans le cas de Tom. D’ailleurs en ce qui le concerne, il ne semble pas être dans un si mauvais état, finalement : le bougre écume presque devant la télé, au point qu’il semble à peine avoir conscience des jumeaux qui se font une guerre de coussins et qui se servent de lui pour parer les coups. Difficile de ne pas sourire devant une scène pareille. Enfin, Jimbo est probablement ailleurs pour avoir la paix et magouiller sur son portable. Susanne est en retrait, près du foyer, poings sur les hanches, avec son tablier et ses mitaines de fourneaux encore enfilées.
Quant à moi, naturellement je suis accueilli de manière fort agréable, comme il fallait bien s’y attendre. (Je tends un peu à l’ironie, là.)
« Na bitte! Es wird Zeit. » Chère tante Sue, avec ton grossier accent, tu es si plaisante, vraiment.
« Komm runter ja? Was ist los, Vettel?1 » Je me défoule un peu, en fait... Puisque c’est «censuré».
Elle me fait de gros yeux. « Sois poli, jeune homme. On vous attendait pour souper, en passant. »
« Ah c’est prêt, ça y est? » je fais mine de m’intéresser, mais je n’ai aucunement d’appétit.
« Ouais, vous foutiez quoi tous les trois, hein? » s’interpose Chadwick, impatient. « On crève de faim. »
Les jumeaux répètent en chœur sa dernière réplique sur un ton chantonnant. Lui me darde du regard.
« Oh hé, t’as un problème, p’tête? » je rétorque, légèrement irrité. Le stress me rend susceptible, quoi. Et de toute évidence, la faim rend ce type encore plus bête que jamais.
Il se redresse dans le divan, imposant, me fixe, de sous son quasi mono-sourcil, de ses petites prunelles. « Disons que ta tronche me revient pas, si tu vois où je veux en venir. » Mais je lui ris au nez.
« Euh, nan. J’vois pas vieux. » En réalité, je n’en pige pas tellement le sens. Et le cœur n’y est pas. Nonchalamment, je le contourne, l’ignorant superbement, et je vais de même m’avachir dans la causeuse, près du feu. Avec un soupire las, je tire ma montre de sa poche et la contemple avec toute l’attention du monde, histoire de ne pas répondre aux provocations du crétin qui en a après moi sans raison.
Encore heureux qu’il ne soit pas au courant de mes mésaventures. Là, il me ferait clairement la peau.
Sans y prendre garde, je me laisse déconcentrer par ma montre, objet de mes plus grands tracas récents. Mes yeux suivent la trotteuse, comme si elle me mènerait à… une réponse? une solution? Si seulement. J’ai l’impression de me trouver devant un puzzle complexe dont il me manque les pièces principales. Mes doigts caressent distraitement le couvercle du petit engin, dans lequel sont gravées les lettres qui forment le nom de mon père, que j’arrive à peine à déchiffrer, mais que je sais reconnaître, depuis le temps que je trimballe cette montre avec moi – en cursives, il est inscrit Stanislaus.
Mon cher vieux paternel... J’ai la conviction qu’il serait apte à me fournir la réponse à cette énigme – s’il était seulement encore là pour le faire, c’est-à-dire…
« Hé pauvre cloche. C’est à toi que je parle. » On me sonne, sur ma droite : une petite brute enragée. Je referme et range la montre dans sa poche respective avant que lui ne monte sur ses grands chevaux.
« J’te préviens, t’as pas intérêt à jouer avec mes nerfs. On se comprend bien? » Comme en réaction à la colère de son maître, Nancy échappe un soupir affligé et Chadwick menace la pauvre bête de son poing.
« C’est cool, Flynn », intervient Theodore, sur un ton très posé, mais surtout distrait par la télévision.
«…C’est cool. Regarde un peu ce feuilleton avec nous, tiens. C’est vraiment fa-sci-nant, n’est-ce pas?» C’est qu’il a passé le cap de la tolérance de l’alcool, lui. Il a même un très drôle d’accent, tout d’un coup. Original, ces Écossais… Enfin, quoiqu’il en soit, voilà une menace de moins sur ma conscience.
« Bon allez », déclare Susanne en tapant de ses mains emmitonnées, s’interposant entre la télévision et ses téléspectateurs captivés. « On passe à table, maintenant. » Histoire de nous rappeler tous à l’ordre, elle attrape la télécommande et met la télé en sourdine.
Je jette un bref coup d’œil à Tom avant de me relever, car il est le seul qui n’a pas ne serait-ce qu’un geste pour se lever, alors que les autres délaissent paresseusement le divan. Sauf que lui, il ne bronche même pas à l’évocation de la nourriture qui l’attend, chose anormale. Il est complètement absorbé par le bulletin de nouvelles. Il s’intéresse à l’actualité magicienne maintenant… Ce gars n’aura jamais fini de me surprendre, vraiment.
« C’tu fais, crétin? je lui souffle, sans toutefois capter son attention. R’garde pas ça, c’est des conneries! Allez, c’est l’heure d’la bouffe. Pis, tu disais pas qu’t’avais la dalle, tout à l’heure en rev’n–? »
Il a un geste agacé de la main pour que je cesse de parler. Je reste un peu bête, là. Considérant que la télé est en sourdine, ça ne fait pas grand différence que je lui cause ou non… Un peu contrarié, je hausse les épaules et décide de le laisser planté là. Je n’ai pas la tête à le materniser, là, on s’entend.
« C’comme tu voudras, je lâche en quittant mon siège. Mais tu vas t’faire gronder par S… »
« Stan...? » Mon nom lui échappe comme une plainte. Ça fait froid dans le dos, c’est de mauvais augure. Aussi ses yeux s’agrandissent-ils encore plus devant les images qui défilent présentement à l’écran. Mine de rien, je jette un œil fureteur sur ledit feuilleton. C’est plus fort que moi ma curiosité est piquée. J’entends Susanne râler contre nous depuis la cuisine, mais ça m’est égal, à cet instant…
…Parce que du coup, la lumière se fait à mon esprit comme une baffe en pleine face.
Le bulletin de nouvelles rapporte des images inédites, soit une vidéo amateur d’assez mauvaise qualité et dont le caméraman est assez instable. Au premier abord, j’ai du mal à saisir ce dont il est question. J’opterais pour un incendie quelconque, car je remarque les camions rouges de la brigade de pompiers. Sauf que lorsque la scène change pour un plan de vue aérien, filmé par hélicoptère de toute évidence… Je ne sais que trop bien ce qui va suivre, sauf que, je refuse délibérément d’y croire, en fait.
« Stan, c’est… » Les gémissements de Tom en écho me met on ne peut plus en alerte. Ma gorge se serre. Je voudrais protester pour le faire taire mais la voix me manque. « C’est, c’est… »
« J’sais, Tom », je lui réponds, même si je suis au moins aussi sidéré que lui. Je me sens comme pâlir. M’efforçant de ne pas lui prêter trop attention, j’ai plutôt un coup d’œil rapide derrière moi pour vérifier que personne n’est témoin de la scène ; à mon plus grand malheur, Ted et Flynn sont également braqués devant le téléviseur, retenus un moment par les exclamations que poussent les deux gamins, s’émerveillant devant les camions de pompiers.
« Ça y est, là c’est vraiment foutu, Stan », déclare Tom, sombre.
« …Tais-toi. » Je reviens à mon copain, énervé par ses commentaires. Il me met les nerfs en boule, là.
Nerveux, je me passe la langue sur les lèvres. Tom, je ne te laisserai pas TOUT chambouler.
« Y va falloir tout leur dire, maintenant », marmonne-t-il, l’air effarouché. Il semble d’autre part sur le point de laisser une information franchir ses lèvres, de laisser sa peur le trahir. Nous trahir lui et moi.
« Tom… » Cherchant son regard de plus belle, je lui fais « non » de la tête, dans toute la discrétion que ma nervosité me permet, mais c’est foutu d’avance : tout le monde a les yeux rivés sur nous et, quand Tom se met en tête de dire quelque chose, il ne peut pas s’en empêcher. Schade Tom, GUSCH!
Hélas, il continue dans son délire, lui : « Ils vont nous coincer… Tu ferais mieux de leur dire avant qu… »
« Mais la ferme! » je gronde tout bas, mais je ne fais pas suffisamment attention à mon intonation.
« De quoi y parle, l’autre? » intervient Flynn, un peu trop curieux. Je grince des dents, littéralement.
« Ha ha, de rien », je m’esclaffe, tentant d’alléger l’atmosphère dans l’espoir d’éviter une catastrophe.
« Y dit n’importe quoi. Enfin, z’attendez quoi pour vous mettre à table? Sue va péter un câble! Allez! »
Je m’avance vers le téléviseur dans l’intention de l’éteindre, sauf que Higgins proteste au contraire pour qu’on ôte la sourdine. Je prétexte un truc bidon dans une tentative désespérée de l’en dissuader, mais Flynn s’y met, ordonnant qu’on monte le volume. À sa requête, Ted se précipite sur la télécommande… hélas, juste avant que j’aie le temps de réagir.
Mais qu’aurais-je pu faire d’autre, de toute façon? Je n’aurais pas pu me cacher longtemps comme ça. D’une manière ou d’une autre, ça aurait fini par me tomber dessus.
À la télé : « …Bien qu’il soit encore trop tôt pour identifier la cause de l’accident, une première enquête relèverait que l’explosion survenue soit le résultat de l’utilisation d’une force magique. Jusqu’ici, la victime n’a pas encore été identifiée, mais il semblerait que le détenteur du véhicule… »
« …Si c’est pas la meilleure, ça! Les magiciens se font piéger par leurs propres démons, maintenant! » Vraiment, là, Higgins se bidonne ; Tom et moi, on se ronge les sangs.
« Y’a rien qui prouve que c’était pas un objet magique », fait remarquer Flynn.
…Je déglutis.
« Tu veux dire quoi? reprend Ted. Ces messieurs n’ont pas coutume de se faire la guerre là-dehors. »
« Ah mais, c’est pas c’que j’dis... »
« Alors, si je comprends bien… Tu serais en train de supposer que… »
« Que rien n’empêche des types comme nous autres de leur balancer des objets magiques par la tête.»
Ça y est, les détectives en herbe s’y mettent. C’est atrocement pénible. Alors je fais mine de m’éclipser… Sauf qu’on m’interpelle, comme pour faire exprès : « …Et toi, Stan? Ton avis sur la chose? »
Je me fige sur place. D’ailleurs, je me rends compte que Kassim et Lucy discutent encore dans le corridor, je les aperçois d’où je me trouve. Mon regard croise un instant celui du frangin, qui lui s’adonne à me remarquer pile au meilleur – ou pire? – moment. J’ignore s’il perçoit ma détresse, mais en tout cas, il change d’air durant un moment. Je dis ça comme ça, mais l’occasion serait idéale pour intervenir...
Après un moment, je pivote lentement sur moi-même. Lentement, surtout. Vous l’ais-je dit? Lentement. Et je me retrouve face à deux types qui ont l’air franchement perplexe.
« …Heu, moi? Ben j’sais pas, vous m’prenez au débrévu2, les gars. C’est qu’ça m’est égal, en fait. » J’ai comme un rire embarrassé. Flynn me regarde drôlement.
« Après tout, y serait quand même pas question d’un attentat envers un magicien. Hein Stan? »
…Il fait exprès ou quoi? Tom me coule un regard paniqué. Je ne sais pas quoi répondre, sur le moment. Heureusement, Ted me sort de ma misère, bien que sans le vouloir vraiment.
« Moi je suis bien d’accord, c’est du jamais vu, Flynn. Ce serait toute une première. »
« Ouais, comme il dit, hein », j’ajoute, pour appuyer ses propos.
« Reste que ça serait sensationnel, reprend le blondinet. Vous imaginez le type qui aurait le cran de…? »
« Mais, il a pas fait exprès, vous savez... »
C’était Tom, qui sort des abîmes de sa terreur pour signer mon arrêt de mort.
Je crois que jamais un simple silence m’ait été à la fois aussi gênant que traître. Un très long silence lors duquel on me dévisage de fond en comble – lors duquel je défigure mon pote mentalement. Durant un moment, je n’entends que le tic tac de l’horloge au dessus du foyer, comme pour insister péniblement sur les secondes qui s’écoulent et qui prolongent mon malaise, et leur confusion à eux.
Du moins, jusqu’à ce que le son de la télévision se fasse un chemin jusqu’à mon oreille.
« …Dans un autre ordre d’idées, le Premier Ministre est sur le point d’accorder au ministère des finances l’autorisation de réviser la législation actuelle relative au système de… »
On éteint la télé ; télécommande en main, voilà Jim, surgi de nulle part, me dépasse d’un pas traînant, me mate d’un œil désintéressé. Il me fourre l’appareil entre les mains sans piper mot, avec une petite tape sur l’épaule, et passe son chemin jusqu’à la cuisine. Je suis déstabilisé au point où je me demande à quel point cette situation est réelle ou non.
« Si vous ne venez pas vous mettre à table dans la minute qui suit, je…» Sue qui prolifère des menaces.
Personne ne bouge, cependant. Chadwick choisit ce moment pour rompre le silence.
« …Il allait dire quoi là, le Sprague? » Son ton est empreint d’une étrange appréhension.
Tom se recroqueville, toujours assis sur la moquette. Nancy va s’installer à ses côtés en gémissant.
« …C’était rien, oublie ça », que je lui recommande, quoique pas très convainquant.
Chadwick pointe le téléviseur d’un doigt accusateur.
« Non, non. Me la fais pas à moi, grand crétin. Dis-moi c’était quoi ça? Je sais que vous savez. »
Je croise les bras en secouant la tête, comme si de rien n’était. « J’vois pas d’quoi tu veux… »
Je n’ai pas le temps d’achever ma phrase qu’une poigne ferme se referme sur le collet de mon chandail. Flynn a beau être plus petit que moi, reste qu’il a une force surprenante. Et il est très imprévisible.
« Qu’est-ce que vous avez à voir avec ça? » qu’il gueule, les pupilles rétrécies sous l’effet de la colère.
« Tu vas m’le dire à l’instant ou bien je te… »
« Du calme, Flynn », s’interpose Ted, étonnement tranquille.
« C’est pas sa faute! proteste Tom, affolé. C’était juste un accident! »
« ...Mais pourquoi tu la BOUCLES pas! » je m’énerve, et je jure, mais la brute me secoue de plus belle.
« Quel accident! C’est vous qui avez fait ça?! »
« Lâche-moi immédiatement », j’articule, et j’insiste sur chaque mot, parce que je sens ma respiration qui perd les pédales, je panique un peu3. Or, ma tentative a l’effet contraire de celui que j’escomptais, parce qu’à présent, il m’étrangle presque avec mon propre sweat.
« Réponds avant! Qu’est-ce qui s’est passé? »
« …T’es complètement malade », je lâche avec un rire étouffé. C’est plus fort que moi de le provoquer. Résultat, mon dos percute la brique du foyer sans trop de délicatesse. Une voix féminine intervient, mais j’en ai tout juste conscience. La chienne aboie à tue-tête, agitée. Chadwick me menace à nouveau, sauf que je ne l’écoute plus vraiment.
Durant un bref moment, je tente plutôt d’observer la situation d’un œil détaché, en me demandant…
…Comment en suis-je arrivé à toucher le fond à ce point? Je n’ai rien vu aller. Rien vu arriver.
« Ça suffit Flanagan, tu le lâches! »
_______________________________________________________________________________________
1Susanne : « Te voilà! C’était pas trop tôt. » (C’est à « connotation agressive », en fait.)
Stan : « Hé du calme, si? C’est quoi l’ennui, la vieille? »
2Je pense que je voulais dire un truc comme « au dépourvu ». Ça arrive à tout le monde de se tromper...
3Je suis parfois enclin à des… crises d’hyperventilation. Mh… Vous moquez pas, c’est pas drôle du tout.
Quant à moi, naturellement je suis accueilli de manière fort agréable, comme il fallait bien s’y attendre. (Je tends un peu à l’ironie, là.)
« Na bitte! Es wird Zeit. » Chère tante Sue, avec ton grossier accent, tu es si plaisante, vraiment.
« Komm runter ja? Was ist los, Vettel?1 » Je me défoule un peu, en fait... Puisque c’est «censuré».
Elle me fait de gros yeux. « Sois poli, jeune homme. On vous attendait pour souper, en passant. »
« Ah c’est prêt, ça y est? » je fais mine de m’intéresser, mais je n’ai aucunement d’appétit.
« Ouais, vous foutiez quoi tous les trois, hein? » s’interpose Chadwick, impatient. « On crève de faim. »
Les jumeaux répètent en chœur sa dernière réplique sur un ton chantonnant. Lui me darde du regard.
« Oh hé, t’as un problème, p’tête? » je rétorque, légèrement irrité. Le stress me rend susceptible, quoi. Et de toute évidence, la faim rend ce type encore plus bête que jamais.
Il se redresse dans le divan, imposant, me fixe, de sous son quasi mono-sourcil, de ses petites prunelles. « Disons que ta tronche me revient pas, si tu vois où je veux en venir. » Mais je lui ris au nez.
« Euh, nan. J’vois pas vieux. » En réalité, je n’en pige pas tellement le sens. Et le cœur n’y est pas. Nonchalamment, je le contourne, l’ignorant superbement, et je vais de même m’avachir dans la causeuse, près du feu. Avec un soupire las, je tire ma montre de sa poche et la contemple avec toute l’attention du monde, histoire de ne pas répondre aux provocations du crétin qui en a après moi sans raison.
Encore heureux qu’il ne soit pas au courant de mes mésaventures. Là, il me ferait clairement la peau.
Sans y prendre garde, je me laisse déconcentrer par ma montre, objet de mes plus grands tracas récents. Mes yeux suivent la trotteuse, comme si elle me mènerait à… une réponse? une solution? Si seulement. J’ai l’impression de me trouver devant un puzzle complexe dont il me manque les pièces principales. Mes doigts caressent distraitement le couvercle du petit engin, dans lequel sont gravées les lettres qui forment le nom de mon père, que j’arrive à peine à déchiffrer, mais que je sais reconnaître, depuis le temps que je trimballe cette montre avec moi – en cursives, il est inscrit Stanislaus.
Mon cher vieux paternel... J’ai la conviction qu’il serait apte à me fournir la réponse à cette énigme – s’il était seulement encore là pour le faire, c’est-à-dire…
« Hé pauvre cloche. C’est à toi que je parle. » On me sonne, sur ma droite : une petite brute enragée. Je referme et range la montre dans sa poche respective avant que lui ne monte sur ses grands chevaux.
« J’te préviens, t’as pas intérêt à jouer avec mes nerfs. On se comprend bien? » Comme en réaction à la colère de son maître, Nancy échappe un soupir affligé et Chadwick menace la pauvre bête de son poing.
« C’est cool, Flynn », intervient Theodore, sur un ton très posé, mais surtout distrait par la télévision.
«…C’est cool. Regarde un peu ce feuilleton avec nous, tiens. C’est vraiment fa-sci-nant, n’est-ce pas?» C’est qu’il a passé le cap de la tolérance de l’alcool, lui. Il a même un très drôle d’accent, tout d’un coup. Original, ces Écossais… Enfin, quoiqu’il en soit, voilà une menace de moins sur ma conscience.
« Bon allez », déclare Susanne en tapant de ses mains emmitonnées, s’interposant entre la télévision et ses téléspectateurs captivés. « On passe à table, maintenant. » Histoire de nous rappeler tous à l’ordre, elle attrape la télécommande et met la télé en sourdine.
Je jette un bref coup d’œil à Tom avant de me relever, car il est le seul qui n’a pas ne serait-ce qu’un geste pour se lever, alors que les autres délaissent paresseusement le divan. Sauf que lui, il ne bronche même pas à l’évocation de la nourriture qui l’attend, chose anormale. Il est complètement absorbé par le bulletin de nouvelles. Il s’intéresse à l’actualité magicienne maintenant… Ce gars n’aura jamais fini de me surprendre, vraiment.
« C’tu fais, crétin? je lui souffle, sans toutefois capter son attention. R’garde pas ça, c’est des conneries! Allez, c’est l’heure d’la bouffe. Pis, tu disais pas qu’t’avais la dalle, tout à l’heure en rev’n–? »
Il a un geste agacé de la main pour que je cesse de parler. Je reste un peu bête, là. Considérant que la télé est en sourdine, ça ne fait pas grand différence que je lui cause ou non… Un peu contrarié, je hausse les épaules et décide de le laisser planté là. Je n’ai pas la tête à le materniser, là, on s’entend.
« C’comme tu voudras, je lâche en quittant mon siège. Mais tu vas t’faire gronder par S… »
« Stan...? » Mon nom lui échappe comme une plainte. Ça fait froid dans le dos, c’est de mauvais augure. Aussi ses yeux s’agrandissent-ils encore plus devant les images qui défilent présentement à l’écran. Mine de rien, je jette un œil fureteur sur ledit feuilleton. C’est plus fort que moi ma curiosité est piquée. J’entends Susanne râler contre nous depuis la cuisine, mais ça m’est égal, à cet instant…
…Parce que du coup, la lumière se fait à mon esprit comme une baffe en pleine face.
Le bulletin de nouvelles rapporte des images inédites, soit une vidéo amateur d’assez mauvaise qualité et dont le caméraman est assez instable. Au premier abord, j’ai du mal à saisir ce dont il est question. J’opterais pour un incendie quelconque, car je remarque les camions rouges de la brigade de pompiers. Sauf que lorsque la scène change pour un plan de vue aérien, filmé par hélicoptère de toute évidence… Je ne sais que trop bien ce qui va suivre, sauf que, je refuse délibérément d’y croire, en fait.
« Stan, c’est… » Les gémissements de Tom en écho me met on ne peut plus en alerte. Ma gorge se serre. Je voudrais protester pour le faire taire mais la voix me manque. « C’est, c’est… »
« J’sais, Tom », je lui réponds, même si je suis au moins aussi sidéré que lui. Je me sens comme pâlir. M’efforçant de ne pas lui prêter trop attention, j’ai plutôt un coup d’œil rapide derrière moi pour vérifier que personne n’est témoin de la scène ; à mon plus grand malheur, Ted et Flynn sont également braqués devant le téléviseur, retenus un moment par les exclamations que poussent les deux gamins, s’émerveillant devant les camions de pompiers.
« Ça y est, là c’est vraiment foutu, Stan », déclare Tom, sombre.
« …Tais-toi. » Je reviens à mon copain, énervé par ses commentaires. Il me met les nerfs en boule, là.
Nerveux, je me passe la langue sur les lèvres. Tom, je ne te laisserai pas TOUT chambouler.
« Y va falloir tout leur dire, maintenant », marmonne-t-il, l’air effarouché. Il semble d’autre part sur le point de laisser une information franchir ses lèvres, de laisser sa peur le trahir. Nous trahir lui et moi.
« Tom… » Cherchant son regard de plus belle, je lui fais « non » de la tête, dans toute la discrétion que ma nervosité me permet, mais c’est foutu d’avance : tout le monde a les yeux rivés sur nous et, quand Tom se met en tête de dire quelque chose, il ne peut pas s’en empêcher. Schade Tom, GUSCH!
Hélas, il continue dans son délire, lui : « Ils vont nous coincer… Tu ferais mieux de leur dire avant qu… »
« Mais la ferme! » je gronde tout bas, mais je ne fais pas suffisamment attention à mon intonation.
« De quoi y parle, l’autre? » intervient Flynn, un peu trop curieux. Je grince des dents, littéralement.
« Ha ha, de rien », je m’esclaffe, tentant d’alléger l’atmosphère dans l’espoir d’éviter une catastrophe.
« Y dit n’importe quoi. Enfin, z’attendez quoi pour vous mettre à table? Sue va péter un câble! Allez! »
Je m’avance vers le téléviseur dans l’intention de l’éteindre, sauf que Higgins proteste au contraire pour qu’on ôte la sourdine. Je prétexte un truc bidon dans une tentative désespérée de l’en dissuader, mais Flynn s’y met, ordonnant qu’on monte le volume. À sa requête, Ted se précipite sur la télécommande… hélas, juste avant que j’aie le temps de réagir.
Mais qu’aurais-je pu faire d’autre, de toute façon? Je n’aurais pas pu me cacher longtemps comme ça. D’une manière ou d’une autre, ça aurait fini par me tomber dessus.
À la télé : « …Bien qu’il soit encore trop tôt pour identifier la cause de l’accident, une première enquête relèverait que l’explosion survenue soit le résultat de l’utilisation d’une force magique. Jusqu’ici, la victime n’a pas encore été identifiée, mais il semblerait que le détenteur du véhicule… »
« …Si c’est pas la meilleure, ça! Les magiciens se font piéger par leurs propres démons, maintenant! » Vraiment, là, Higgins se bidonne ; Tom et moi, on se ronge les sangs.
« Y’a rien qui prouve que c’était pas un objet magique », fait remarquer Flynn.
…Je déglutis.
« Tu veux dire quoi? reprend Ted. Ces messieurs n’ont pas coutume de se faire la guerre là-dehors. »
« Ah mais, c’est pas c’que j’dis... »
« Alors, si je comprends bien… Tu serais en train de supposer que… »
« Que rien n’empêche des types comme nous autres de leur balancer des objets magiques par la tête.»
Ça y est, les détectives en herbe s’y mettent. C’est atrocement pénible. Alors je fais mine de m’éclipser… Sauf qu’on m’interpelle, comme pour faire exprès : « …Et toi, Stan? Ton avis sur la chose? »
Je me fige sur place. D’ailleurs, je me rends compte que Kassim et Lucy discutent encore dans le corridor, je les aperçois d’où je me trouve. Mon regard croise un instant celui du frangin, qui lui s’adonne à me remarquer pile au meilleur – ou pire? – moment. J’ignore s’il perçoit ma détresse, mais en tout cas, il change d’air durant un moment. Je dis ça comme ça, mais l’occasion serait idéale pour intervenir...
Après un moment, je pivote lentement sur moi-même. Lentement, surtout. Vous l’ais-je dit? Lentement. Et je me retrouve face à deux types qui ont l’air franchement perplexe.
« …Heu, moi? Ben j’sais pas, vous m’prenez au débrévu2, les gars. C’est qu’ça m’est égal, en fait. » J’ai comme un rire embarrassé. Flynn me regarde drôlement.
« Après tout, y serait quand même pas question d’un attentat envers un magicien. Hein Stan? »
…Il fait exprès ou quoi? Tom me coule un regard paniqué. Je ne sais pas quoi répondre, sur le moment. Heureusement, Ted me sort de ma misère, bien que sans le vouloir vraiment.
« Moi je suis bien d’accord, c’est du jamais vu, Flynn. Ce serait toute une première. »
« Ouais, comme il dit, hein », j’ajoute, pour appuyer ses propos.
« Reste que ça serait sensationnel, reprend le blondinet. Vous imaginez le type qui aurait le cran de…? »
« Mais, il a pas fait exprès, vous savez... »
C’était Tom, qui sort des abîmes de sa terreur pour signer mon arrêt de mort.
Je crois que jamais un simple silence m’ait été à la fois aussi gênant que traître. Un très long silence lors duquel on me dévisage de fond en comble – lors duquel je défigure mon pote mentalement. Durant un moment, je n’entends que le tic tac de l’horloge au dessus du foyer, comme pour insister péniblement sur les secondes qui s’écoulent et qui prolongent mon malaise, et leur confusion à eux.
Du moins, jusqu’à ce que le son de la télévision se fasse un chemin jusqu’à mon oreille.
« …Dans un autre ordre d’idées, le Premier Ministre est sur le point d’accorder au ministère des finances l’autorisation de réviser la législation actuelle relative au système de… »
On éteint la télé ; télécommande en main, voilà Jim, surgi de nulle part, me dépasse d’un pas traînant, me mate d’un œil désintéressé. Il me fourre l’appareil entre les mains sans piper mot, avec une petite tape sur l’épaule, et passe son chemin jusqu’à la cuisine. Je suis déstabilisé au point où je me demande à quel point cette situation est réelle ou non.
« Si vous ne venez pas vous mettre à table dans la minute qui suit, je…» Sue qui prolifère des menaces.
Personne ne bouge, cependant. Chadwick choisit ce moment pour rompre le silence.
« …Il allait dire quoi là, le Sprague? » Son ton est empreint d’une étrange appréhension.
Tom se recroqueville, toujours assis sur la moquette. Nancy va s’installer à ses côtés en gémissant.
« …C’était rien, oublie ça », que je lui recommande, quoique pas très convainquant.
Chadwick pointe le téléviseur d’un doigt accusateur.
« Non, non. Me la fais pas à moi, grand crétin. Dis-moi c’était quoi ça? Je sais que vous savez. »
Je croise les bras en secouant la tête, comme si de rien n’était. « J’vois pas d’quoi tu veux… »
Je n’ai pas le temps d’achever ma phrase qu’une poigne ferme se referme sur le collet de mon chandail. Flynn a beau être plus petit que moi, reste qu’il a une force surprenante. Et il est très imprévisible.
« Qu’est-ce que vous avez à voir avec ça? » qu’il gueule, les pupilles rétrécies sous l’effet de la colère.
« Tu vas m’le dire à l’instant ou bien je te… »
« Du calme, Flynn », s’interpose Ted, étonnement tranquille.
« C’est pas sa faute! proteste Tom, affolé. C’était juste un accident! »
« ...Mais pourquoi tu la BOUCLES pas! » je m’énerve, et je jure, mais la brute me secoue de plus belle.
« Quel accident! C’est vous qui avez fait ça?! »
« Lâche-moi immédiatement », j’articule, et j’insiste sur chaque mot, parce que je sens ma respiration qui perd les pédales, je panique un peu3. Or, ma tentative a l’effet contraire de celui que j’escomptais, parce qu’à présent, il m’étrangle presque avec mon propre sweat.
« Réponds avant! Qu’est-ce qui s’est passé? »
« …T’es complètement malade », je lâche avec un rire étouffé. C’est plus fort que moi de le provoquer. Résultat, mon dos percute la brique du foyer sans trop de délicatesse. Une voix féminine intervient, mais j’en ai tout juste conscience. La chienne aboie à tue-tête, agitée. Chadwick me menace à nouveau, sauf que je ne l’écoute plus vraiment.
Durant un bref moment, je tente plutôt d’observer la situation d’un œil détaché, en me demandant…
…Comment en suis-je arrivé à toucher le fond à ce point? Je n’ai rien vu aller. Rien vu arriver.
« Ça suffit Flanagan, tu le lâches! »
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1Susanne : « Te voilà! C’était pas trop tôt. » (C’est à « connotation agressive », en fait.)
Stan : « Hé du calme, si? C’est quoi l’ennui, la vieille? »
2Je pense que je voulais dire un truc comme « au dépourvu ». Ça arrive à tout le monde de se tromper...
3Je suis parfois enclin à des… crises d’hyperventilation. Mh… Vous moquez pas, c’est pas drôle du tout.
Dernière édition par Dietrich Stanislaus le 08.11.09 22:43, édité 2 fois
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Eines Tages sagte mir jemand : < Am Ende wird alles gut sein.
Und wenn nicht alles gut ist, dann ist es noch nicht das Ende. >
So I'll see you there, bro. When the end has come.

Dietrich Stanislaus
L'As♢ || Trump Card.- Messages: 296
Date d'inscription: 15/01/2008
Age: 16
Re: Joyeux annif, la Reine.
L’air piteux de ma sœur m’oblige à prendre mon air de grand frère. Les choses semblent plus compliquées que je ne le croyais. Stan semble vouloir me dire qu’il aurait « tué » ce fameux crétin de magicien, un fait qui me semble plutôt dure à avaler lorsqu’on connaît l’incapable cloporte qu’est le roux. En gros il est serte improbable que cette incident ne sois pas involontaire.
Je passe une main dans le dos de la gamine qui s’en tien à mes grandes capacités de réconfort pour la rassurer. Le problème c’est que je sais plus ou moins quoi lui répondre, moi-même ni même Stan ne semble savoir ce qu’il c’est vraiment passé.
« - Regarde Lou, Tu sais bien que Stan est une véritable fiche molle, comment veut tu qu’il fasse un truc pareille. Il déprime rien parce qu’il a tué son poisson en cassant le bocal, tu le vois toi tuer quelqu’un. Même s’il essaierait, c’est lui-même qu’il tuerait. »
Je l’entends qui rigole doucement, un rire plutôt étouffé et mouillé serte mais, c’est déjà mieux.
« - Et puis on ne sait pas vraiment ce qui c’est passé alors, attendons d’avoir une véritable version avant de paniquer d’ac ? »
Elle finit par reprendre un peu sur elle, ce décolle de moi et me lance un léger sourire. Je lui essuie les joues et lui tapote la tête par habitude. Une fois la p’tite rassuré les choses devraient aller mieux. En retournant dans le salon, je vais traîner l’animal et lui faire cracher le morceau avant le repas, comme ça la fête de Lou pourra reprendre son cours.
Seulement entendre Flannagan crier comme ça, je sens que les choses ne sont pas si aisé dans cette pièce. Je m’arrête à l’entré. La scène à quelque chose d’étrange lorsqu’on peut apercevoir un Ted avec un sourire absent qui ne semble pas vraiment comprendre les évènements, un Jim solitaire qui n’a pas bougé de son coin et qui ne porte aucune attention à ce qui ce passe, les seuls à semblé s’énervé son le p’tit colérique qu’est Flannagan s’acharnant bien évidemment sur le grand stan – qui ma foie paraît soudainement plus p’tit encore que le latino, et ça chienne qui ce met à japper…. Étrange duo… Je suis plus ou moins leur conversation puisque j’ai tout de même l’habitude des excès de colère du brun et que je me doute largement du sujet de l’exacerbation de Chadwick. J’attrape l’épaule de Lou et lui fait un léger sourire pour la rassurer.
« - Tu voudrais bien aller aider Sue à mettre la table et gérer les deux monstres, je vais m’occuper de ça, ok ? »
Elle me fait un signe de tête approbatif bien qu’inquiète, je la vois qui jette un regard vers le salon et finis par retourner dans la cuisine sous mon œil attentif. Lou est déjà assez perturbé pas besoin d’en rajouter. Elle n’a pas ça place dans les conflits d’animaux sans cervelle. Je soupire et m’appuis contre le mur, les regardants argumenter l’un et l’autre. De vrais animaux qui ne savent pas se tenir à leur place. Si seulement ils étaient tous comme Jim ma vie me semblerait moins complexe. Je jette un coup d’œil vers l’intello qui tape à une vitesse inhumaine sur son clavier complètement dans son monde. Une vie si simple et tranquille.
Les choses commencent à s’emballer du côté des animaux et Flannagan me paraît être de plus en plus à cran. C’est lorsqu’il enfonce la chose rousse dans le mur que j’interviens. Misère des enfers ses animaux. J’attrape fermement le latino par l’épaule et l’incite à lâcher la chose pathétique qu’est rendu Stan. Franchement, défend toi un peu de temps en temps saleté de roux finis…
« - Mais, écoute, il… »
Le brun tente vainement de m’expliquer les tords de Stan. J’enfonce mes doigts sous ces clavicules et le regarde plus sévèrement. Je le sens perdre de la force dans son bras et le vois tenter te me tenir tête, passant un regard méprisant vers sa victime puis vers moi mais, finis par abandonner voyant que je ne rigole vraiment pas. Il lâche un grognement et relâche ça prise.
Ho galère, mais quelle journée des plus éreintantes. Vraiment, je m’en passerais. Je regarde un moment la chose qui ce prend une quinte de toux. Ben, l’es pas mort le roux. Puis je jette un mauvais œil à Flynn, Je suis pas d’humeur, mais pas du tout.
« - Mais merde pourquoi tu le défends encore ! Bordel il a…. »
« - Vraiment tu dépasse les limites de ma patience Flannagan, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans Ferme-la? » Que je grogne en l’attrapant à mon tour par le collet.
Je le voix qui sert les dents mais ne dit plus un mot. Je l’incite à bien vouloir oublier se qui venait de se passer et d’aller passer à table. Chadwick est un enfant borné et impulsif mais je sais qu’il ne fera rien pour me contredire ou me désobéir. Il sort quelque jurons marmonnés et attrape Theodor par la chemise pour le traîner à la cuisine.
« Pas un mot Flynn. » Que je lui rappelle au passage. « Tom, Tu voudrais bien aller aider Lou, je suis sur qu’elle à besoin de ton aide. » Je vois les yeux aux par avant perturbés de Tom s’illuminer et oublier complètement ces tracas. Ah tom, si facile à lire. « Et, Tom, Relaxe veux-tu ? C’est la fête de Lou après tout. » Je lui souris et il me sourit en retour, levant son pouce vers moi, quel être naïf et simple d’esprit. Jim ce lève de lui-même sans même que j’ai à lui adresser la parole. Bien qu’il n’y paraisse pas, ce grand asperge à lunette est bien plus attentif qu’il ne le laisse percevoir.
Je me retourne vers Stan qui est assis par terre, renfrogné dans son coin. Évidemment il ce la joue brisé dans ça fierté. Je laisse paraître un léger sourire amusé. Que faire de cet animal. Je m’assoie sur le divan devant lui et le regarde, jusqu’à ce qu’il achève par croisé mon regard et me porter attention.
« - Quoi ? »
Je me prends une cigarette, l’allume et m’écrase dans le fond du divan.
« - Alors comme ça il est vraiment mort. »
Je marque une longue pose. Je vois, du coin de l’œil, Stan ramener ses jambes à lui et fourrer son nez entre ses bras, le regard rivé sur le sol perdu quelque part, surement cette scène qui revient encore et encore. Cette image lui donne l’aspect d’un enfant fragile et sans défense, chose qu’il s’avère être à bien y penser. Il me fait penser à moi lorsque j’avais quoi, neuf ans. Après la mort de ma mère je suis devenue un gamin pathétique, ça m’a prit un baye avant de m’en remettre.
Savoir que l’on a prit la vie d’un être vivant ne devrait pas être quelque chose de facile à assimiler, surtout pour quelqu’un comme Stan. Malgré tout, je dois paraît plutôt insensible à l’existence humaine, mais ce déchet qu’était Upton ne méritait rien d’autre que de mourir. Dans ma vie je n’ai tué que ces chiens galeux qui nous courent après jour et nuit. Je ne m’en suis jamais vraiment préoccupé. Bien que ce sois à la base des êtres humains tout comme nous, les quelques chiens du ministère dont j’ai du me débarrasser ne m’ont jamais parut comme un poids. Il est possible que je manque d’humanité après tout. Mais pour moi, ils mériteraient tous le sort d’Upton. Je m’assoie sur le divan m’appuyant contre mes genoux et regarde Stan qui vient croiser mon regard.
« Tu sais… » Je prends une bouffé de ma cigarette. « Bien que ce qui t’es arrivé sois plutôt difficile…. » Je m’arrête incertain de continuer. « … et bien, je suis…. Plutôt content. » Je passe une main dans mes cheveux et soupire. Puis je laisse un léger sourire apparaît. « Après tout, c’est Upton ! Ce trou du c** de moins dans les parages ce n’est pas si mal. » Je me lève et m’étire un bon coup. Je passe ma main dans ses cheveux pour les démêler un peu. « Et puis c’est qu’un accident tout ça. Qui peut te blâmer de t’avoir défendu ? » J’enfonce mes mains dans mes poches et prends la direction de la cuisine. « Viens manger. On va fêter… » Je laisse un léger sourire apparaître. Fêtons la mort de ce crétin.
À peine rendu dans la cuisine que j’entends Sue ce plaindre de ma cigarette, je l’éteins et rigole un peu. Je me sens plutôt joviale soudainement. Je passe mon regard sur le troupeau qui s’attaque déjà à la nourriture. Les jumeaux font un concours du plus beau "château" avec leur dinde alors que Flynn ce gave très certainement son deuxième plat. Tout le monde rigole et l’ambiance semble s’être détendu. On dit merci aux excellents talents culinaires de Tante Sue.
«- C’est gentil de nous attendre. »
Quelques-uns lève la tête vers moi tout sourire, d’autre lâche des grognements, Lou ris aux éclats et hausse les épaules. Je souris sincèrement. Oui, je détruirais le terre entière sans regret pour protéger tout ce beau monde.
Je passe une main dans le dos de la gamine qui s’en tien à mes grandes capacités de réconfort pour la rassurer. Le problème c’est que je sais plus ou moins quoi lui répondre, moi-même ni même Stan ne semble savoir ce qu’il c’est vraiment passé.
« - Regarde Lou, Tu sais bien que Stan est une véritable fiche molle, comment veut tu qu’il fasse un truc pareille. Il déprime rien parce qu’il a tué son poisson en cassant le bocal, tu le vois toi tuer quelqu’un. Même s’il essaierait, c’est lui-même qu’il tuerait. »
Je l’entends qui rigole doucement, un rire plutôt étouffé et mouillé serte mais, c’est déjà mieux.
« - Et puis on ne sait pas vraiment ce qui c’est passé alors, attendons d’avoir une véritable version avant de paniquer d’ac ? »
Elle finit par reprendre un peu sur elle, ce décolle de moi et me lance un léger sourire. Je lui essuie les joues et lui tapote la tête par habitude. Une fois la p’tite rassuré les choses devraient aller mieux. En retournant dans le salon, je vais traîner l’animal et lui faire cracher le morceau avant le repas, comme ça la fête de Lou pourra reprendre son cours.
Seulement entendre Flannagan crier comme ça, je sens que les choses ne sont pas si aisé dans cette pièce. Je m’arrête à l’entré. La scène à quelque chose d’étrange lorsqu’on peut apercevoir un Ted avec un sourire absent qui ne semble pas vraiment comprendre les évènements, un Jim solitaire qui n’a pas bougé de son coin et qui ne porte aucune attention à ce qui ce passe, les seuls à semblé s’énervé son le p’tit colérique qu’est Flannagan s’acharnant bien évidemment sur le grand stan – qui ma foie paraît soudainement plus p’tit encore que le latino, et ça chienne qui ce met à japper…. Étrange duo… Je suis plus ou moins leur conversation puisque j’ai tout de même l’habitude des excès de colère du brun et que je me doute largement du sujet de l’exacerbation de Chadwick. J’attrape l’épaule de Lou et lui fait un léger sourire pour la rassurer.
« - Tu voudrais bien aller aider Sue à mettre la table et gérer les deux monstres, je vais m’occuper de ça, ok ? »
Elle me fait un signe de tête approbatif bien qu’inquiète, je la vois qui jette un regard vers le salon et finis par retourner dans la cuisine sous mon œil attentif. Lou est déjà assez perturbé pas besoin d’en rajouter. Elle n’a pas ça place dans les conflits d’animaux sans cervelle. Je soupire et m’appuis contre le mur, les regardants argumenter l’un et l’autre. De vrais animaux qui ne savent pas se tenir à leur place. Si seulement ils étaient tous comme Jim ma vie me semblerait moins complexe. Je jette un coup d’œil vers l’intello qui tape à une vitesse inhumaine sur son clavier complètement dans son monde. Une vie si simple et tranquille.
Les choses commencent à s’emballer du côté des animaux et Flannagan me paraît être de plus en plus à cran. C’est lorsqu’il enfonce la chose rousse dans le mur que j’interviens. Misère des enfers ses animaux. J’attrape fermement le latino par l’épaule et l’incite à lâcher la chose pathétique qu’est rendu Stan. Franchement, défend toi un peu de temps en temps saleté de roux finis…
« - Mais, écoute, il… »
Le brun tente vainement de m’expliquer les tords de Stan. J’enfonce mes doigts sous ces clavicules et le regarde plus sévèrement. Je le sens perdre de la force dans son bras et le vois tenter te me tenir tête, passant un regard méprisant vers sa victime puis vers moi mais, finis par abandonner voyant que je ne rigole vraiment pas. Il lâche un grognement et relâche ça prise.
Ho galère, mais quelle journée des plus éreintantes. Vraiment, je m’en passerais. Je regarde un moment la chose qui ce prend une quinte de toux. Ben, l’es pas mort le roux. Puis je jette un mauvais œil à Flynn, Je suis pas d’humeur, mais pas du tout.
« - Mais merde pourquoi tu le défends encore ! Bordel il a…. »
« - Vraiment tu dépasse les limites de ma patience Flannagan, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans Ferme-la? » Que je grogne en l’attrapant à mon tour par le collet.
Je le voix qui sert les dents mais ne dit plus un mot. Je l’incite à bien vouloir oublier se qui venait de se passer et d’aller passer à table. Chadwick est un enfant borné et impulsif mais je sais qu’il ne fera rien pour me contredire ou me désobéir. Il sort quelque jurons marmonnés et attrape Theodor par la chemise pour le traîner à la cuisine.
« Pas un mot Flynn. » Que je lui rappelle au passage. « Tom, Tu voudrais bien aller aider Lou, je suis sur qu’elle à besoin de ton aide. » Je vois les yeux aux par avant perturbés de Tom s’illuminer et oublier complètement ces tracas. Ah tom, si facile à lire. « Et, Tom, Relaxe veux-tu ? C’est la fête de Lou après tout. » Je lui souris et il me sourit en retour, levant son pouce vers moi, quel être naïf et simple d’esprit. Jim ce lève de lui-même sans même que j’ai à lui adresser la parole. Bien qu’il n’y paraisse pas, ce grand asperge à lunette est bien plus attentif qu’il ne le laisse percevoir.
Je me retourne vers Stan qui est assis par terre, renfrogné dans son coin. Évidemment il ce la joue brisé dans ça fierté. Je laisse paraître un léger sourire amusé. Que faire de cet animal. Je m’assoie sur le divan devant lui et le regarde, jusqu’à ce qu’il achève par croisé mon regard et me porter attention.
« - Quoi ? »
Je me prends une cigarette, l’allume et m’écrase dans le fond du divan.
« - Alors comme ça il est vraiment mort. »
Je marque une longue pose. Je vois, du coin de l’œil, Stan ramener ses jambes à lui et fourrer son nez entre ses bras, le regard rivé sur le sol perdu quelque part, surement cette scène qui revient encore et encore. Cette image lui donne l’aspect d’un enfant fragile et sans défense, chose qu’il s’avère être à bien y penser. Il me fait penser à moi lorsque j’avais quoi, neuf ans. Après la mort de ma mère je suis devenue un gamin pathétique, ça m’a prit un baye avant de m’en remettre.
Savoir que l’on a prit la vie d’un être vivant ne devrait pas être quelque chose de facile à assimiler, surtout pour quelqu’un comme Stan. Malgré tout, je dois paraît plutôt insensible à l’existence humaine, mais ce déchet qu’était Upton ne méritait rien d’autre que de mourir. Dans ma vie je n’ai tué que ces chiens galeux qui nous courent après jour et nuit. Je ne m’en suis jamais vraiment préoccupé. Bien que ce sois à la base des êtres humains tout comme nous, les quelques chiens du ministère dont j’ai du me débarrasser ne m’ont jamais parut comme un poids. Il est possible que je manque d’humanité après tout. Mais pour moi, ils mériteraient tous le sort d’Upton. Je m’assoie sur le divan m’appuyant contre mes genoux et regarde Stan qui vient croiser mon regard.
« Tu sais… » Je prends une bouffé de ma cigarette. « Bien que ce qui t’es arrivé sois plutôt difficile…. » Je m’arrête incertain de continuer. « … et bien, je suis…. Plutôt content. » Je passe une main dans mes cheveux et soupire. Puis je laisse un léger sourire apparaît. « Après tout, c’est Upton ! Ce trou du c** de moins dans les parages ce n’est pas si mal. » Je me lève et m’étire un bon coup. Je passe ma main dans ses cheveux pour les démêler un peu. « Et puis c’est qu’un accident tout ça. Qui peut te blâmer de t’avoir défendu ? » J’enfonce mes mains dans mes poches et prends la direction de la cuisine. « Viens manger. On va fêter… » Je laisse un léger sourire apparaître. Fêtons la mort de ce crétin.
À peine rendu dans la cuisine que j’entends Sue ce plaindre de ma cigarette, je l’éteins et rigole un peu. Je me sens plutôt joviale soudainement. Je passe mon regard sur le troupeau qui s’attaque déjà à la nourriture. Les jumeaux font un concours du plus beau "château" avec leur dinde alors que Flynn ce gave très certainement son deuxième plat. Tout le monde rigole et l’ambiance semble s’être détendu. On dit merci aux excellents talents culinaires de Tante Sue.
«- C’est gentil de nous attendre. »
Quelques-uns lève la tête vers moi tout sourire, d’autre lâche des grognements, Lou ris aux éclats et hausse les épaules. Je souris sincèrement. Oui, je détruirais le terre entière sans regret pour protéger tout ce beau monde.
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